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Il faut lire le papier dans Le Télégramme sur la brasserie Kerfave, à Pléguien. Un petit monument de journalisme militant, où chaque mot semble avoir été soigneusement choisi pour désigner les bons et les méchants.
Le sujet ? Un entrepreneur, Erik Tegnér, ouvre une brasserie artisanale et prévoit d’accueillir Sarah Knafo pour une séance de dédicace. Une rencontre littéraire, donc. Rien de bien révolutionnaire.
Sous la plume de la journaliste, l’affaire devient un « vent de révolte ». Erik Tegnér est immédiatement étiqueté « extrême droite ». Sarah Knafo n’est plus députée européenne, mais « militante Reconquête », puis « écrivaine d’extrême droite ». Quant aux opposants, ils sont délicieusement rebaptisés « habitants indignés » et « citoyens antifascistes » organisant un « week-end festif » et « solidaire ».
Tout le vocabulaire du militantisme de gauche, distribué avec la générosité d’une permanence syndicale.
Et voici le tour de passe-passe : 1 200 personnes s’étaient inscrites pour rencontrer Sarah Knafo, selon les organisateurs. Combien manifestaient contre sa venue ? L’article ne le dit pas. Peu importe ! C’est la « révolte » des opposants qui fait le titre. Les chiffres disparaissent derrière le récit convenu.
Le plus grave est ailleurs. La rencontre est annulée dans un climat de tensions. Une élue ne peut plus tenir sa séance de dédicace dans une brasserie. On pourrait attendre d’un journaliste qu’il s’interroge sur la liberté d’expression, sur la liberté de réunion, sur cette faculté qu’ont désormais certains groupes de faire obstacle aux événements qui leur déplaisent.
Pas un mot sur le problème démocratique que pose cette annulation. À la place, le lecteur a droit au récit complaisant de l’indignation antifasciste.
Ce n’est plus de l’information, c’est de l’accompagnement idéologique. La journaliste ne se contente pas de rapporter les arguments des opposants : par ses choix de vocabulaire et de cadrage, elle leur donne le beau rôle, sans véritablement interroger les conséquences de leur mobilisation sur les libertés publiques.
À ce degré de parti pris, l’appellation de journaliste devient singulièrement imméritée. Celle-ci (qui écrit aussi pour Steeetpress), écrit ici comme une plume militante qui, à tout le moins, banalise une censure obtenue par la pression. Qu’elle ait des convictions est son droit le plus strict. Qu’elle les fasse passer pour de l’information en est un autre.
Ces tics d’écriture, ces étiquettes distribuées à sens unique, cette indulgence pour ceux qui veulent empêcher leurs adversaires de s’exprimer sont indignes des exigences que devrait s’imposer un grand quotidien régional.
Le Télégramme mérite mieux qu’un tract antifasciste déguisé en reportage local.
Trystan Mordrel
[email protected]
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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