Ruée sur l’or : en 2025, les banques centrales renforcent leurs réserves sur fond de tensions et d’incertitudes

L’année 2025 aura confirmé un mouvement de fond : l’or redevient un pivot stratégique pour de nombreux États. Selon des données compilées à partir des statistiques du World Gold Council (WGC), le métal jaune a profité d’un cocktail désormais familier – tensions géopolitiques, incertitudes économiques, inflation persistante et volatilité monétaire – au point de toucher, brièvement, un sommet historique : 4 381 dollars l’once en octobre 2025.

Ce niveau, inédit, a renforcé l’image de l’or comme valeur refuge. Résultat : les banques centrales ont continué d’acheter, même si le rythme serait moins spectaculaire que celui enregistré en 2024, déjà considérée comme une année record. Un chiffre résume l’état d’esprit : une enquête 2025 du WGC indique que 95 % des banques centrales interrogées envisagent d’augmenter leurs réserves d’or dans l’année à venir.

Pologne, Kazakhstan, Brésil : les acheteurs les plus offensifs

Parmi les pays les plus actifs, la Pologne occupe la première place en 2025 avec 82,67 tonnes achetées (données disponibles à fin d’année, hors éventuelles acquisitions de décembre). Varsovie poursuit une stratégie assumée : renforcer un stock national jugé protecteur dans un contexte régional durablement instable, marqué par les conséquences de la guerre en Ukraine. À ce stade, la Pologne totalise 530,90 tonnes, soit environ 25,6 % de ses réserves, et se situe au 12e rang mondial des détenteurs officiels.

Autre évolution notable : le Kazakhstan, après avoir vendu en 2024, repart à l’achat avec 40,97 tonnes ajoutées sur 2025. Le Brésil, longtemps discret, revient sur le marché en fin d’année : des acquisitions significatives en septembre et octobre, au-delà de 15 tonnes chaque mois, portent sa hausse annuelle à 31,48 tonnes.

La Chine, elle, avance à pas réguliers : 24,88 tonnes supplémentaires en 2025 après 44,2 tonnes en 2024. Pékin dépasse désormais 2 300 tonnes et consolide sa place de 6e détenteur mondial.

Turquie, Tchéquie, Bulgarie : des achats plus ciblés

D’autres pays apparaissent dans le peloton des acheteurs : Turquie (+26,68 tonnes), TchéquieIrakCambodgeGhanaGuatemala. À l’échelle plus modeste, l’Inde figure parmi les acheteurs « réguliers » (quelques tonnes), avec un élément très commenté : New Delhi a rapatrié environ 100 tonnes d’or depuis le Royaume-Uni, signe d’une volonté croissante de sécuriser physiquement les réserves.

Enfin, un cas attire l’attention : la Bulgarie revient à l’achat (2,05 tonnes) dans la perspective de l’adoption de l’euro en 2026, un calendrier qui incite souvent à rééquilibrer les réserves.

Pourquoi l’or explose : dollar, tensions, politique commerciale

La hausse de l’or en 2025 ne se résume pas à un seul facteur. Les auteurs de l’étude soulignent plusieurs moteurs : géopolitiqueinflation et affaiblissement du dollar. L’indice du dollar (DXY) est passé sous 103 fin septembre, sur fond d’anticipations de baisse de taux par la Réserve fédérale. Le durcissement des politiques commerciales américaines – notamment l’idée de nouveaux droits de douane – a également pesé sur la devise et ravivé l’attrait pour l’or.

Indicateur supplémentaire : l’ETF SPDR Gold Shares (GLD), souvent utilisé comme baromètre, affiche près de 60 % de performance depuis le début de l’année (au 10 décembre 2025), illustrant l’ampleur du mouvement.

Les banques, elles aussi, ont revu leurs prévisions : certaines maisons évoquent désormais des niveaux proches de 4 000 dollars l’once, alors que le franchissement des 3 000 dollars, attendu initialement en fin d’année, a eu lieu dès mars, avant une accélération vers 3 800 dollars en septembre.

Des vendeurs aussi : Singapour en tête, l’Ouzbékistan suit

Fait moins attendu : certains pays vendent, profitant parfois de la flambée pour arbitrer, faire de la liquidité ou ajuster leur portefeuille. Singapour arrive en tête des ventes nettes avec 15,24 tonnes cédées en 2025, après avoir été un acheteur marqué ces dernières années. L’étude souligne une forme de paradoxe : tout en allégeant ses stocks officiels, la cité-État se positionne comme plateforme majeure de stockage privé, prisée des grandes fortunes.

Derrière, l’Ouzbékistan enregistre une baisse nette de 11,82 tonnes, dans une logique de gestion active (achats et ventes), tandis que la Russie recule de 6,22 tonnes après une longue période d’accumulation. L’Allemagne réduit légèrement (–1,28 tonne), une tendance décrite comme régulière depuis des années.

Les plus gros détenteurs : États-Unis, Allemagne, Italie… et la France dans le top 5

Au classement des réserves officielles, rien ne bouge en tête : les États-Unis restent numéro un avec 8 133,46 tonnes (plus de 80 % de leurs réserves). L’Allemagne suit avec 3 350,25 tonnes, puis l’Italie (2 451,84). La France demeure un acteur central avec 2 437 tonnes, devant la Russie (2 326,52). La Chine, la Suisse, l’Inde, le Japon et la Turquie complètent le haut du tableau.

L’étude rappelle toutefois une limite : tous les pays ne déclarent pas officiellement leurs réserves, ce qui peut introduire des écarts.

Si l’on regarde non plus le total, mais la quantité théorique par habitant, l’image change radicalement. La Suisse domine largement, avec près de 116 grammes par citoyen (environ 3,7 onces). À l’inverse, les États-Unis, malgré leur masse d’or, n’arrivent qu’autour de 23 grammes par habitant. L’étude cite aussi le Liban, l’Italie et l’Allemagne parmi les pays très hauts dans cette lecture “par tête”.

Et ceux qui n’ont… plus d’or : Canada et Norvège

Dernier point frappant : quelques pays importants n’ont plus d’or dans leurs réserves officielles. Le cas du Canada est souvent cité : la banque centrale a entièrement vendu son stock au fil des décennies. La Norvège, elle aussi, a quasiment tout cédé, ne conservant que quelques lingots et pièces à des fins patrimoniales.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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