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En août 2002 disparaissait le RWDM Molenbeek, club de football belge, quartier de Bruxelles, suite à une faillite du club. D’abord relégué administrativement, le club fût radié par la ligue belge en 2003. Et le voici, tel un phoenix renaissant de ses cendres, de retour au sommet du football belge, pour la saison 2023-2024, quelques années après avoir été relancé par un nouvel investisseur et gravi tous les échelons du football belge.
Nous avons interrogé Fabien, supporteur historique du club du RWDM Molenbeek, pour en savoir plus sur ce club mais aussi recueillir ses impressions, alors que la fête a été longue, très longue, le week-end dernier, pour fêter la montée en première division belge.
Breizh-info-com : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Fabian : Je m’appelle Fabian, mais mes potes m’appellent Suck. Je suis le RWDM depuis le début des années 80. De 1997 à 2012 j’ai été le chanteur du groupe Oi ! Les Vilains. Je vis à Bruges depuis 1997.
Breizh-info.com : Vous êtes un fan historique du RWD Molenbeek, qui vient de valider son ticket pour revenir dans l’élite du football en Belgique. Pouvez-vous nous raconter tout d’abord l’histoire de ce club, et celui de sa renaissance ?
Fabian : L’histoire de notre club est long est difficile. Au départ il y a eu le DARING de BRUXELLES (fondé en 1895), qui fut quelques années plus tard nommé le DARING de MOLENBEEK. L’ équipe jouait en rouge et noir (maillot rayé et short noir, comme l’AC MILAN). 5 fois champions de Belgique et 1 fois vainqueurs de la coupe. Sa rivalité avec l’UNION dans la capitale est restée légendaire !
Le club disparut en 1973. De l’autre côté de la capitale jouait le Racing White. Autre club légendaire mais qui n’avait pas un grand stade ni un publique nombreux. Eux jouaient avec un maillot blanc et un short noir. Ils ont déménagé pour venir s’installer à Molenbeek, tout en ayant la bonne idée de changer de nom tout en gardant WHITE et en prenant le DARING. Le RWDM était né. Une équipe, des investisseurs, des supporters… une nouvelle histoire pouvait commencer !
En 1975 nous serons même champions ! Durant les années 70 et 80 notre grand rival était devenu le RSC ANDERLECHT. L’UNION était devenu un club de 3ème division.
Hélas en 2002, après une décennie de hauts de bas le RWDM était en faillite et fut radié.
Début des années 2010, deux autres clubs sont venus jouer dans notre stade (on l’appelle le TEMPLE). STROMBEEK (qui n’avait pas de stade pour jouer en D1). Ils ont changé leur nom pour s’attirer les supporteurs du défunt RWDM pour devenir le FC STROMBEEK MOLENBEEK BRUSSELS (appelé ensuite le FC BRUSSELS). Mais la sauce n’a jamais prise et les supporters locaux ne voulaient qu’un seul club: Le RWDM ! Puis il y a eu le WHITE STAR, un club qui semblait être devenu bidon et qui ne servait que quelques personnes pour on ne sait quelles combines.
A ce moment est arrivé Thierry Dailly…
Breizh-info.com : La reprise du club par Thierry Dailly a-t-elle grandement contribué à cette renaissance ?
Fabian : Tout à fait ! Sans lui il n’y aurait plus rien à Molenbeek !
Thierry Dailly est à la base depuis son enfance un supporteur du RWDM. Socialement il a su faire son trou et son rêve fût de faire revivre notre RWDM. Et il l’a fait en 2015. Au départ en 3B amateur. Et là, la sauce a directement pris ! Et 8 ans plus tard nous revoici en D1 belge. Merci à lui, du fond du cœur.
Breizh-info.com : Quelle est l’identité de Molenbeek ? Flamande ou Wallonne ? Pour vous qui habitez à Bruges, cela doit compter non ?
Fabian : La Belgique est un état fédéral. Nous avons 3 régions et donc 4 parlements…. Bruxelles est considéré comme une région, au même titre que la Wallonie et la Flandre. Si la majorité des Bruxellois sont francophones, nous ne sommes pas Wallons. Géographiquement nous sommes même en Flandre !
Ce qui explique que quand un Bruxellois parle le français il roule les R comme le font les Flamands. Ce qui amusent les français. Tu vas à Liège ou à Charleroi, ça sonne complètement différemment. Notre dialecte est un mélange de français et flamand. Avec le FC Bruges (Club Brugge) il existait dans les années 80 et 90 entre nos groupes (East-Side), une bonne entente. Beaucoup d’anciens sont ravis de nous revoir en D1. Les jeunes de Bruges (BCF) un peu moins sachants que la nouvelle génération de Molenbeek a des liens avec les grandes rivaux de Bruges à savoir Anderlecht (MCF et BCS).
Breizh-info.com : Parlez-nous justement des groupes de supporteurs de Molenbeek… Il fût un temps où les hooligans du club avaient une sacré réputation en Belgique n’est-ce pas ?
