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Russie : l’épidémie de changements de sexe pour éviter l’enrôlement freinée par une nouvelle loi

À la Douma, les députés ont approuvé, le 14 juin dernier, en première lecture et à l’unanimité un projet de loi interdisant la transition sexuelle pour les citoyens russes. Ces derniers ne pourront plus se soumettre à des opérations chirurgicales ou modifier leur sexe administrativement au registre d’état civil.

Que les élites russes aient une vision traditionnelle de l’homme et de la femme, cela n’est un secret pour personne. Mais si elles entendent ériger leur pays en barrière contre les idéologies progressistes occidentales – propagande anti-familiale in primis – ces dernières n’ont pas de mal à pénétrer et faire leur travail de sape sur la jeunesse russe.

Mais une autre raison peut être invoquée pour l’adoption en vue de cette nouvelle législation. En effet, comme l’a confié Nina Ostanina, député communiste et présidente de la Commission parlementaire sur la Famille, les Femmes et les Mineurs, au Daily Telegraph : “depuis le début de l’Opération Spéciale, de nombreux jeunes se sont tournés vers des cliniques privées, spécialisées en changement de sexe pour éviter d’être enrôlés.” Un peu drastique comme méthode, pourrait-on penser. En réalité, beaucoup de ces hommes qui affirment être transgenres, sont parvenus à se faire passer pour des femmes en présentant simplement un certificat médical, pour ne pas aller au front en Ukraine. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2018, seuls 300 Russes avaient demandé à changer de sexe, en 2022, le chiffre atteint 2700. Et l’explosion a eu lieu un mois après l’invasion russe de l’Ukraine, le 24 février 2022.

À l’heure actuelle, il s’agit d’une pratique très simple. « Dans ce domaine, la Russie fait partie des pays les plus libéraux au monde », selon Vladimir Komov, président de l’organisation DeloLGBT+ de Moscou. Une pratique simplifiée encore par l’état de corruption dans lequel baigne le pays. Une fois muni d’un certificat de “transition de genre” valable un an, il est alors possible de modifier ses documents d’identités, du certificat de naissance au passeport. On accède ensuite à la thérapie hormonale, mais personne ne vérifie ensuite si elle est effectivement administrée. Enfin, on se fait rayer de la liste pour la conscription militaire obligatoire ou exceptionnelle. Pour un coût minime : entre 200 et 700 euros.

Avant le 14 juin, l’imposition de l’intervention chirurgicale avait été évoquée. Mais face à la propagation de ce qu’ils définissent une “activité destructrice contre les adolescents et la jeunesse”, les députés ont opté pour l’interdiction pure et simple, sauf en cas d’anomalie congénitale. Vyacheslav Volodine, président de la Douma est clair : “Aux États-Unis, la proportion de personnes transgenres est déjà trois fois plus élevée chez les adolescents que chez les adultes. Nous ne voulons pas de cette politique diabolique.”

Conservateurs ? Réactionnaires ? Droitards ? Il n’en est rien : la législation est soutenue par tous les partis politiques, de droite comme de gauche (365 voix pour, sur 365 députés. Aucune abstention).

Audrey D’Aguanno

 

Crédit photo : Wikimedia commons

[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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3 réponses à “Russie : l’épidémie de changements de sexe pour éviter l’enrôlement freinée par une nouvelle loi”

  1. Arturus Rex dit :

    Comme dirait l’ami Poutine, ce brave & vertueux conservateur adulé des gogos, se déclarer femme (et garder son zizi) c’est un “blasphème” contre la Sainte Russie. Euh, faut-il rappeler que Moscou est une des places fortes de l’industrie pornographique ? Vertueux, qu’on vous dit…

  2. Michel dit :

    N’importe quoi !
    L’enrôlement étant basé sur le volontariat, il n’y a nul besoin de s’adonner à ces pratiques wokistes. La raison de l’augmentation doit être différente.
    Que le législateur l’ait, en général, interdit est très bien.

    @Arturus Rex : avez-vous des données ou des sources sur l’industrie pornographique ?

  3. Caughnawaga dit :

    Hé bin, le communisme est d’extrême droite qui l’eût crû

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