Alors que les contenus générés par intelligence artificielle se multiplient sur les réseaux sociaux et brouillent toujours davantage la frontière entre le vrai et le faux, la Finlande a fait un choix stratégique : former les citoyens dès l’enfance à la lecture critique de l’information, y compris face aux images, vidéos et textes produits par des algorithmes.
Dans ce pays nordique de 5,6 millions d’habitants, cette éducation ne date pas d’hier. Depuis les années 1990, l’analyse de l’information, la compréhension des mécanismes de la propagande et la détection de la désinformation font partie intégrante des programmes scolaires, dès la maternelle. Aujourd’hui, cette approche s’étend à un nouveau champ : la maîtrise des outils et des pièges liés à l’intelligence artificielle.
Une réponse éducative à une menace informationnelle
L’intégration de l’« IA literacy » dans les écoles s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les autorités finlandaises estiment que les campagnes de désinformation visant l’Europe se sont intensifiées, notamment dans les pays frontaliers. Avec plus de 1 300 kilomètres de frontière commune avec la Russie et une adhésion récente à l’OTAN, la Finlande considère la résilience informationnelle comme un enjeu de sécurité nationale.
Pour les responsables éducatifs, la capacité à distinguer une information fiable d’un contenu manipulé est devenue une compétence civique à part entière, au même titre que la lecture ou le calcul.
Dans les écoles primaires, les élèves sont désormais invités à analyser des titres, des images ou des vidéos, à se poser des questions simples mais structurantes : qui parle, dans quel but, sur quelle base factuelle ? Avec l’essor des deepfakes, ces exercices incluent désormais l’observation des indices révélateurs d’un contenu généré par IA : incohérences visuelles, anomalies dans les visages, mouvements artificiels ou absence de sources vérifiables.
Les enseignants soulignent que cette démarche ne vise pas à développer une méfiance généralisée, mais au contraire à renforcer l’esprit critique et la capacité de discernement. Les élèves apprennent à confronter les informations, à identifier des médias fiables et à comprendre les mécanismes techniques derrière les contenus numériques.
Un effort collectif, au-delà de l’école
Cette politique éducative s’appuie aussi sur les médias finlandais eux-mêmes. Journaux, rédactions et institutions culturelles participent à des opérations nationales de sensibilisation, notamment à travers des semaines dédiées à la presse ou la diffusion de supports pédagogiques conçus pour les adolescents.
L’objectif est clair : maintenir un haut niveau de confiance dans l’information vérifiée, produite de manière transparente, à l’heure où les réseaux sociaux favorisent la viralité plutôt que la fiabilité.
La Finlande figure régulièrement en tête des classements européens en matière de résistance à la désinformation. Cette performance est souvent attribuée à la continuité de sa politique éducative, mais aussi à une culture civique qui valorise la responsabilité individuelle face à l’information.
Les autorités reconnaissent toutefois que l’avancée rapide des technologies d’intelligence artificielle pourrait rendre la détection des faux de plus en plus complexe. Si les deepfakes actuels restent encore imparfaits, leur amélioration constante impose une adaptation permanente des méthodes pédagogiques.
À l’heure où de nombreux pays peinent à contenir l’impact des campagnes de manipulation numérique sur leurs débats publics, l’exemple finlandais attire l’attention. Il montre qu’au-delà des réponses technologiques ou juridiques, la formation des esprits reste l’un des remparts les plus solides contre la désinformation, y compris à l’ère de l’intelligence artificielle.
Crédit photo : Grok IA
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.
6 réponses à “Désinformation, deepfakes, IA : comment la Finlande prépare ses enfants à l’ère du faux”
Merci pour cet article passionnant. Puisqu’on n’arrêtera pas le raz-de-marée de l’IA, il faut apprendre à vivre avec et découvrir comment en tirer le meilleur. Ce sera le rôle d’une nouvelle génération, car il est douteux que les générations nées voici plus d’une dizaine d’années parviennent à intégrer un bouleversement culturel d’une telle ampleur. L’évolution biologique n’a pas forgé notre cerveau pour cela. Déjà, il n’a pas de neurones prévus pour la lecture et l’écriture, ce qui rend difficile leur apprentissage, qui oblige à détourner des neurones de leur usage naturel. Alors, devenir conscient en permanence que ce qu’on voit et qu’on entend « vraiment » peut ne pas être vrai nécessite sûrement un apprentissage pénible ! L’humanité fait depuis longtemps appel à des contes pour mettre en garde les enfants (« p’tit Poucet, ne va pas dans la forêt ! ») ; il faut à nos enfants une nouvelle forme de contes… pour les mettre en garde contre d’autres contes.
