Incendie de Crans-Montana : comment sont pris en charge les grands brûlés en Europe et en France

L’incendie survenu dans la station suisse de Crans-Montana, dans la nuit du Nouvel An, a fait au moins 40 morts et 119 blessés, dont une majorité en état grave. Face à l’ampleur du drame, les autorités helvétiques ont rapidement organisé le transfert d’une cinquantaine de victimes vers des centres spécialisés à travers l’Europe. La France, qui dispose d’une dizaine de structures dédiées aux brûlures graves, doit en accueillir une partie.

Cette dispersion internationale illustre une réalité souvent méconnue : aucun pays ne peut, seul, absorber un afflux massif de grands brûlés. Leur prise en charge repose sur une organisation lourde, des équipes hautement spécialisées et des soins qui s’inscrivent dans la durée.

Une urgence vitale qui dépasse la peau

Contrairement à une idée reçue, la brûlure grave ne se limite pas à une atteinte cutanée. Dans un incendie en milieu clos, comme celui de Crans-Montana, de nombreuses victimes inhalent des fumées chaudes et toxiques. Les voies respiratoires peuvent être brûlées, aggravées par la présence de monoxyde de carbone ou de cyanure. Ces lésions internes peuvent engager le pronostic vital au même titre que les brûlures visibles.

À l’arrivée à l’hôpital, la priorité est donc souvent respiratoire : oxygénation, ventilation assistée, nettoyage des voies aériennes. Les patients sont ensuite pris en charge en réanimation, fréquemment placés en coma artificiel afin de contrôler la douleur et de stabiliser les fonctions vitales.

Évaluer la gravité, planifier sur le temps long

Il n’existe pas de définition unique de la « brûlure grave ». Les équipes distinguent cependant les brûlures mettant directement la vie en danger et celles exposant à des séquelles fonctionnelles majeures. La surface atteinte compte, mais surtout la profondeur des lésions. Une brûlure profonde cicatrise rarement seule : elle impose un geste chirurgical.

Après quelques jours d’évaluation, débute une succession d’interventions. La peau détruite est retirée, puis remplacée par des greffes prélevées sur les zones saines du patient. Lorsque la surface brûlée est très étendue, ces prélèvements sont limités, ce qui oblige les équipes à hiérarchiser : visage et mains sont traités en priorité pour préserver les fonctions essentielles et limiter les séquelles visibles.

Greffes, infections et cicatrisation dirigée

La peau joue un rôle de barrière. Lorsqu’elle disparaît, le risque infectieux explose. Les patients brûlés subissent donc des soins quotidiens, longs et douloureux, associant chirurgie, traitements antibiotiques et surveillance constante.

Ces dernières années, certaines équipes ont expérimenté des dispositifs innovants, notamment des pansements dits « oxygénants », utilisés à titre compassionnel lorsqu’il n’existe pas d’alternative. Leur objectif n’est pas de remplacer la chirurgie, mais de favoriser une cicatrisation dirigée sur certaines zones, afin de réduire le nombre de greffes nécessaires. Ces approches restent expérimentales et doivent encore être validées par des études cliniques à grande échelle.

Des mois d’hospitalisation, des années de suivi

En France, un grand brûlé reste hospitalisé en moyenne entre neuf mois et un an, avant d’être orienté vers un centre de rééducation. La prise en charge mobilise des équipes pluridisciplinaires : chirurgiens, anesthésistes-réanimateurs, infirmiers spécialisés, kinésithérapeutes, diététiciens.

À cette dimension physique s’ajoute un volet psychologique majeur. Les brûlures entraînent souvent une altération profonde de l’image corporelle. Selon plusieurs travaux européens, une part importante des survivants développe, dans l’année suivant l’accident, un syndrome de stress post-traumatique. Le suivi psychologique fait donc partie intégrante du parcours de soins, parfois sur le long terme.

Des centres spécialisés sous tension

La France compte une dizaine de centres pour adultes et enfants, répartis sur le territoire, dont celui du CHU de Nantes, seul service spécialisé de l’Ouest. Ces structures s’entraînent régulièrement à la gestion d’afflux massifs, mais l’incendie de Crans-Montana rappelle leur fragilité face à des catastrophes de grande ampleur.

Pour les victimes, survivre à l’incendie n’est que la première étape. Commence ensuite un parcours médical long, fait de douleurs, de rééducation et d’adaptation à un corps durablement marqué. Une autre vie, souvent, à reconstruire.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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