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L’Italie, ce n’est pas que Rome et ses imposants amphitheatrum, ses superbes hauts-reliefs et les rues de Pompei… Un immense héritage médiéval domine sur les hauteurs, celé dans les châteaux et dans les bourgs qui parsèment la péninsule. Non loin de la frontière autrichienne, au sortir d’une dense forêt de châtaigniers qui surplombe Bolzano, se trouve Castel Roncolo. Une véritable merveille qui illustre de la plus belle des façons le rayonnement de l’amour courtois et par-là, l’influence de la culture française.
Le château nous le rend bien : les références à la France médiévale sont nombreuses. Car, si l’édifice est absolument représentatif de la sublime Mittel Europa, c’est dans sa décoration intérieure que se cache son véritable trésor : il vante le plus grand cycle de fresques profanes d’époque médiévale. Une célébration de la matière arthurienne dans un état de conservation exceptionnelle, tous les pigments encore visibles étant originaux.
Largement insoupçonné et pour peu d’éviter la haute saison – l’automne lui sied particulièrement – il sera vide de touristes. Et la vieille dame qui vous remettra votre billet d’entrée est encore une de ces passionnées, amoureuse de ce qu’elle fait. Elle vous contera l’histoire des fresques avant même de les avoir vues.
Construit autour de 1237, il est racheté en 1385 par les frères Franz et Niklaus Vintler de Bolzano, fils d’un riche marchand de vin local. Nobles d’âme préfigurant les mécènes de la Renaissance, ils investissent leurs deniers dans la beauté, rénovent le manoir et faisant réaliser de somptueuses fresques sur chaque pan de mur, même à l’extérieur. Le résultat est à couper le souffle et chaque illustre personnalité qui le visitera ou entrera en sa possession n’aura de cesse de faire restaurer ce joyau, qu’il s’agisse de Jörg von Fronsberg, le père des Lansquenets, de la famille von Liechtenstein, ou encore de Jean de Habsbourg-Toscane, conscients d’être en présence de peintures murales inestimables. La ville de Bolzano en est l’actuelle propriétaire.
Dans chaque pièce, dames et chevaliers, ornements médiévaux et créatures des bois, scènes de bataille, de chasse et de jeu, hommes et femmes dansant, conversant ou se faisant la cour. Partout la célébration de ce fin amor, cet art de vivre né en Occitanie où la figure féminine est louée et encensée par un preux avide de lui prouver sa valeur en accomplissant toutes sortes d’épreuves ; où l’entente cordiale entre les deux sexes est poétiquement portée à son paroxysme.
Une adaptation de la légende de Tristan et Iseult en terre verte (Gottfried von Straßburg), ainsi qu’une des plus anciennes représentations sur fresque de la table ronde du roi Arthur rappellent l’unité culturelle de notre continent. Les neufs Preux, personnifiant l’idéal de la chevalerie, le modèle d’Homme par excellence -un thème du très en vogue au XIVe siècle – sont peints sur un long mur extérieur qui surplombe la cour et fait face à la ville de Bolzano.
Entre les créneaux, le paysage est tout aussi enchanteur, donnant soit sur les vertes et abruptes montagnes environnantes, soit sur la ville de Bolzano. Cette dernière est accessible à pied par un chemin dans la forêt (environ une heure de marche), ou par la route (trente minutes) qui longe une rivière, puis traverse un quartier de villas Art Nouveau pour déboucher sur un centre-ville dans le pur style du sud Tyrol, où les influences autrichiennes et italiennes s’alternent comme témoignage de la longue histoire des lieux.
Un regalo per gli occhi.
Audrey D’Aguanno
Photo : DR
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2 réponses à “Quand l’amour courtois et la matière de Bretagne irradiaient l’Europe : Castel Roncolo en Haut-Adige”
Notre Culture Européenne est une Intelligence d’une beauté et d’une richesse inestimable, à couper le souffle, que l’UE sous la coupe criminelle du mondialisme veut, voudrait effacer ou travestir avec de la bouffonnerie woke.
les néoféministes n’en disent rien !