Ennui : et si “ne rien faire” était vital pour le cerveau, surtout à l’ère du smartphone ?

Vous le connaissez, ce moment étrange : rien de grave, rien d’urgent… et pourtant une irritation qui monte, une impatience, l’envie de “checker” quelque chose, n’importe quoi. Le réflexe est presque automatique : on attrape le téléphone avant même d’avoir compris ce qui se passe.

Selon des travaux relayés par le neuroscientifique James Danckert, spécialiste du sujet, l’ennui n’est pas un défaut moral ni une faiblesse d’attention. C’est plutôt un signal biologique, une sorte de boussole interne : quand ce que l’on fait n’a plus de sens, le cerveau déclenche une agitation, comme un appel à changer de cap. Le problème, c’est que la vie moderne offre une solution immédiate pour étouffer ce signal : la stimulation numérique permanente.

L’ennui n’est pas de la paresse : c’est un “appel à l’action”

Dans cette lecture, l’ennui ne signifie pas “je ne vaux rien” ou “je suis incapable de me concentrer”. Il dit autre chose : “ce que je fais ne m’engage plus”. Danckert parle d’un appel à l’action. Le corps lui-même le traduit : agitation, besoin de bouger, irritabilité. Cette énergie, en théorie, est censée nous pousser vers quelque chose de plus satisfaisant, plus cohérent avec nos envies réelles.

Sauf que le smartphone court-circuite le processus. Au lieu de chercher une activité réellement nourrissante, on se sert d’un shoot rapide : notification, vidéo, fil infini, “juste deux minutes” qui deviennent trente. On ne sort pas de l’ennui : on le recouvre.

Pourquoi le numérique rend parfois plus vide… même quand il occupe

Un point important du texte anglais : la stimulation digitale ne “soigne” pas forcément l’ennui. Elle peut même l’aggraver. Une étude publiée en 2024 dans Communications Psychology indique que l’usage intensif des médias numériques et le zapping rapide entre contenus peuvent affaiblir l’attention soutenue et augmenter la fatigue mentale. Résultat paradoxal : on est diverti, mais plus dispersé, plus “numb”, plus vide.

C’est ce que beaucoup de parents observent chez les enfants : dès qu’on retire l’écran, l’ennui explose, accompagné d’irritabilité. Comme si le cerveau avait été conditionné à une perfusion de nouveauté. Chaque notification agit alors comme une petite récompense, renforçant l’habitude de vérifier, scroller, chercher un stimulus.

Le texte compare ce mécanisme à celui des machines à sous : des récompenses variables, imprévisibles, qui dopent l’anticipation et capturent l’attention bien plus efficacement qu’un plaisir stable.

La “default mode network” : le cerveau a besoin de vide

Quand on pose le téléphone, un autre mode se met en route : le réseau du mode par défaut (default mode network). C’est une activité cérébrale typique des moments où l’on n’est pas focalisé sur une tâche extérieure : rêverie, digestion des souvenirs, tri mental, projection vers l’avenir, introspection.

C’est là que ça devient contre-intuitif : “ne rien faire” n’est pas une absence d’activité, c’est une activité intérieure. Couper sans cesse ces moments par des micro-stimuli reviendrait à empêcher ce travail de fond : attention plus morcelée, mémoire moins consolidée, fatigue mentale accrue.

Le texte nuance cependant : si on coupe l’écran, on peut aussi tomber dans la rumination (tourner en rond dans ses pensées). Mais l’idée centrale reste que le vide est un espace de régulation et de réorientation, pas un trou à combler immédiatement.

Le but de l’ennui : disparaître… mais pas par la distraction

Danckert résume la chose de manière simple : le but de l’ennui est de s’éliminer lui-même. Mais pas en se noyant dans du contenu. En nous poussant vers une action plus juste, plus engageante, plus “à nous”.

La clé serait d’apprendre à repérer tôt les signaux : agitation physique, impatience, humeur qui se crispe, besoin de bouger. Ce ne sont pas des défauts : ce sont des informations. La question devient alors : est-ce qu’on écoute, ou est-ce qu’on anesthésie ?

“Boredom breaks” : s’autoriser de petites doses de vide

Le texte propose une approche très concrète : instaurer de courtes “pauses d’ennui” volontaire. Quelques minutes où l’on accepte le silence, l’inoccupation, sans chercher tout de suite un écran. L’idée n’est pas de devenir moine. Juste de redonner au cerveau l’espace nécessaire pour que le signal ressorte.

Cinq à dix minutes assis sans rien faire, une marche sans téléphone, regarder par la fenêtre. Des gestes simples, mais qui peuvent casser l’automatisme du “compulsive checking” et rendre l’humeur plus stable, l’attention plus claire, la motivation plus accessible.

La méthode du “top 5” : préparer des sorties de secours personnelles

Autre proposition utile : préparer à l’avance une liste très courte de cinq activités “à vous”, modestes mais significatives. Pas des listes génériques trouvées sur Internet. Des choses qui correspondent à vos valeurs : gratter trois accords à la guitare, jardiner dix minutes, dessiner, écrire quelques lignes, ranger un tiroir, appeler quelqu’un qu’on repousse depuis des semaines.

L’ennui devient alors un aiguillage : au lieu de partir dans le scroll, il pousse vers une action petite mais réelle, qui redonne une sensation de contrôle et de sens.

Au fond, se pose une question très actuelle : et si l’ennui était l’un des derniers espaces où le cerveau tente encore de nous ramener vers quelque chose de vivant ? Dans une époque saturée d’images et de stimulations, “ne rien faire” quelques minutes pourrait redevenir un acte de santé mentale ordinaire, presque subversif, parce qu’il oblige à écouter ce qui remonte.

Photo : Pixabay (cc)

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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