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Nicolas Battini : « le nationalisme corse doit opérer un redéploiement en termes de priorité revendicative » [Interview]

Militant nationaliste,Nicolas Battini s’appuie sur son expérience pour défendre l’association de la lutte pour l’indépendance corse avec une réappropriation intellectuelle de l’histoire locale. Après huit ans d’incarcération, il dénonce la logique tiers-mondiste qui a conditionné les revendications culturelles et plaide pour une reconnaissance de l’identité corse à l’échelle européenne.

« Le temps est venu d’offrir à la Corse une grande mise à jour intellectuelle.

Depuis les années 1970, il fallait, pour revendiquer sa culture, sa langue et son identité de peuple autochtone, être une victime de l’Histoire. Un peuple colonisé, une communauté de martyrs et de descendants d’opprimés.

Comme d’autres, les mouvements politiques corses ont utilisé cette logique « tiers-mondiste », jusqu’à couper le Peuple corse de façon tout à fait artificielle de son ancrage civilisationnel.

Ce mensonge est désormais néfaste.

La mutation de la gauche occidentale entraîne cette dernière vers la remise en cause fondamentale des bases traditionnelles de la civilisation (famille, coutumes, hérédités, culture) qui sont les fondations de toute identité autochtone en Europe.

Soumis au bon vouloir des élites cosmopolites du continent, les cadres du nationalisme corse glissent de plus en plus vers l’acceptation des folies sociétales.

Emprisonné plusieurs années, Nicolas Battini a fait l’expérience d’un européen de culture chrétienne en situation de minorité ethnique. Ce que l’assassinat d’Yvan Colonna par un islamiste a attesté de façon éloquente.

Il a réalisé alors que l’important n’était plus du tout la lutte pour l’indépendance mais bien le combat pour la reconquête culturelle.

Militant nationaliste depuis sa prime jeunesse, Nicolas Battini a été incarcéré huit ans. Il a fondé et dirige aujourd’hui le mouvement nationaliste U Palatinu »

Tel est le contenu principal de son livre « Le Sursaut Corse » (l’artilleur) que nous vous incitons vivement à vous procurer.

Nous avons interrogé l’auteur sur son ouvrage

Breizh-info.com : Quelle a été votre motivation principale pour écrire “Le Sursaut corse” et quel impact espérez-vous avoir sur vos lecteurs ?

Nicolas Battini : Synthétiser en somme et mon parcours et la doctrine palatinienne que nous établissons depuis plus d’un an. Notre école de pensée, nouvelle dans le nationalisme corse, avait besoin d’un livre fondateur. C’est chose faite. Quant à l’impact, nous pensons qu’il sera conséquent en ce que tout ce que produit Palatinu agite et structure le débat public en Corse depuis des mois.

Breizh-info.com : Comment définiriez-vous le concept de ‘reconquête culturelle’ que vous prônez dans votre ouvrage ?

Nicolas Battini : Je suis persuadé que le nationalisme corse doit opérer un redéploiement en termes de priorité revendicative. La question identitaire, c’est-à-dire le contenu, la réalité de la société, la définition exigeante de ce qu’est notre peuple, doit prendre le pas sur le contenant qu’est la revendication institutionnelle. À quoi bon demain l’autonomie dans une Corse partagée entre l’héliotropisme et l’islamisation, une Corse dans laquelle les Corses ne seraient plus qu’une communauté minoritaire parmi d’autres ?

Breizh-info.com : Dans votre livre, vous évoquez le passage de la lutte pour l’indépendance à un combat pour l’identité. Pourriez-vous expliquer ce changement de perspective ?

Nicolas Battini : L’indépendantisme avait une motivation identitaire. L’indépendance était pensée pour sauvegarder l’identité culturelle des Corses, menacée dans ce narratif par la France et ses politiques. Or, face à l’islamisme et au wokisme, l’indépendantisme se rend. Structuré qu’il est autour d’un postulat tiers-mondiste sanctifiant les peuples du Sud, il interdit tout positionnement vis-à-vis de ce qui en émane. Il court-circuite en amont le refus de l’islamisation de la Corse et de l’Europe. D’où la nécessité de rompre et de développer une doctrine nationaliste, plus modérée sur la question institutionnelle, qui permet d’armer conceptuellement les Corses face à ces grands périls.

