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9 %. C’est la part des salariés français de 55 à 64 ans qui estiment disposer pleinement des compétences nécessaires pour progresser dans leur carrière au cours des 3 prochaines années. Chez les 18-26 ans, la proportion monte à 25 %. Dans le monde, l’écart est bien plus resserré : 18 % chez les plus âgés, 29 % chez les plus jeunes. C’est l’un des enseignements de l’étude internationale « People at Work 2026 », menée par l’institut de recherche du groupe ADP auprès de 39 153 actifs dans 36 pays, dont 1 051 en France.
Alors que 5 générations cohabitent désormais dans les entreprises, la France se distingue par des fractures particulièrement marquées. Elle figure parmi les pays où la confiance des salariés dans leurs compétences s’effondre le plus avec l’âge, et parmi ceux où les salariés proches de la retraite se sentent le plus fragiles financièrement.
Une confiance qui s’effrite avec l’âge
Les jeunes Français affichent pourtant un optimisme supérieur à celui de leurs voisins : 25 % des 18-26 ans se disent bien armés pour évoluer, contre 21 % en moyenne européenne pour la même tranche d’âge. Mais la confiance recule nettement ensuite. Elle tombe à 16 % chez les 40-54 ans, puis à 9 % chez les 55-64 ans. Seules la République tchèque, à 8 %, et les Pays-Bas, à 6 %, font moins bien en Europe pour cette génération. La moyenne mondiale est de 18 %.
Le pessimisme est d’ailleurs européen. Tous âges confondus, 18 % des salariés du continent se jugent suffisamment compétents pour progresser, contre 26 % dans le monde.
Le sentiment d’abandon nourrit ce constat. Seuls 12 % des salariés français sont tout à fait d’accord pour dire que leur entreprise investit suffisamment dans les compétences dont ils ont besoin. Chez les 55-64 ans, la proportion chute à 8 %, contre 17 % chez les 27-39 ans.
6 % des seniors satisfaits de leurs finances
L’argent creuse lui aussi le fossé. Dans le monde, 10 % des 55-64 ans jugent leur situation financière très bonne, près de 2 fois moins que les 18-26 ans et les 27-39 ans, à 19 % chacun. En France, ils ne sont que 6 %, contre 14 % des 27-39 ans et 12 % des 18-26 ans. C’est l’un des plus faibles taux d’Europe pour cette tranche d’âge, avec la République tchèque (3 %) et l’Italie (5 %).
Tous âges confondus, 11 % des salariés français se disent dans une très bonne situation financière, contre 16 % dans le monde.
Changer d’emploi, de plus en plus difficile après 55 ans
La mobilité professionnelle inquiète surtout les plus âgés. 19 % des salariés français de 55 à 64 ans estiment qu’il est devenu beaucoup plus difficile de changer de poste au cours des 12 derniers mois, soit la proportion la plus élevée de toutes les générations. Chez les 18-26 ans, elle n’est que de 10 %.
Le stress quotidien recule, mais reste le plus élevé d’Europe
La part des salariés français qui ressentent un stress négatif chaque jour a été divisée par près de 2 en 2 ans, passant de 19 % à 10 %. La France reste pourtant le pays européen où ce stress quotidien est le plus répandu, devant l’Autriche, la République tchèque, la Pologne et l’Espagne, toutes à 8 %.
Là encore, les seniors sont les plus exposés. 11 % des 55-64 ans déclarent un stress négatif quotidien, contre 10 % chez les 18-26 ans et les 40-54 ans et 8 % chez les 27-39 ans. Les jeunes subissent en revanche un stress plus diffus mais répété : 35 % des 18-26 ans disent en ressentir de 2 à 6 épisodes par semaine, contre 18 % des 55-64 ans. À l’inverse, 71 % des seniors n’en connaissent pas plus d’un par semaine, contre 56 % des plus jeunes.
Des seniors moins épaulés par leurs managers
Les salariés français les plus âgés cumulent ce stress quotidien avec le plus faible soutien au travail. 14 % des 55-64 ans estiment recevoir l’aide nécessaire de leurs collègues, contre 18 % des 18-26 ans. Le décalage est encore plus net avec la hiérarchie : 11 % se disent soutenus par leur manager, contre 21 % des 27-39 ans et 15 % des 18-26 ans.
Le tableau mondial est très différent. Ailleurs, les salariés de 55 à 64 ans apparaissent comme les plus sereins : 32 % ne connaissent pas plus d’un épisode de stress négatif par mois, contre 18 % des 27-39 ans et 13 % des 18-26 ans. Ils sont aussi les plus nombreux à trouver du sens à leur travail et à s’y sentir engagés, avec 31 %, contre 22 % des 18-26 ans et 26 % des 27-39 ans et des 40-54 ans.
L’intelligence artificielle en toile de fond
Pour l’économiste en chef du groupe, Nela Richardson, l’intelligence artificielle « redéfinit le travail à l’échelle des tâches ». Elle invite les entreprises à adapter leur accompagnement à chaque étape de carrière : payer les salariés justement et à l’heure, et financer des formations adaptées à chacun. Le président du groupe pour la France et l’Europe centrale, Carlos Fontelas de Carvalho, juge urgent d’adopter une approche plus personnalisée. Il cite le mentorat entre générations comme piste, alors que les carrières s’allongent.
L’enquête repose sur un échantillon aléatoire stratifié par âge et par sexe. Elle couvre des salariés de tous secteurs, niveaux de qualification et tailles d’entreprise, sur site comme à distance.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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