Un chiffre résume à lui seul le tournant migratoire opéré aux États-Unis en 2025 : moins de 109 000 interpellations sur l’ensemble de la frontière sud en un an. Un niveau historiquement bas, inédit depuis plusieurs décennies, et en rupture totale avec les années de crise migratoire qui ont précédé.
Selon les données communiquées par les autorités américaines, le mois de décembre 2025 s’est achevé avec environ 6 400 franchissements illégaux détectés à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Une moyenne quotidienne d’environ 245 interpellations, très loin des pics observés ces dernières années.
Une rupture nette avec la période précédente
Le contraste avec les années antérieures est saisissant. Entre 2021 et 2024, les services frontaliers faisaient face à des flux massifs, parfois jusqu’à 10 000 migrants par jour, souvent regroupés en convois de plusieurs centaines de personnes. Sur certaines années, les interpellations avaient dépassé les 2 millions.
En comparaison, 2025 marque un effondrement quasi mécanique des tentatives de passage illégal. Sur sept mois consécutifs, entre mai et novembre, aucun migrant interpellé n’a été relâché sur le territoire, selon les chiffres officiels. Une politique de dissuasion assumée, qui rompt avec la gestion précédente.
Le « facteur Trump » au cœur du dispositif
Ce retournement intervient après le retour au pouvoir du président Donald Trump, entré en fonction en janvier 2025. Dès les premières semaines, son administration a fait de la frontière une priorité stratégique, combinant renforcement humain, mesures juridiques et moyens matériels.
Le ministère de la Sécurité intérieure affirme que la frontière sud est aujourd’hui « la plus sécurisée de l’histoire américaine ». Les effectifs ont été renforcés : les recrutements d’agents de la Border Patrol ont augmenté de près de 85 % par rapport à l’année précédente, tandis que les embauches d’agents des douanes progressaient de plus de 40 %.
Mur, barrières et fin des zones grises
Sur le terrain, la politique repose sur plusieurs leviers. Des contrats massifs de construction et de renforcement du mur frontalier ont été relancés, représentant plusieurs milliards de dollars. Plus de 130 000 pieds de barrières temporaires ont également été déployés dans les zones jugées sensibles, en coordination avec les autorités locales et l’armée.
L’administration a par ailleurs multiplié les dérogations réglementaires, permettant d’accélérer les chantiers sans être freinée par des procédures environnementales ou administratives jugées excessives. Une méthode déjà utilisée lors du premier mandat Trump, mais appliquée cette fois à plus grande échelle.
Lutte contre les cartels et saisies en hausse
Les autorités mettent aussi en avant l’impact de cette politique sur le trafic de stupéfiants. En 2025, les services frontaliers américains ont saisi près de 540 000 livres de drogues, soit une hausse notable par rapport à l’année précédente. L’objectif affiché est double : bloquer les routes migratoires clandestines et frapper les cartels qui les exploitent.
La fermeture de certaines failles douanières, notamment la fin du régime d’exemption sur les petits colis, est également présentée comme un outil de lutte contre l’entrée de narcotiques et de marchandises illégales.
Un message de dissuasion assumé
Au-delà des chiffres, c’est la logique politique qui tranche. La stratégie repose sur un message clair : franchir illégalement la frontière ne débouche plus sur une installation de fait aux États-Unis. Cette dissuasion, selon les autorités, explique largement la chute rapide des tentatives de passage.
Les responsables américains revendiquent désormais une politique migratoire fondée sur la souveraineté, l’application stricte de la loi et la priorité donnée aux citoyens. Un discours qui trouve un écho dans une partie de l’opinion américaine, lassée des conséquences économiques, sociales et sécuritaires de l’immigration massive.
Reste une question centrale : ce retournement spectaculaire est-il appelé à durer ? Pour l’administration Trump, il s’agit d’un socle appelé à être consolidé, non d’un simple ajustement conjoncturel. Les chiffres de début de l’année fiscale 2026, déjà parmi les plus bas jamais enregistrés, vont dans ce sens.
Quoi qu’il en soit, l’année 2025 marque un changement de paradigme. Elle montre qu’une politique migratoire ferme, cohérente et assumée peut produire des effets rapides. Un constat qui, bien au-delà des États-Unis, ne manquera pas d’alimenter les débats européens sur l’immigration, la souveraineté et le contrôle des frontières.
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