Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner une proposition visant à accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales aux étrangers non ressortissants de l’Union européenne, l’opinion publique demeure largement défavorable à une telle évolution.
D’après une enquête d’opinion réalisée par l’institut CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD, 71 % des Français interrogés se déclarent opposés à l’extension du droit de vote municipal aux étrangers extra-européens résidant en France. Seuls 29 % y sont favorables. Un écart net qui confirme une tendance déjà observée lors de précédentes consultations sur le sujet.
Une opposition majoritaire dans toutes les catégories
Le rejet de la mesure apparaît relativement stable entre les hommes et les femmes, autour de 70 %. Les différences se manifestent davantage selon les générations. Les moins de 35 ans se montrent plus ouverts que leurs aînés, mais sans constituer une majorité favorable. Chez les 50 ans et plus, l’opposition dépasse les trois quarts des sondés.
Les écarts se retrouvent également selon la situation socioprofessionnelle. Les catégories populaires et les inactifs se déclarent plus massivement opposés que les catégories supérieures, même si ces dernières restent, elles aussi, majoritairement défavorables à la réforme.
Sans surprise, la proximité partisane influe fortement sur les réponses. Les sympathisants des formations de gauche se montrent globalement plus favorables à l’octroi du droit de vote local aux étrangers non européens, avec toutefois des nuances internes importantes.
À l’inverse, dans les électorats situés au centre, à droite et à droite nationale, l’opposition est très nette et souvent écrasante. Le sujet apparaît ainsi comme l’un des marqueurs les plus clivants du débat politique contemporain, mêlant questions d’immigration, de citoyenneté et de souveraineté.
Un débat ancien, jamais tranché
La question du droit de vote des étrangers aux élections locales ne date pas d’hier. Elle avait été évoquée dès les années 1980, notamment sous la présidence de François Mitterrand, puis remise sur la table à plusieurs reprises, sans jamais aboutir.
Depuis le traité de Maastricht en 1992, les citoyens de l’Union européenne résidant en France peuvent participer aux élections municipales et européennes. En revanche, les ressortissants de pays tiers demeurent exclus de ce droit, sauf naturalisation.
Toute réforme en ce sens supposerait une révision constitutionnelle, et donc la tyranne d’une minorité non élue. À ce stade, le contraste entre l’initiative portée à l’Assemblée et l’état de l’opinion semble marqué. Le débat à venir promet donc d’être aussi politique que symbolique, au moment où la question migratoire reste au cœur des préoccupations d’une partie significative des Français.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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