Insolite. Découvrez le programme spatial de la République Démocratique du Congo !

C’est une info qui n’est guère connue en Europe mais depuis des années, la République Démocratique du Congo cherche à développer un programme spatial ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce pays du Tiers-Monde classé 179è mondial en indice IDH (Indice de Développement Humain) et dont les nationaux s’exportent massivement dans l’Europe entière affiche des velléités de conquête des étoiles. Pour ce faire, le pays abrite notamment un Centre National de Télédétection sous-titrée, sans rire, « entreprise aérospatiale ».

Régulièrement les exploits de ses « chercheurs » font les délices de la presse mondiale et des réseaux sociaux. La dernière trouvaille de la recherche congolaise en matière aéronautique a d’ailleurs été supervisée par le ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, José Mpanda Kabangu lui-même.

Ce considérable évènement a consisté à faire décoller une fusée-jouet fonctionnant à eau et air comprimé. Fusée abondamment fabriquée par nos chères têtes blondes européennes, le tuto étant d’ailleurs disponible sur Youtube pour qui veut occuper sa descendance pendant les vacances de Noël.

Le Congo n’est pas à son coup d’essai, la RDC ayant déjà développé en 2007, à travers l’entreprise privée « Développement tous azimuts » (DTA) un champ de tir prometteur :

Baptisée « Troposphère-2 », la fusée congolaire avait tout de même atteint les 1500 m d’altitude. En 2008, Troposphère-4 avait atteint la même altitude avec une fusée de 250kg. En 2009, la fusée développée par DTA qui devait monter à 36km d’altitude s’est écrasée juste après son décollage, causant un mort au passage : le rat qu’elle transportait. Rat devenu martyr de la science et de la conquête spatiale au côté de la chienne russe Laïka morte à bord de Spoutnik 2 en 1957.

Pour Troposphère-6, Jean-Patrice Keka, responsable de DTA voulait envoyer « Galaxionaute » un sympathique cochon d’Inde à plus de 200 km d’altitude. Le scientifique congolais avait même prévu une descente en parachute pour l’infortuné rongeur. Peu convaincu par le projet et les performances précédentes, l’association américaine de défense des animaux PETA a fait pression, via le gouvernement américain, sur Keka pour que celui-ci abandonne son audacieux dessein. Aux dernières nouvelles, le scientifique aurait cédé et la fusée partira avec des capteurs mais sans être vivant à l’intérieur. Pour sa peine, PETA a décerné au « Einstein Africain » le prix de la compassion.

DTA devenu « Keka Aerospace » compte envoyer prochainement une nouvelle fusée dans l’espace. Le concept a été développé en animation 3D et brille pas son ambition :

  • Atteindre l’altitude de 200 km dans le cadre d’un vol suborbital;
  • Larguer une expérience suisse sur les origines de la vie sur Terre;
  • Larguer à 45 km d’altitude une capsule expérimentale;
  • Larguer le satellite Njiwa équipé d’un appareil photo avec transmission en direct

Sachant, qu’à ce jour, aucune fusée congolaise n’a réussi à dépasser l’altitude de 1500m, ce qui représente grosso-modo l’altitude de la Crète du Coq dans le massif de Sancy en Auvergne (très belle randonnée à faire en été), les scientifiques européens, américains et asiatiques s’interrogent cependant sur les capacité réelles de la filière aérospatiale congolaise à tutoyer les étoiles.

Crédit photo : David Ngindu Buabua, DG du Centre National de Télédétection du Congo (page Facebook du CNTC)

[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

9 réponses

    1. Vos enfants peuvent faire un fusee qui atteint les 15km d’altitude a Mach 2,7 avec les moyens du bord et aucun financement de la part de personne ? (cas de Keka Aerospace avec la Trop-4)

  1. On avait prêté au Ministre de la recherche congolais la réponse qu’il donna à un journaliste lui demandant quand aurait lieu le prochain lancement de sa fusée vers la lune « prochainement mais je puis vous assurer que ce lancement aura lieu de nuit ». Et pourquoi de nuit ? « Parce que de jour on ne voit pas la lune »!
    Je pense que c’est une blague.

  2. Petite rectification, L’altitude atteint par la Trop-4 est de 15Km donc le maximum atteint n’est pas 1.5Km comme le dit l’article

  3. Je trouve cela un peu moqueur. Au moins l’Etat congolais cherche à entretenir un esprit de conquête scientifique chez leurs jeunes.
    C’est moins ridicule que nos concours woke lgbti écolo repentant décolonial qui sont monnaie courante dans l’Education nationale française.

  4. Cet article remet au devant de la scène le défi des scientifiques aux mains nues,avec ce pendant des propos moqueurs . l’histoire nous apprend que De Gaulle, à qui on disait que le Japon voulait construire une automobile aurait eu cette réaction. »le jour où le Japon saura construire une auto les poules auront des dents »
    Quelques décennies plus tard on a eu Datsun,Mazda, Toyota ect…
    Donc les congolais doivent travailler travailler et surtout retenir leur diplômé chez eux.

  5. Breizh info ne connait de toute évidence absolument pas le Congo RDC, un pays qui est une ruine totale et un des plus dangereux du monde et n’a absolument pas les moyens d’un quelconque programme de ce type. Et cela ne va pas en s’arrangeant.

    La société du congolais Jean Patrice Keka, DTA, Développement Tout Azimut, n’a jamais reçu un penny de l’état du Congo, elle est strictement privée et fonctionne depuis plusieurs années grâce à une série de campagnes de financement participatif organisée par deux réalisateurs Suisse en Europe. Ses résultats ne sont pas inexistants, mais ne justifient pas un article.

    Alors titrer un programme spatial en RDC, vous vous discréditez Breizh, c’est dommage car dans l’ensemble ce que vous écrivez est plutôt sérieux.

    Quand au pompeux Centre National de Télédétection effectivement public, il n’existait depuis 2018 que sur le papier jusqu’à récemment. Ce sont les Japonais qui viennent d’offrir le matériel de base et l’aide technique dans le cadre d’un programme d’aide internationale.

    Pour ceux qui ne connaissent pas le Congo, le pays survit massivement grâce à l’aide internationale qui croit d’année en année. Les ressources minières sont énormes mais quasiment inexploitées en raison de la violence, ce sont surtout les Asiatiques qui tentent de s’implanter (ce qui explique l’aide Japonaise) même si les Chinois ont tendance à se retirer maintenant en dépit des milices armées de protection de leurs travailleurs.

    La population a été multipliée par 10 depuis les années 1950 atteignant presque les 100 millions d’habitants ce qui augmente les conflits ethniques, l’essentiel des ressources provient d’une misérable agriculture sur brûlis qui consomme beaucoup d’espace pour des rendements à pleurer. Tous les 2 ou 3 ans, un village brûle 10 ou 20 ha de forêt et on exploite 2 ou 3 ans, puis faute d’engrais et de techniques évoluées, on rebrûle un autre bout de forêt. La cuisine se fait au charbon de bois ou au bois et 90% des congolais n’ont pas de raccord au réseau électrique. Au mieux, certains ont des panneaux solaires offert par une ONG et le soir on allume le groupe électrogène si on a les moyens.

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