Breizh-info.com : Comment voyez-vous l’avenir de la Corse au sein de la France et de l’Europe ?

Nicolas Battini : Cela dépendra grandement de qui gouvernera la France et l’Europe. Nous entendons converger avec toutes les forces qui nous permettront de faire cohabiter défense de l’identité corse et refus de Grand Remplacement. Les droites identitaires globalement partagent ces grandes lignes de pensée. Promouvoir leur accession au pouvoir en France comme en Europe apparaît à nos yeux comme une nécessité absolue.

Breizh-info.com : Pouvez-vous partager un exemple concret de ce que serait une ‘réappropriation intellectuelle de l’histoire locale’ pour la Corse ?

Nicolas Battini : L’historiographie corse de ces cinquante dernières année a subi les mêmes assauts relativistes et progressistes que d’autres historiographies : la Corse serait une terre d’immigration depuis toujours, il n’y aurait donc pas vraiment de Corses de souche, l’Islam serait tout à fait compatible avec l’âme corse et être Corse ne serait pas une question d’origine. Voilà ce qu’il nous faut briser. Notre avantage : ce narratif n’a pris que dans les classes dominantes. Certainement pas au sein des couches populaires.

Breizh-info.com : Quel rôle les jeunes Corses peuvent-ils jouer dans ce processus de reconquête culturelle ?

Nicolas Battini : Ils doivent jouer le rôle que joue toute jeunesse : apporter du dynamisme, de la fougue et de la vigueur. Le palatinisme en général jouit d’ailleurs d’une représentation extrêmement importante de jeunes parmi l’éventail militant. À tel point que cet état de fait est quasiment devenu en Corse notre marque de fabrique au milieu d’autres structures politiques largement « boomerisées ».

Breizh-info.com : Que répondez-vous à ces Corses qui vous accusent d’être une tête de pont de Reconquête ou du RN en Corse ?

Nicolas Battini : Ceux qui nous portent ce genre d’accusation sont essentiellement des militants d’autres partis nationalistes, d’obédience tiers-mondiste. Nous leur répondons simplement que, si tel est le cas, ils ne sont eux-mêmes que des déclinaisons locales de la macronie ou de la mélenchonie. Les Corses pourront choisir durablement entre ces différentes offres. D’aucuns peuvent avoir des surprises.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2024, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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6 réponses à “Nicolas Battini : « le nationalisme corse doit opérer un redéploiement en termes de priorité revendicative » [Interview]”

  1. Gaï de Ropraz dit :

    De Belles Paroles…
    Mais je pose la question fondamentale : Que serait la Corse sans la France ?…

  2. JLP dit :

    Et que serait la France sans le chéquier allemand ? Un Etat failli qui emprunterait à des taux prohibitifs… Si les Corses acceptent de se serrer la ceinture et de gagner en dignité, laissons-leur tenter l’expérience de l’identité (au fait, à quand une fédération sardo-corse :-)

  3. Abadie Marc dit :

    “L’identité plutôt que l’indépendance” c’est clair !!! À soutenir

  4. Manac'h Per dit :

    “L’identité et la souveraineté”….Un slogan pour la Bretagne !

  5. patphil dit :

    n’est il pas normal de vouloir être maitre chez soi? j’aime bien mon voisin mais j’aime qu’il soit lui aussi maitre chez lui

  6. Jakez GWILLOU dit :

    Monsieur Marc ABADIE, les concepts « d’identité » et « d’indépendance » ne sont nullement antagoniques, dans la mesure où l’indépendance est tout d’abord revendiquée comme meilleure protection pour notre identité ethnoculturelle. Or, à quoi bon revendiquer l’indépendance pour recueillir finalement une société devenue multiculturelle et multiethnique ? Nous sommes d’accord avec vous. Parce que nous vivons aujourd’hui les temps apocalyptiques du « Camp des Saints » prophétisé par Jean RASPAIL, il y a un demi-siècle. Il faut, par conséquent, parer au plus pressé et défendre notre UDENTITE ETHNIQUE, OUI MAIS tout en gardant l’indépendance comme étape ultime et non négociable.

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