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Jusqu’à 6 personnes sur 10 à qui l’on prescrit un appareil de pression positive continue (PPC) pour soigner une apnée du sommeil finissent par ne plus le supporter. Le masque gêne, le souffle d’air dessèche, certains se sentent étouffer. Pour une partie de ces patients, une autre option existe depuis plus de 10 ans, encore peu connue du grand public : la stimulation du nerf hypoglosse.
Un implant qui agit sur la langue
Le principe est inverse de celui de la PPC. Au lieu d’envoyer de l’air sous pression pour maintenir les voies respiratoires ouvertes, l’appareil agit de l’intérieur. Un petit dispositif, implanté sous la peau du thorax ou sous le menton, envoie une légère impulsion électrique au nerf hypoglosse, celui qui commande la langue. L’impulsion est synchronisée avec la respiration et fait avancer légèrement la langue à chaque inspiration, ce qui l’empêche de basculer en arrière et d’obstruer la gorge pendant le sommeil.
Les spécialistes comparent volontiers ce système à un pacemaker des voies aériennes. Le patient l’allume au coucher avec une télécommande et l’éteint au réveil.
L’agence américaine du médicament, la FDA, a autorisé un premier système de ce type en 2014. Il est destiné aux personnes souffrant d’apnée obstructive modérée à sévère qui ne tolèrent pas la PPC ou n’en tirent pas un bénéfice suffisant.
Des résultats stables sur 3 ans
Une étude publiée en mai dans la revue médicale Chest a suivi des patients implantés pendant 3 ans. Leur respiration nocturne s’est nettement améliorée dès le début du traitement et l’amélioration s’est maintenue sur toute la durée du suivi. Les arrêts respiratoires ont quasiment disparu et les épisodes de respiration superficielle ont reculé durablement. Au total, le nombre d’événements respiratoires a baissé de près de 18 par heure de sommeil.
Les bénéfices se ressentent aussi le jour. La part des participants présentant une somnolence diurne normale est passée de 40 % au départ à plus de 70 % après 3 ans.
Une autre étude a interrogé les conjoints. Avant le traitement, 17 % d’entre eux décrivaient un ronflement léger ou absent chez leur partenaire. 3 ans après, ils étaient 80 %. Côté patients, plus de 80 % se disent satisfaits ou très satisfaits, et 9 sur 10 referaient le choix de l’implant.
Tous les patients ne sont pas éligibles
Le profil type est celui d’une personne atteinte d’apnée obstructive modérée à sévère, qui a réellement essayé la PPC mais n’arrive pas à l’utiliser régulièrement ou n’en tire pas assez de bénéfices. Le Dr Muhammad Usama, médecin spécialiste du sommeil, insiste sur ce point : une mauvaise expérience avec le masque ne suffit pas, une véritable évaluation est nécessaire avant toute chirurgie.
Le résultat d’un enregistrement du sommeil ne suffit pas à trancher. Les médecins examinent le poids du patient, la forme de ses voies respiratoires, le type d’apnée (obstructive ou non) et surtout l’endroit précis où la gorge se referme pendant la nuit. Pour le déterminer, les chirurgiens pratiquent une endoscopie sous sommeil induit : le patient est brièvement endormi par sédation et l’on observe le comportement de ses voies aériennes. Certains schémas d’obstruction répondent bien à la stimulation, d’autres non.
Avant d’envisager l’implant, il faut aussi vérifier le nez. Le Dr Vik Veer, chirurgien ORL et responsable de la chirurgie du sommeil au Royal National ENT Hospital, au Royaume-Uni, rappelle qu’une obstruction nasale corrigée permet parfois d’éviter l’opération. Un nez bouché pousse à respirer par la bouche. Allongé sur le dos, le dormeur laisse alors sa mâchoire, et la langue avec elle, glisser vers l’arrière, jusqu’à bloquer le passage de l’air.
L’opération et ses suites
L’intervention dure un peu plus de 2 heures. La plupart des patients rentrent chez eux le jour même ou le lendemain matin. L’appareil n’est mis en marche qu’environ 1 mois plus tard. Le patient reçoit alors sa télécommande et augmente progressivement l’intensité de la stimulation pendant 3 mois, selon sa tolérance.
Dans les premiers temps, une douleur ou un gonflement autour de l’incision et une faiblesse passagère de la langue sont possibles. Une fois l’appareil activé, certains ressentent des picotements dans la langue au contact des dents ou une sécheresse buccale. Ces effets s’atténuent généralement avec le temps ou un réglage. Plus rarement, une infection ou un déplacement de l’électrode implantée peuvent imposer une nouvelle intervention.
L’implant demande ensuite un suivi régulier et des ajustements. Les premiers effets sont souvent remarqués par le conjoint : un ronflement plus discret, moins de pauses respiratoires, un sommeil plus calme. Le patient constate ensuite qu’il se réveille moins souvent la nuit et qu’il est plus alerte le matin.
Poids, nez, muscles de la gorge
Pour le Dr David McIntosh, ORL et professeur associé à l’université James Cook, en Australie, l’implant ne règle pas tout. Un enregistrement du sommeil diagnostique l’apnée mais n’en explique pas la cause, et chaque patient présente sa propre combinaison de facteurs. Respirer sans gêne par le nez reste, selon lui, une base indispensable.
Le poids joue aussi un rôle. La perte de poids est souvent recommandée, mais l’apnée elle-même favorise la prise de poids : les micro-réveils répétés provoquent une réponse hormonale de stress qui pousse vers les glucides et le stockage des graisses.
Le Dr Veer signale un phénomène plus récent lié aux médicaments d’amaigrissement rapide comme le Mounjaro. Avec la graisse, les patients perdent aussi du muscle à l’intérieur de la gorge. S’ils arrêtent le traitement et reprennent du poids, la graisse revient mais pas forcément le muscle. Le chirurgien dit voir de plus en plus de patients revenir avec une apnée 2 fois plus sévère qu’avant le traitement. Il leur recommande désormais des exercices de la gorge. Selon les études disponibles, environ 30 minutes de pratique quotidienne pendant 3 mois réduiraient les événements respiratoires de 39 %.
Pour certains patients, la meilleure prise en charge associe donc la stimulation à d’autres approches : gestion du poids, traitement nasal, thérapie positionnelle, orthèse buccale, et parfois même une utilisation ponctuelle de la PPC.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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