Née le 2 octobre 1755 à Medfield, dans le Massachusetts, Hannah Adams appartient à cette génération d’Américains qui ont grandi dans l’ombre de la tradition puritaine et du savoir domestique, à une époque où l’enseignement formel restait largement inaccessible aux femmes. Issue d’un milieu modeste mais intellectuellement ouvert, elle bénéficie très tôt de l’environnement particulier créé par son père, Thomas Adams, surnommé « Book Adams », qui hébergeait des étudiants en théologie. Ce sont eux, et les ouvrages qu’ils apportaient, qui ouvrent à la jeune Hannah les portes de la culture religieuse, historique et classique.
Autodidacte, elle apprend le latin et quelques bases de grec auprès de ces pensionnaires et de précepteurs locaux. Dans la Nouvelle-Angleterre coloniale, ce mode d’apprentissage était courant, mais Hannah Adams s’en distingue par la rigueur qu’elle développe très tôt dans ses lectures. Elle ne se contente pas de lire : elle classe, compare, vérifie. Cette méthode deviendra la colonne vertébrale de toute son œuvre.
Une carrière fondée sur la synthèse et la rigueur
Dans les années 1780, elle découvre plusieurs ouvrages anglais consacrés aux religions, qu’elle juge incomplets et parfois biaisés. Plutôt que de polémiquer, elle entreprend un travail inédit : compiler méthodiquement les différentes confessions chrétiennes à partir de leurs propres doctrines. Le résultat paraît en 1784 sous le titre An Alphabetical Compendium of the Various Sects…, bientôt rebaptisé A View of Religions. L’ouvrage connaît un succès durable aux États-Unis et en Grande-Bretagne, imposant Hannah Adams comme une référence dans l’histoire religieuse comparée.
À une époque où la jeune nation américaine cherche à structurer son savoir, ses livres répondent à une attente claire : offrir de l’ordre, des comparaisons, des repères, sans militantisme ni dogmatisme. Elle devient ainsi une historienne de synthèse, plus soucieuse de transmettre que de convaincre.
Une historienne de la Nouvelle-Angleterre
En 1799, elle publie A Summary History of New-England, retraçant l’histoire politique et institutionnelle de la région, des premières colonies jusqu’à la Constitution américaine. Le travail est colossal : archives coloniales, documents officiels, récits contemporains. L’effort abîme durablement sa vue, au point qu’elle doit parfois dicter ses textes. Le livre rencontre pourtant un large public et sera même adapté pour les jeunes lecteurs.
Installée à Boston et dans ses environs, elle fréquente les bibliothèques, les imprimeurs, et obtient un accès exceptionnel à la bibliothèque de l’Athenaeum, bien qu’elle n’en soit pas membre. Elle échange avec des pasteurs, des historiens, des intellectuels, tout en restant financièrement précaire.
Une œuvre internationale et des combats juridiques
Au début du XIXe siècle, elle poursuit son travail avec The Truth and Excellence of the Christian Religion (1804), puis The History of the Jews (1812), vaste synthèse de l’histoire juive après la destruction de Jérusalem. Cet ouvrage sera même réédité à Londres, preuve de son rayonnement international.
Mais la reconnaissance ne protège pas des difficultés. Hannah Adams subit des litiges liés au droit d’auteur, notamment avec le géographe Jedidiah Morse, père du futur inventeur Samuel Morse. À une époque où la propriété intellectuelle reste floue, ces conflits limitent ses revenus. Des amis lui obtiennent finalement une rente modeste qui lui permet de continuer à écrire.
Une figure discrète, mais fondatrice
Lointaine parente du président John Adams, qu’elle rencontre parfois, Hannah Adams n’a jamais fondé sa réputation sur ce lien. Sa valeur repose sur son œuvre. En 1824, elle publie Letters on the Gospels, puis entreprend la rédaction de ses mémoires.
Elle meurt le 15 décembre 1831 à Brookline. Un journal évoque alors « l’une des figures littéraires les plus remarquables du pays ». Son autobiographie, publiée en 1832, offre le portrait d’une femme entièrement dévouée au savoir, à la lecture et à la transmission.
Hannah Adams incarne une Amérique intellectuelle naissante, encore brute, mais avide de structure et de sens. Femme de lettres sans université, historienne sans chaire, elle a pourtant contribué à bâtir les fondations de l’historiographie américaine moderne, à force de rigueur, de patience et de liberté d’esprit.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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