Fabian : Au tout début des années 80 il y avait la « Molenbeek Army », mais on ne peut pas encore parler d’hooliganisme. Plutôt de copains qui aiment boire leur verre ensemble au stade et qu’il faut pas emmerder.
Vers 1985, une nouvelle génération (majoritairement avec des gars des quartiers alentour) verra le jour. Les BRUSSELS BOYS. Ainsi nommés car nous nous placions derrière un drapeau avec ce nom. Alors que les groupes des autres clubs avec un nom qui se terminait avec le mot SIDE (côté en anglais en fonction de la place qu’ils prenaient dans leur stade ; O-Side, X-Side, East-Side, Hell-Side, King-Side, etc…)
Nous n’étions pas beaucoup par rapport à nos adversaires, mais cela avait l’avantage qu’on se connaissaient quasiment tous et on se battait non seulement pour notre équipe, mais aussi pour nos potes qui étaient devenus des frères pour la plupart. Tous nos matchs en déplacement étaient considérés comme à risque par les polices locales.
Breizh-info.com : Pouvez-vous d’ailleurs revenir sur l’historique de l’amitié avec Angers (et notamment le KDLB, les ultras du Kop de la Butte) ?
Fabian : Je me souviens de quelques gars d’Angers, croisés lors de concerts skins, mais concernant l’amitié entre nos clubs je ne sais pas dire grand-chose. C’est pourquoi j’ai demandé à un pote (Berre Bksa) de répondre à ma place. Voici ce qu’il m’a indiqué :
« Il y a 30 ans à peu près, un Molenbeekois se trouve sur Angers (Olivier Toth), pour ses études je pense. Il est amateur de foot et voit qu’il y a un match à Angers. Il prend un ticket, rentre au Stade Jean Bouin (actuellement devenu Raymond Kopa) et accroche un drapeau du RWDM. Des supporters curieux du plus gros groupe d’Angers (Kop de la Butte KDLB 92) viennent à lui et l’interrogent sur ce drapeau. Après les échanges de politesse, ils finissent la soirée et la nuit autour de nombreux verres et les voyages entre les 2 villes commencent. Grosse interruption vu notre disparition en 2002. Et à la résurrection en 2015, 10 angevins débarquent à Molenbeek pour le match contre l’Olympic et là tout reprend entre anciens et commence entre jeunes
Breizh-info.com : Le football en Belgique est-il atteint des mêmes maux qu’en France, à savoir des équipes composées majoritairement de mercenaires, de beaucoup d’extra-européens, et finalement, de très peu de jeunes joueurs locaux et autochtones ?
Fabian : Oui, hélas. Nous jouons je pense avec +/-40% de Belges. Molenbeek était connu dans les années 80 pour ses écoles de jeunes. Aujourd’hui même si notre club soit à nouveau un jeune club, je pense que nos équipes de jeunes s’en sortent pas trop mal à différents niveaux.
Espérons que l’euphorie des dernières années incite encore plus de jeunes locaux de s’inscrire dans les équipes de jeunes.
Breizh-info.com : Molenbeek, vu de l’hexagone, c’est avant tout un quartier symbole de l’Islamisation de l’Occident, mais aussi du terrorisme islamique. Visiblement, ça n’est pas que ça. Comment se situe ce club historique par rapport à « l’atmosphère » de ce quartier ?
Fabian : Molenbeek (comme Anderlecht et Saint-Gilles (Union)) sont des grandes communes Bruxelloises et ont différents quartiers avec différentes ambiances et populations. A Anderlecht il y a eu des tensions entre certains quartiers. A Molenbeek il y a beaucoup de Marocains, mais même pour ceux qui sont nés dans la commune il n’y a jamais eu d’engouement pour notre équipe. Et si il en a quelques-uns dans le stade, c’est souvent car ils jouent en équipes de jeunes ou sont de leurs familles.
Breizh-info.com : Dernière question : quelles sont vos attentes pour la saison prochaine ?
Fabian : Il faudra se renforcer. Les gars se sont bien battus et méritent leur titre. C’est dommage de remplacer certains par des mercenaires comme tu dis, mais il faudra y passer, car sinon nous risquons un rapide retour en D2.
Personnellement j’espère qu’on sera rapidement en sécurité et loin des sièges basculables. Et bien entendu des matchs de folies contre nos cousins d’ANDERLECHT et de l’UNION.
Propos recueillis par YV
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4 réponses à “Le RWDM Molenbeek de retour au plus haut niveau du football en Belgique – Interview de Fabian (Suck), un fan historique du club”
Il s’agit du RWDM et non du RDWM.
Petite erreur, ce n est pas début 90 que Strombeek et ensuite le White star brussels de bico sont venus jouer au Temple. . C est après la faillite du RWDM, donc après 2003.
Le M de RWDM veut dire Molenbeek donc c’est RWDM ou RWD de Molenbeek mais pas RWDM Molenbeek
Racing White Daring Molenbeek
Bien a vous
Effectivement