Bien que mondialement connu pour s’immiscer dans les affaires des pays tiers, Emmanuel Macron n’aime pas que les autres en fassent de même, ou qu’ils osent simplement commenter ce qu’il se passe dans l’Hexagone, n’hésitant pas à accuser Giorgia Meloni d’ingérence, et lui suggérant de « rester chez elle ». La dirigeante romaine a réagi, livrant une réponse politique et réfléchie, à l’opposé du comportement immature de notre président.
Aux lendemains du meurtre de Quentin, la présidente du Conseil publiait un commentaire sur X avec la photo du martyr :
» L’assassinat du jeune Quentin Deranque en France est un fait profondément bouleversant et douloureux .
La mort d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, agressé par des groupes d’extrême gauche et emporté par un climat de haine idéologique qui règne dans plusieurs nations, est une blessure pour toute l’Europe.
Aucune idée politique, aucune opposition idéologique ne peut justifier la violence ou transformer le débat en agression physique. Lorsque la haine et la violence remplacent le dialogue, c’est toujours la démocratie qui perd. «
L’uccisione del giovane Quentin Deranque in Francia è un fatto che sconvolge e addolora profondamente.
La morte di un ragazzo poco più che ventenne, aggredito da gruppi riconducibili all’estremismo di sinistra e travolto da un clima di odio ideologico che attraversa diverse… pic.twitter.com/F7vzDhT9X8— Giorgia Meloni (@GiorgiaMeloni) February 18, 2026
N’importe quel observateur politique sait qu’il ne s’agit pas là d’une critique ciblée envers la France. Giorgia Meloni n’a en effet jamais oublié les victimes du terrorisme rouge, et malgré les ires de la gauche et de la droite molle, chaque année, elle a un mot ou une pensée les morts d’Acca Larenzia et pour Sergio Ramelli, à qui elle a même dédiée une vidéo officielle, prouvant que le thème lui tient particulièrement à cœur.
Ignare de cette histoire politique italienne et insensible qu’il est au culte des morts, Emmanuel Macron ne peut donc pas comprendre la récente publication de Giorgia Meloni relative à la tragique disparition de Quentin. Et alors qu’il se trouve à des milliers de kilomètres de là, occupé à vendre de l’armement en Inde, il a tout bonnement exhorté l’Italienne à se mêler de ses affaires :
« Je suis toujours frappé de voir que des gens qui sont nationalistes, qui ne veulent pas qu’on les embête chez eux sont toujours les premiers à commenter ce qui se passe chez les autres. Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés»
Interviewée sur la chaîne de télévision Sky TV, Giorgia Meloni est revenue sur cette injonction. Un ton digne et une analyse politique, à des années-lumière de l’attitude adolescente du président de la République française :
« Franchement, j’ai été très surprise par cette déclaration de Macron, je ne m’y attendais pas. Parce que ma réflexion n’est pas relative spécifiquement à la France. J’ai fait une réflexion sur la façon dont l’affrontement politique se polarise dans les grandes démocraties occidentales.
Je vois un climat qui ne me plaît pas, en Italie, en France, aux États-Unis. J’avais aussi commenté le meurtre de Charlie Kirk, et non pas par volonté d’interférer dans les affaires des autres, mais parce que je crois que c’est là une réflexion que les classes dirigeantes doivent faire sur la façon dont on combat un climat qui peut nous ramener quelques décennies en arrière, une histoire que l’Italie a très bien connue [les années de plomb] et que la France connaît d’ailleurs très bien elle aussi, ayant offert l’asile politique à nombre de brigades rouges pendant des décennies. Donc je veux dire, je n’ai pas vécu cela comme une ingérence. »
« Je regrette que Macron la vive comme une ingérence. Je pense que l’ingérence est autre chose. Je pense que l’ingérence est, par exemple, lorsqu’un leader est élu chef du gouvernement par ses citoyens, et qu’un État étranger lui dit ‘nous veillerons à ce que l’État de droit soit respecté, ça, c’est une ingérence« , a-t-elle ajouté en se référant aux propos de Laurence Boone, l’ex-ministre des Affaires européennes qui avait déclaré que Paris serait « très vigilant » sur le respect de l’État de droit en Italie si Meloni était élue.
Et de finir : « Intervenir en exprimant qui plus est sa solidarité avec le peuple français sur une question qui nous concerne tous, ce n’est pas de l’ingérence. Je regrette donc que Macron ne l’ait pas compris. »
Lorsque l’on se remémore les nombreuses moqueries et humiliations, qu’elles soient politiques ou personnelles, qu’il a subies de la part de Donald Trump et auxquelles il n’a jamais voulu répliquer, cette réaction d’Emmanuel Macron est en effet bien regrettable.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.