Le bras de fer entre une magistrature idéologisée et le gouvernement de droite italien atteint actuellement son paroxysme. C’est en matière de politique migratoire que les frictions sont les plus sensibles : des juges font barrage à toutes les actions de l’exécutif, jusqu’à l’absurde. Un absurde qui culmine avec le rapatriement en Italie et la remise en liberté de dangereux criminels qui avaient été envoyés dans le centre pour migrants d’Albanie pour que soit traitée leur demande d’asile. Giorgia Meloni a exposé au grand jour le profil des criminels visés, et c’est sidérant.
Dans une allocution au Sénat, Giorgia Meloni attaque à nouveau la magistrature qui a décidé du renvoie en Italie de dangereux clandestins condamnés pour des crimes d’une extrême gravité sur le territoire national, dénonçant que :
« Les ordonnances de révocation des détentions en Albanie ne cessent pas.
Comme cela s’est produit dans le cas récent des migrants en situation irrégulière condamnés pour trafic de drogue, résistance à un officier public, violence sexuelle en réunion, et – il est désolant de devoir le dire – violence sexuelle sur mineur, qui, selon les juges ne peuvent ni être détenus ni expulsés parce qu’ils ont instrumentalisé une demande de protection internationale. »
Le quotidien italien La Verità a enquêté sur le profils de ces criminels étrangers :
- Fathallah Ouardi, marocain, 39 ans. Condamné pour : violences sexuelles en réunion, trafic de stupéfiants, résistance à un officier public . Les précédents, listés chronologiquement, illustrent un parcours criminel sidérant : trafic de drogue entre 2014 et 2015, immigration clandestine en 2015, séjour illégal en Italie en 2016, vol en 2017, violences sexuelles en réunion 2018, nouvel épisode de trafic de stupéfiant en 2025. Il fait une demande de protection internationale : les juges ordonnent son retour en Italie.
- Mehdi El Antaky, marocain, 22 ans. Condamné pour meurtre en 2022 (mineur à l’époque des faits). En 2023, le délit est requalifié en coups et blessures et port d’armes ou objets offensants. Parmi les précédents figurent également l’entrée et le séjour illégaux en 2021, résistance à l’agent public en 2022, immigration clandestine en 2023 et résistance à l’agent public en 2025. Transféré à Gjader. Les juges ordonnent son retour en Italie.
- Abdelkrim Chaine, Marocain, 66 ans. Une condamnation à 2 ans de prison pour violence sexuelle sur mineur de 14 ans. Transféré à Gjader en attendant d’être rapatrié au Maroc. Il fait une demande de protection internationale : les juges ordonnent son retour en Italie.
- Moustapha Lachger, marocain, 49 ans. Parmi les infractions figurent : violence sexuelle en réunion, trafic de stupéfiants, coups et blessures, enlèvement, vol, vol aggravé, entrée et séjour illégaux sur le territoire italien, évasion, résistance à un officier public, la fausse attestation d’identité personnelle, port d’armes ou d’objets susceptibles d’offenser, menaces et actes de harcèlement, extorsion aggravée, conduite en état d’ébriété et sous l’effet de stupéfiants. Transféré à Gjader. Il fait une demande de protection internationale : les juges ordonnent son retour en Italie.
- Ahmed Aittorka, marocain, 33 ans. Une condamnation pour violence sexuelle et une pour vol aggravé. À celles-ci s’ajoutent l’entrée et le séjour illégaux sur le territoire de l’État, dommages et recel. Transféré à Gjader. Il fait une demande de protection internationale : les juges ordonnent son retour en Italie.
- Mohamed Errami, Marocain, 27 ans. Une condamnation pour vol. Mais la liste des antécédents policiers est plus longue : résistance à un agent public, coups et blessures, tentative de cambriolage, immigration clandestine, violence ou menace envers un fonctionnaire. Transféré à Gjader. Il fait une demande de protection internationale : les juges ordonnent son retour en Italie.
- Assane Thiaw, 27 ans, Sénégalais. Antécédents de violence, de résistance à un officier public, de blessures corporelles et de dommages. Il est resté neuf mois dans le CPR de la via Corelli à Milan avant d’être transféré à Gjader. Jugé inapte au séjour dans une communauté restreinte pour des raisons de santé mentale, les magistrats ordonnent son retour en Italie avec ordre de quitter le pays dans les sept jours. Depuis, il est introuvable.
À dix jours du référendum sur la réforme constitutionnelle du système judiciaire dont l’enjeu est de dépolitiser autant que faire se peut la magistrature, de telles décisions de justice qui défient l’entendement pourraient faire basculer la balance en faveur de la réforme tant attendue par le gouvernement de centre-droit.
Audrey D’aguanno
Photo d’illustration : La Verità
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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