Est-ce que l’ère du faux, télé, radio, cinéma, presse écrite, n’a pas commencé avant que l’on parle d’IA?
Il semblerait qu’on appel faux ce qui n’est pas contrôlé par l’appareil d’état et les instances supra-nationales.
Vivre avec un « outil » artificiel ? ou pas !
On peut aussi apprendre aux jeunes, à utiliser leur cerveaux, et boycotter l’IA. Car les gouvernements, aidés des médias, savent utiliser, justement les travers de l’IA, pour diffuser des informations mensongères :
Crise de la Dermatose Nodulaire : j’entends aux infos : méfiez-vous de ce qui tourne sur internet : une vidéo montrant un agriculteur pleurant a été analysée et résultat : les larmes avaient été ajoutées avec l’IA. Conclusion du journaliste : ne croyez pas tout… surtout ne croyez pas qu’un agriculteur ait pu pleurer en voyant son troupeau abattu. Et RIEN sur les agriculteurs qui ont réellement pleuré, ni sur ceux qui se sont suicidés (au moins) un), ou qui vont le faire, car être indemnisé de 5000 euros (le prix d’une vache) pour perdre son cheptel, son travail et sa vie, oui c’est horrible. mais les journalistes préfèrent se penscher sur les travers de lIA, et taire la réalité.
QUAND les gens comprendront-ils que dans « IA », il y a « artificiel » comme dans « arome artificiel » il y a « artificiel » ? quand les cerveaux seront grillés, faute de n’avoir su qu’ingurgiter ce que médias et états veulent leur faire ingurgiter ? ou devons nous lutter contre ce pseudo-outil, qui n’est en réalité qu’un outil de plus pour abêtir et avilir les gens, devons nous montrer que OUI nous pouvons vivre ET réfléchir sans l’IA, et que nos cerveaux Nous appartiennent … !
Bien sûr, si l’on en croit cet article, il n’est pas question de « résilience informationnelle » vis-à-vis des déclarations étatiques, et heureusement qu’on met à notre disposition des « médias » aptes à nous aider à démêler le vrai du faux! Mais, outre les pratiques archi-connues de manipulation politique, ces derniers, comme l’administration centrale et un paquet d’organismes qui la servent, utilisent eux-mêmes l’IA. Et tous ont recours à des services numériques internationaux dans lesquels l’IA est une composante technique. Combien d’enseignants s’en servent aussi pour préparer leurs cours? Etc. Dans l’internet, écrivent un tas de gens spécialisés qui, dans leur domaine au moins, sont au moins aussi informés, intelligents et compétents que les membres de l’appareil d’état ou les personnels dudit « service public de l’information ». Docteurs de toutes disciplines, ingénieurs, entrepreneurs à succès, journalistes étrangers, enquêteurs et tant d’autres professionnels de même niveau se comptent par dizaines de milliers dans notre société. Sans compter les témoins de ceci ou cela. C’est ça qui pose problème. L’article indique une clé d’explication de ce qui se trame actuellement dans nos régimes: En démocratie, comme dans la vie courante, la confiance se gagne ou se perd, et c’est en fonction d’elle que des élus sont reconduits ou remplacés. Ce qui suppose tout simplement que les citoyens se fassent leur opinion comme ils peuvent, les plus actifs profitant de la liberté d’information dont ils disposent pour diversifier et cibler leurs sources de jugement. Maintenant, la confiance est présentée comme une exigence primaire, un devoir de responsabilité « citoyenne », un dû aux gouvernants et à leurs « valeurs », une sorte de nécessité fonctionnelle stable, un objet d’ingénierie sociétale ou de gouvernance. Nos systèmes « occidentaux » glissent vers autre chose. Dans l’Europe fragilisée, les institutions et les hiérarchies durcissent leur défense, muraillent leur monopole, changent de ton, font évoluer la doctrine, radicalisent leurs méthodes.
On le fait aussi en France via le programme PIX au collège et au lycée, pour info.