Mussolini en bande dessinée

Un siècle après la Marche sur Rome, le 7ème art pour la première fois se penche sur la personnalité de Mussolini. Une bande dessinée qui mérite le détour…

30 octobre 1922, deux jours après la Marche sur Rome. Suite à la démonstration de force menée par les faisceaux de Benito Mussolini, le roi d’Italie charge celui-ci de former un gouvernement. Dès les premiers jours, la violence se raréfie dans les rues. Le dictateur impose alors une révolution fasciste en refondant le système économique et politique, avec l’instauration d’un parti unique. Son grand dessein est de créer une Italie nouvelle, organisée et puissante. Il s’attache également à faire de Rome une véritable vitrine du régime et le centre d’un Empire renaissant. Mais suite au pacte d’acier avec Hitler, l’Italie entre en guerre dans le camp de ceux qui la perdront…

Le tome 39 de la collection Ils ont fait l’Histoire, de l’éditeur Glénat, est consacré à Benito Mussolini. Les scénaristes Davide Goy et Luca Blengino dressent ainsi son portrait, du 30 octobre 1922 à juin 1944. Ils ne rappellent donc pas comment, au sortir de la Première guerre mondiale, Mussolini, issu des rangs de la gauche italienne, avait pris la tête d’un mouvement révolutionnaire, le fascisme, regroupant les déçus de la victoire « mutilée ». Mais ils montrent que le Duce, une fois au pouvoir, par de multiples réformes, parvient à remettre le pays sur pied. Ils reprennent des extraits des discours révélateurs de Mussolini, comme celui prononcé au Sénat le 29 mai 1929 : « il faut inculquer aux jeunes la virilité, le goût de la puissance, de la conquête… Il faut les élever dans notre foi, la foi fasciste ». Certes le culte du chef suscite l’adhésion des uns et la moquerie des autres, moins nombreux. Mais malgré la violence (assassinat du socialiste Matteotti, adoption des mesures antisémites de 1938…), ce régime autoritaire est accepté par la grande majorité du peuple italien. Winston Churchill, alors Chancelier de l’Echiquier, apporte même son soutien à ce nouveau régime. On comprend dès lors comment le fascisme s’est imposé en Italie, et ce jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Les scénaristes font le choix d’éluder la Deuxième Guerre mondiale, considérant que celle-ci n’aurait pas beaucoup informé le lecteur sur la nature du régime et la personnalité de Mussolini. Ils se focalisent sur la ville de Rome. Celle-ci subit à cette époque d’importantes transformations urbanistiques censées illustrer la réussite du nouveau régime fasciste.

Les scénaristes bénéficient de l’aide de Catherine Brice, professeur émérite d’Histoire contemporaine à l’université de Paris-Est Créteil. Celle-ci siège au conseil d’administration de l’association « Liberté pour l’histoire », laquelle demande l’abrogation des lois mémorielles. En fin d’album, elle réalise également un cahier instructif de huit pages sur Mussolini.

Le dessinateur italien Andrea Meloni est connu pour la série fantastique Carthago et sa participation à plusieurs autres tomes de la série Ils ont fait l’Histoire (Talleyrand, Cléopâtre, César, Mao Zedong, Elisabeth I, Soliman le magnifique). Par son trait fin, il restitue le nouveau paysage urbain romain. Son portrait de Mussolini, aux postures si caractéristiques, est convainquant.

Kristol Séhec

Ils ont fait l’histoire, Mussolini. 46 pages, 14,95 €, Editions Glénat.

Kristol Séhec

Illustrations : DR
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Une réponse

  1. À la fin des années 1920, un politicien français, Joseph Paul-Boncour, avait qualifié Benito Mussolini de «César de carnaval». C’était pas mal vu.

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