Une petite révolution silencieuse sur les routes françaises. En 2024, près de 7 millions de points ont été préservés sur les permis de conduire, conséquence directe de la suppression du retrait d’un point pour les dépassements de vitesse inférieurs à 5 km/h. Une mesure entrée en vigueur le 1er janvier 2024, dont l’impact réel vient d’être confirmé par les chiffres officiels publiés par l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR).
Selon ce bilan définitif, 11,7 millions de points ont été retirés aux conducteurs en 2024, soit 26 % de moins qu’en 2023. Une baisse spectaculaire qui ne doit rien au hasard. Elle résulte presque exclusivement de la fin de la sanction en points pour ces micro-dépassements, qui représentaient une part considérable des infractions constatées.
Une revendication portée depuis des années
Cette évolution n’est pas tombée du ciel. Elle est l’aboutissement d’un combat de longue haleine mené par la Ligue de Défense des Conducteurs (LDC). Dès 2022, l’association avait obtenu un chiffre révélateur du ministère de l’Intérieur : 58 % des excès de vitesse concernaient des dépassements inférieurs à 5 km/h. Autrement dit, plus d’une infraction sur deux relevait de variations minimes, souvent liées aux imprécisions des compteurs ou aux conditions de circulation.
Forte de ce constat, la LDC avait multiplié les démarches auprès des gouvernements successifs, soutenue par des parlementaires et des pétitions citoyennes. Si la suppression totale des sanctions n’a pas été retenue, l’abandon du retrait de point marque une première victoire concrète. Les amendes, en revanche, ont été maintenues.
6,9 millions de points préservés
Résultat : 6 974 686 points ont été sauvés en 2024, soit près de la moitié des points habituellement retirés pour excès de vitesse. Pour Nathalie Troussard, secrétaire générale de la LDC, cette mesure rétablit une forme d’équité :
« Elle a permis de rendre justice à des millions d’automobilistes pénalisés pour des écarts minimes. C’est une victoire du bon sens. »
Un succès qui conforte l’association dans son combat contre ce qu’elle qualifie de répression routière automatisée, largement fondée sur les radars.
79 % des conducteurs conservent leurs 12 points
Autre donnée intéressante : près de 80 % des Français disposent toujours de leurs 12 points, loin de l’image du conducteur irresponsable souvent véhiculée dans le débat public. Un chiffre qui relativise fortement le discours alarmiste des autorités.
Pour la LDC, la sécurité routière ne doit pas devenir un simple outil budgétaire.
« Nous resterons vigilants pour empêcher que la prévention ne se transforme en machine à cash », insiste Nathalie Troussard.
Cette réforme marque un tournant. Elle reconnaît implicitement l’absurdité de certaines pénalisations automatiques, déconnectées de toute notion réelle de danger. Une inflexion modeste, certes, mais qui montre que la pression citoyenne peut encore infléchir des politiques publiques devenues mécaniques.
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