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Chaque automne, la même bataille se prépare. Les virus de l’hiver frappent aux portes, et chacun sort son arsenal : vitamines, minéraux, remèdes de grand-mère. Parmi les produits qui gagnent du terrain dans les rayons figurent les compléments à base de champignons, regroupés sous le nom de mycothérapie. L’engouement est récent en France, mais il repose sur une réalité biologique ancienne : peu d’organismes entretiennent avec notre système immunitaire une relation aussi étroite que le règne fongique.
La ciclosporine et les greffes
Les champignons sont capables d’agir sur nos défenses dans 2 directions opposées. Dans les années 1970, la découverte de la ciclosporine a bouleversé la transplantation d’organes. Cette molécule, produite par un champignon microscopique, Tolypocladium inflatum, freine certaines réactions immunitaires et empêche ainsi l’organisme de rejeter le greffon.
D’autres substances fongiques ont l’effet inverse et stimulent certaines réponses immunitaires. Au Japon, des extraits de Coriolus (Trametes versicolor), aussi appelé tramète versicolore, sont utilisés en complément de traitements contre certains cancers.
Dectin-1, la sentinelle
Cette proximité s’explique par une très longue cohabitation. Les animaux composent avec les champignons depuis plus d’1 milliard d’années. Certains sont inoffensifs, d’autres comestibles, d’autres encore provoquent des infections redoutables. Surtout, contrairement aux plantes, les champignons peuvent vivre sur nous et en nous. Notre système immunitaire a donc appris très tôt à les identifier.
Il s’est doté pour cela de récepteurs spécialisés. Le plus étudié, Dectin-1, se trouve à la surface de nos cellules immunitaires. Son rôle est de reconnaître les bêta-glucanes, des molécules caractéristiques de la paroi des champignons, puis de déclencher l’alerte pour mobiliser les défenses de l’organisme.
Le point clé est que ce signal ne dépend pas de la dangerosité réelle du champignon. Il suffit que nos cellules reconnaissent la signature chimique du règne fongique pour réagir. C’est ce mécanisme de vigilance, hérité de l’évolution, que la mycothérapie cherche à exploiter, sans exposer l’organisme à un véritable pathogène.
Du cancer aux chevaux
Les recherches sur les effets immunitaires des champignons dépassent largement les virus hivernaux. Elles portent aussi sur le cancer ou le papillomavirus (HPV), chez l’homme comme chez le chien ou le cheval.
Certains champignons, comme le reishi, sont qualifiés d’immunomodulateurs. Ils pourraient agir sur l’immunité à la hausse comme à la baisse, ce qui intéresse les chercheurs dans le cadre des maladies auto-immunes ou des allergies saisonnières.
Pour Paul de Vulpian, cofondateur de la marque française de mycothérapie Villa Hélène, l’arrivée rapide de ces produits dans le quotidien des Français s’explique justement par cette relation évolutive. La mode est récente, mais le mécanisme sur lequel elle s’appuie s’est construit sur des centaines de millions d’années.
En France et dans l’Union européenne, les champignons vendus en compléments alimentaires ne bénéficient à ce jour d’aucune allégation de santé autorisée concernant l’immunité.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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