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Pour sa protection rapprochée, le général de Gaulle comptait sur quatre gardes du corps. C’est l’occasion pour cette bande dessinée truculente de nous fait découvrir, sur fond de guerre d’Algérie, les coulisses des débuts de la Vème République.
À la suite du putsch d’Alger du 13 mai 1958, le général de Gaulle, qui se présente comme l’homme providentiel, est rappelé au pouvoir afin de résoudre « la crise algérienne ». Mais les attentats du FLN se multiplient. De Gaulle devient dès lors l’un des dirigeants les plus menacés. Pour sa protection, il compte sur quatre hommes, qui resteront tout au long de son mandat ses seuls gardes du corps : les gorilles du Général. L’ancien capitaine Max Milan, qui vient de terminer major au concours d’entrée du FBI, reçoit juste avant la cérémonie un appel d’un mystérieux « Le Chanoine ». Celui-ci lui propose de revenir en France afin de protéger le général De Gaulle. A son arrivée à Paris, il va faire la connaissance de ses trois nouveaux collègues : Ange Santoni, Alain Zerf et Georges Bertier. Il doit remplacer Brémaud, qui a été renvoyé sur ordre du général…
Le scénariste Xavier Dorison, né à Paris en 1972, est diplômé d’une école de commerce (l’ESLSCA). Pendant ses études de commerce, il réalise le festival BD des grandes Ecoles. Puis il travaille à la Banque Barclays Corp. En 1997, il scénarise Le Troisième Testament, avec le dessinateur Alex Alice et connaît le succès. Ceci lui permet d’enchaîner Sanctuaire (en 2001) avec Christophe Bec, Long John Silver (en 2007) avec Mathieu Lauffray, W.E.S.T. (en 2003) avec Christian Rossi, Undertaker (en 2007) avec Ralph Meyer, Le Château des animaux (inspirée de La Ferme des animaux de George Orwell) avec Félix Delep en 2019, et même Goldorak en 2021. Après avoir terminé la bande dessinée 1629 ou l’effrayante histoire des naufragés du Jakarta, chroniquée sur breizh-info (https://www.breizh-info.com/2025/01/19/242811/1629-la-meilleure-bande-dessinee-historique-de-lannee-2024/), il nous offre une nouvelle série passionnante.
C’est en visionnant par hasard un documentaire consacré aux quatre gardes du corps du général de Gaulle que Xavier Dorison a découvert le lien entre ces hommes. Au long des dix ans passés à la tête de l’Etat français, le général de Gaulle fut protégé par quatre gardes du corps choisis par André Malraux. Ces anciens résistants, issus des maquis et de la France Libre, restaient dévoués corps et âme à de Gaulle. Ils sont restés à son service jusqu’à sa mort. Il y avait Roger Tessier, le boxeur ; Henri Djouder, le Kabyle, combattant de la France libre ; René Auvray, le parachutiste, qui fut remplacé en 1963 par Raymond Sasia, le tireur d’élite ; et le corse Paul Comiti, commando marine et résistant. Chargés de sa sécurité lors de ses déplacements, leur dévouement pour le général fut total. Le plus éprouvant, c’était le caractère du général, qui ignorait le danger.
Dorison s’inspire des authentiques gardes du corps mais imagine la vie privée de ces quatre hommes soudés par leur mission : protéger leur « pépère », comme ils l’appelaient affectueusement. Mais ce qui l’intéresse, c’est de révéler que ces quatre compagnons formaient une bande de copains. S’il invente des faits, presque tous les dialogues du général de Gaulle sont authentiques. Comme d’habitude avec Dorison, le rythme est soutenu. Il faut savoir que ces gardes du corps devaient s’adapter au caractère imprévisible du général de Gaulle, lequel refusait d’avoir une voiture blindée, et pouvait même modifier le programme de ses déplacements sans prévenir la sécurité ! Les dialogues font mouches. On est plongé dans le récit comme dans un film de Michel Audiard. On ne s’ennuie pas un seul instant.
Dorison ne critique à aucun moment de Gaulle et dénonce les horribles attentats du FLN. Pour le scénariste, la réalité historique sur la colonisation et la guerre d’Algérie est ignorée par les deux nations : « En France, on a du mal à reconnaître les erreurs et le problème de fond qui a été la colonisation. Pour dire les choses simplement, les Français n’avaient rien à faire à Alger, point barre. On y a peut-être fait des choses bien, peut-être, mais on n’avait rien à faire là. De la même manière, on est parti de l’Algérie en 1962. Ce qui arrive en Algérie en 2025, ce n’est pas lié à la colonisation, mais lié à un gouvernement autocratique, dictatorial… » (Rtbf.be, 26 mai 2025).
Julien Telo, né en 1987, habitant à Tours, se passionne très tôt pour la bande dessinée, l’animation, et l’illustration. Après des études de graphisme à Blois, il réalise en 2011 son premier album, Kinglsey, avec au scénario Guillaume Dorison et Esteban Mathieu. À partir de 2014, il dessine la série d’heroic fantasy Elric sur un scénario de Julien Blondel.
Par son trait, ce dessinateur fait revivre avec réalisme la France des années 1960 (voitures, costumes…). Les personnages sont charismatiques. Julien Telo explique que « Pour représenter quatre gorilles, il a fallu les différencier, trouver une carrure, une forme de visage qui soit reconnaissable. Je me suis servi de l’idée que j’avais de leur caractère plutôt que de les reproduire fidèlement » (Rtbf.be, 26 mai 2025). Il garde leurs physionomies, tout en leur octroyant de nouveaux visages et traits de caractères.
Son dessin est mis en valeur par la belle mise en couleurs de Gaëtan Georges.
Les gorilles du Général est le premier tome d’une série. Chacun sera centré sur un épisode historique : Colombey-les-Deux-Églises, les États-Unis, Mai 68…
Un dossier en fin d’ouvrage révèle le parcours des véritables gardes du corps du général de Gaulle.
Kristol Séhec
Les gorilles du général : Septembre 59. 96 pages, 21,95 euros (ou édition deluxe, 112 pages, 44,95 euros). Editions Casterman.
Illustrations : DR
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3 réponses à “Les gorilles du général de Gaulle (bande dessinée).”
Etant passionné par la vie du Général DE GAULLE, je trouve magnifique cette bande dessinée. Ces garde du corps protégeaient leur « pépère » ; c’est ce que je retiens pour faire acheter cette BD pour mon anniversaire.
Dear Ronan, j’ai l’impression que tu jettes un froid….
Tout le monde (Lecteurs de Breizh Info) ne vont pas être d’accord avec toi ….
Il est d’usage de réserver le terme « putsch » à celui du 22 avril 1961 avec les généraux Challe, Salan, Jouhaud et Zeller.
Le 13 mai 1958, tout est parti d’une manifestation populaire à Alger qui, ensuite, s’est dirigée vers le siège du Gouvernement Général d’Algérie et son saccage.
Le général Salan voulant calmer la foule s’était adressée à elle d’un balcon et il avait terminé son allocution lorsque quelqu’un lui souffla : mon général : criez Vive de Gaulle. Ce que fit Salan, dans le feu de son discours… S’ensuivit la création d’un Comité de Salut Public qui canalisa la foule et la dirigera habilement vers de Gaulle.