De nouveaux documents internes du Crown Prosecution Service (CPS) britannique jettent une lumière crue sur les conditions dans lesquelles a été poursuivie Lucy Connolly, une assistante maternelle condamnée à trente et un mois de prison pour un message publié sur le réseau social X après les meurtres de trois enfants à Southport, en juillet 2024. Ces révélations alimentent aujourd’hui les accusations de traitement politique et de disproportion pénale.
Selon les éléments obtenus par Connolly dans le cadre d’une demande d’accès à ses données personnelles, sa mise en accusation pour « incitation à la haine raciale » a été traitée comme une « décision de poursuite en urgence », un dispositif rarement utilisé, généralement réservé à des affaires sensibles relevant de l’antiterrorisme. Dans ce cadre, l’autorisation formelle du procureur général, Lord Hermer, aurait été obtenue en moins de douze heures, un vendredi soir.
Un message supprimé, mais lourdement sanctionné
Le message incriminé, publié dans un contexte d’émotion nationale extrême après les meurtres de Southport, appelait notamment à des expulsions massives et évoquait les hôtels hébergeant des demandeurs d’asile. Lucy Connolly y exprimait également son écœurement face au drame vécu par les familles endeuillées. Le message a été supprimé dans les quatre heures, mais avait déjà été consulté plus de 300 000 fois.
Interpellée début août 2024, Connolly a été inculpée quelques jours plus tard, avant d’être condamnée à une peine de prison ferme. Une sévérité judiciaire qui, depuis, suscite de vives critiques, tant sur le fond que sur la forme.
Une accélération judiciaire documentée
Les courriels internes du CPS montrent que les procureurs ont explicitement invoqué la nécessité d’agir vite, en raison des troubles survenus après les meurtres et des risques de nouvelles émeutes. Le dossier a été transmis à des procureurs spécialisés en contre-terrorisme, qui ont obtenu l’aval du procureur général dans des délais extrêmement courts, afin de permettre une comparution immédiate.
Officiellement, les autorités justifient cette célérité par l’existence de directives nationales visant à dissuader toute flambée de violence ou de discours incendiaires dans un contexte post-émeutes. Le ministère public assure que la procédure suivie était conforme au droit et identique à celle appliquée à d’autres affaires comparables.
Accusations de justice politique
Ces explications peinent toutefois à convaincre une partie de la classe politique et des défenseurs des libertés publiques. Plusieurs responsables de l’opposition estiment que Lucy Connolly a servi d’exemple, voire de bouc émissaire, afin d’envoyer un signal politique fort.
Des comparaisons ont été établies avec d’autres affaires pénales récentes, jugées beaucoup moins sévèrement, alimentant le sentiment d’un deux poids, deux mesures. Certains soulignent notamment que des infractions graves, y compris des crimes sexuels, ont parfois donné lieu à des sanctions moins lourdes que celle infligée à Connolly pour un message en ligne.
Le directeur de la Free Speech Union, Free Speech Union, a qualifié la procédure accélérée de « troublante », mettant en cause les priorités de l’État en matière de poursuites pénales. Il pointe également la lenteur observée dans d’autres dossiers très médiatisés, renforçant le soupçon d’un traitement différencié selon la nature idéologique des affaires.
Au-delà du cas individuel de Lucy Connolly, cette affaire cristallise un débat plus large au Royaume-Uni sur les limites de la liberté d’expression, le rôle des réseaux sociaux et l’intervention directe de l’exécutif – via le procureur général – dans certaines décisions judiciaires sensibles.
Si le gouvernement nie toute ingérence et affirme que les poursuites ont été menées de manière indépendante, la publication de ces documents internes fragilise ce discours. Elle pose, une fois encore, la question de l’équilibre entre maintien de l’ordre public, émotion collective et respect des principes fondamentaux de proportionnalité et de liberté d’opinion dans un État de droit.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Affaire Lucy Connolly : une procédure judiciaire accélérée qui relance le débat sur la liberté d’expression au Royaume-Uni”
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