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Ce superbe album retrace l’itinéraire de Charles-François du Buysson, parti aider les insurgés américains, aux côtés de La Fayette, à se délivrer du joug de l’Empire britannique.
La déclaration d’indépendance des États-Unis, le 4 juillet 1776, provoque une guerre entre la jeune nation américaine et le royaume d’Angleterre. Les colons américains, désorganisés, ont besoin de renforts, de munitions, d’armes, de nourriture, de vêtements… Mais au sortir de la guerre de sept ans, Louis XVI n’a pas l’intention d’aller guerroyer contre la perfide Albion sur les terres du nouveau monde. La France a déjà perdu en 1763 le Canada et l’essentiel de la Nouvelle-France, et la Louisiane occidentale a été cédée à l’Espagne. Pourtant, certains nobles voient dans ce conflit l’opportunité de venger cette défaite qui a brisé les ambitions françaises en Amérique. D’autres souscrivent aux idéaux de liberté et d’égalité brandis par la jeune nation américaine. Un jeune noble, le marquis de Lafayette, annonce qu’il va vendre l’une de ses propriétés pour financer un navire vers l’Amérique. Le chevalier Charles-François du Buysson, noble issu d’une famille du bourbonnais, qui n’a pas de fortune, engage son épée. Ils se retrouvent en 1777 sur La Victoire, premier navire français à venir en soutien de la révolution américaine. Leur arrivée n’est pas aussi flamboyante qu’imaginée. Seule Gabrielle de Souvigny, jeune américaine farouche et indépendante, vient à leur aide. Après une longue marche dans une nature hostile, ils découvrent que les membres du Congrès restent méfiants depuis les expéditions organisées par Beaumarchais avec des aventuriers qui étaient mus par l’appât du gain. Lafayette réussit à convaincre Washington de la pureté de son engagement et s’impose au sein de l’armée américaine, inexpérimentée mais courageuse. Du Buysson se distingue lors de la bataille de Camden, où il est fait prisonnier. La France reconnait officiellement les États-Unis et entre en guerre contre la Grande-Bretagne en 1778. L’aide française prend de l’ampleur : armes et soldats permettent aux Américains de tenir tête aux Britanniques, jusqu’à la victoire décisive de Yorktown en 1781. Après la guerre, le chevalier Charles-François du Buysson rentre en France, où il meurt en 1786, âgé seulement de 34 ans.
Esther Gil, née en Auvergne en 1967, entreprend des études littéraires. C’est en rencontrant Laurent Paturaud, qui devient son conjoint, qu’elle se lance dans l’écriture de bandes dessinées. Ils créent en 2013 un album sur Victor Hugo : Victor Hugo aux Frontières de l’Exil. Ils s’intéressent à la période de l’exil à Jersey et imaginent que la mort de la fille d’Hugo est le fruit d’un crime. Inspirée par un roman de Jules Verne, Paris au XXe siècle, elle écrit le scénario de Jules Verne et l’astrolabe d’Uranie, avec au dessin l’Espagnol Carlos Puerta. Gil écrit ensuite le scénario d’une bande dessinée sur Mata Hari, célèbre danseuse de la Belle Époque, dessinée par son mari.
Dans cet album au souffle héroïque, elle s’inspire de la vie du Chevalier Charles-François Du Buysson (1752-1786), vertueux et courageux, pour raconter l’engagement français dans la guerre d’indépendance américaine. Elle lui imagine une romance avec la belle et farouche Gabrielle de Souvigny, personnage de fiction. Elle fait le choix de laisser le marquis de La Fayette Lafayette en retrait.
Laurent Paturaud, né en 1969 à Chartres, passionné par le dessin depuis son plus jeune âge, découvre la bande dessinée à l’adolescence au travers de grandes séries (Thorgal, La Quête de l’oiseau du temps, Les 7 vies de l’épervier, Les passagers du vent…). Il suit une formation en graphisme publicitaire et réalise de nombreuses illustrations pour le compte d’associations locales et de magazines. Avec un scenario de Thomas Mosdi, il dessine les séries Les passants du clair de lune en 2001, puis Succubes en 2007. Avec son épouse Esther Gil au scenario, il dessine aux éditions Daniel Maghen ses meilleurs albums : Victor Hugo aux Frontières de l’Exil en 2013, puis Mata Hari en 2019.
Il explique que son épouse Esther Gil écrit un résumé complet de l’album puis, pour chaque séquence, propose un découpage précis comportant les dialogues et les voix off avec une suggestion de mise en scène. Sur cette base, il choisit les cadrages et le nombre de cases en fonction du rythme de la séquence. Il réalise d’abord un story-board assez précis d’une séquence complète (entre 4 et 8 pages) et le montre à son épouse pour valider la mise en scène. Ses dessins préparatoires et l’encrage se font toujours de manière traditionnelle sur papier (crayonnage précis, encrage au pinceau ou au feutre noir), dans un format deux fois plus grand que le format imprimé. Ensuite, il scanne ces pages et effectue la mise en couleur grâce à un logiciel de retouches photo comme Photoshop. Il applique, via l’outil informatique, l’ensemble des couleurs sur un calque indépendant grâce au stylet d’une tablette graphique utilisée comme un pinceau. Afin d’éviter une colorisation numérique impersonnelle, il ajoute en incrustation une couche encrée, et obtient ainsi un résultat proche d’une mise en couleur traditionnelle à l’aquarelle (voir sur le site sdimag.fr : Entretien avec Esther Gil et Laurent Paturaud).
Dans ce nouvel album, Laurent Paturaud adopte un trait réaliste. On admire ses paysages, bâtiments, uniformes, véhicules, chevaux… Les personnages sont magnifiquement dessinés.
Un cahier graphique et iconographique de 17 pages, conçu et réalisé par les auteurs en collaboration avec François Devoucoux du Buysson, un descendant du chevalier, conclut cet album.
Kristol Séhec
Amériques. 96 pages, 19,50 €, Editions Daniel Maghen.
Illustrations : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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