Mélatonine : une prise prolongée associée à un risque accru d’insuffisance cardiaque

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Une étude américaine de grande ampleur révèle que les utilisateurs réguliers de ce complément alimentaire populaire présentent un risque nettement plus élevé de développer des problèmes cardiaques. Les chercheurs appellent à la prudence.

Présentée comme un remède naturel et inoffensif contre les troubles du sommeil, la mélatonine jouit d’une réputation rassurante auprès du grand public. Une vaste étude américaine vient pourtant ébranler cette image : les personnes qui en consomment régulièrement sur une longue période s’exposeraient à des risques cardiovasculaires significatifs.

Un risque d’insuffisance cardiaque quasi doublé

Les résultats, présentés début novembre lors du congrès scientifique de l’American Heart Association, reposent sur l’analyse des données de plus de 130 000 adultes souffrant d’insomnie chronique. Les conclusions sont préoccupantes.

Les patients ayant pris de la mélatonine pendant un an ou plus présentaient un risque d’insuffisance cardiaque supérieur de 90 % sur cinq ans par rapport à ceux qui n’en consommaient pas. Concrètement, 4,6 % des utilisateurs réguliers ont développé une insuffisance cardiaque, contre 2,7 % des non-utilisateurs.

Plus inquiétant encore : les consommateurs de mélatonine au long cours étaient plus de trois fois plus susceptibles d’être hospitalisés pour des problèmes cardiaques. Leur risque de décès, toutes causes confondues, était également presque deux fois plus élevé. Durant la période d’étude, 7,8 % des utilisateurs réguliers sont décédés, contre 4,3 % des non-utilisateurs.

« Ne pas supposer qu’un produit est sans risque parce qu’il est naturel »

« Le message n’est pas que la mélatonine est « mauvaise » ou que tout le monde devrait arrêter d’en prendre », tempère le Dr Ekenedilichukwu Nnadi, médecin résident à l’Université SUNY Downstate et auteur principal de l’étude. « C’est que nous ne devrions pas supposer qu’un produit est sans risque simplement parce qu’il est naturel ou vendu sans ordonnance. »

Le chercheur souligne que l’étude est observationnelle et ne prouve pas un lien de causalité direct. Les personnes qui prennent de la mélatonine chaque soir souffrent peut-être d’une forme d’insomnie plus sévère, laquelle pourrait elle-même augmenter les risques cardiaques. Néanmoins, l’ampleur de l’étude et la rigueur de la méthodologie rendent ces résultats difficiles à ignorer.

Une consommation en forte hausse

L’usage de la mélatonine a plus que doublé au cours de la dernière décennie aux États-Unis, où environ 12 % de la population adulte souffre d’insomnie chronique. Des millions de personnes en consomment quotidiennement, souvent pendant des mois, voire des années.

Contrairement aux médicaments sur ordonnance, les compléments de mélatonine ne sont pas strictement réglementés. Une étude a révélé que la quantité réelle de mélatonine dans les produits vendus pouvait varier considérablement par rapport à ce qui figure sur l’étiquette — de 83 % de moins à 478 % de plus. Certains consommateurs pourraient ainsi ingérer des doses bien supérieures à ce que l’organisme peut tolérer.

Des effets sur le cœur encore mal compris

La mélatonine, hormone naturellement produite par le corps la nuit, régule le cycle veille-sommeil. Elle influence également, de manière modeste, la pression artérielle et le rythme cardiaque lors de la transition vers le repos.

Paradoxalement, de précédentes études avaient associé la mélatonine à des bénéfices cardiovasculaires chez des patients souffrant déjà de problèmes cardiaques. Mais ces travaux portaient sur des échantillons restreints, des durées courtes et des formulations pharmaceutiques pures, bien différentes des compléments alimentaires disponibles en vente libre.

« Notre étude est différente », précise le Dr Nnadi. « Nous avons observé une utilisation en conditions réelles : des compléments pris chaque nuit pendant des années, dans des populations diverses, avec des dosages et une qualité de produit variables. »

L’insomnie elle-même est associée à une inflammation accrue, une pression artérielle nocturne élevée et des modifications des hormones de stress comme le cortisol — autant de facteurs qui peuvent fragiliser le cœur sur le long terme.

Une réglementation plus stricte ailleurs qu’aux États-Unis

La situation réglementaire varie considérablement selon les pays. Aux États-Unis, la mélatonine s’achète librement en pharmacie ou en supermarché, sans aucune prescription. Au Royaume-Uni, en Australie et dans l’Union européenne, elle n’est disponible que sur ordonnance et uniquement pour un traitement à court terme de l’insomnie.

Marie-Pierre St-Onge, chercheuse spécialisée dans le sommeil à l’Université Columbia, s’est dite surprise que certains patients se voient prescrire de la mélatonine pendant plus d’un an. « La mélatonine, du moins aux États-Unis, n’est pas indiquée pour le traitement de l’insomnie », rappelle-t-elle. « Les gens doivent savoir qu’elle ne devrait pas être prise de façon chronique sans indication appropriée. »

Les recommandations des spécialistes

Les médecins du sommeil conseillent généralement de commencer par la dose efficace la plus faible — entre 0,5 et 1 milligramme — prise une à deux heures avant le coucher, et ce pour une durée maximale d’un à trois mois. Les effets à long terme restent méconnus.

La mélatonine peut provoquer des effets secondaires courants comme des maux de tête ou des vertiges, et interagir avec certains médicaments, notamment les anticoagulants.

Une insomnie persistante peut par ailleurs signaler un problème sous-jacent : apnée du sommeil, syndrome des jambes sans repos, dépression ou douleurs chroniques. Consulter un spécialiste permet d’identifier la cause réelle et d’explorer des solutions adaptées.

« Pour les personnes qui utilisent la mélatonine occasionnellement ou à court terme, cela peut encore convenir », conclut le Dr Nnadi. « Mais pour ceux qui en prennent chaque nuit depuis des années, surtout s’ils présentent des facteurs de risque cardiovasculaire, il vaut la peine d’en parler avec son médecin. Nous devons traiter les compléments alimentaires avec la même prudence et le même esprit critique que les médicaments sur ordonnance. »

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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2 réponses à “Mélatonine : une prise prolongée associée à un risque accru d’insuffisance cardiaque”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    Mieux vaut consommer un produit inventé par BigPharma avec effets secondaires assurés donc nécessité d’un autre produit et le tout sur ordonnance…que d’études, que d’études…

  2. Gino dit :

    Merci pour ces infos et mises en garde.

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