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Une enceinte, de la musique et des slogans, dont la chanson « Patria y Vida », devenue l’hymne des opposants au régime cubain. C’est avec cela que Denys Hernández Ramírez a participé le 11 juillet 2021 à la manifestation de San Antonio de los Baños, dans la province d’Artemisa, point de départ des grandes protestations antigouvernementales qui ont secoué Cuba ce jour-là. 5 ans plus tard, il est de nouveau en prison. Dans une lettre manuscrite de 4 pages, datée du 19 octobre et adressée à l’ONG Prisoners Defenders, basée à Madrid, il dénonce coups, isolement prolongé, privations, et une menace de mort pour avoir refusé de devenir informateur de la police politique.
6 ans de prison pour avoir manifesté
Arrêté le 19 juillet 2021, Denys Hernández Ramírez a été condamné le 15 mars 2022 à 6 ans de prison pour 2 délits d’outrage et un délit de troubles à l’ordre public. Selon l’analyse juridique de Prisoners Defenders, rien dans le dossier n’établit de violence individuelle ni de dégâts matériels. L’ONG relève aussi l’absence d’avocats indépendants et d’impartialité des juges. Le prisonnier, lui, qualifie son procès de simulacre, avec de faux témoins.
Grèves de la faim, cellules de punition et eau sale
Sa lettre décrit plusieurs épisodes. Lors de sa garde à vue, il dit avoir été enfermé à 8 dans une cellule de 6 mètres carrés prévue pour 4 détenus, avec peu de nourriture et d’eau. Le 13 novembre 2021, à la prison de Guanajay, lui et une quinzaine d’autres manifestants du 11 juillet en grève de la faim auraient été violemment frappés. Il désigne nommément plusieurs officiers, dont le lieutenant-colonel Juan Ramón Castillo Sánchez, et affirme que les responsables ont ensuite été promus.
En juillet 2023, lors d’une nouvelle grève de la faim, il dit avoir reçu de l’eau trouble qui lui a causé de violentes douleurs, avant de passer plus d’un mois à l’isolement, sans soleil et avec 10 minutes d’appel téléphonique surveillé par semaine. Le 15 août 2023, après avoir refusé, avec un autre détenu, d’assister à une célébration de l’anniversaire de Fidel Castro, il aurait été menotté aux mains et aux pieds, traîné de force devant un « meeting de répudiation » puis enfermé une nuit en cellule de punition, sans eau, ni nourriture, ni matelas. En novembre 2024, un gardien aurait tenté de le frapper à la tête avec une matraque après lui avoir refusé des soins.
Libéré sous condition, puis réincarcéré
En janvier 2025, Denys Hernández Ramírez a été libéré sous condition dans le cadre des libérations négociées avec la médiation du Vatican. Selon son témoignage, il a été astreint à travailler pour des entreprises d’État pour un salaire de misère, convoqué régulièrement par la police et surveillé jusque sur les réseaux sociaux, avec la menace permanente d’un retour en prison.
Le 24 mars 2026, il a été arrêté après s’être présenté à une convocation policière, et sa liberté conditionnelle a été révoquée. Selon sa lettre, un agent de la Sécurité de l’État lui a expliqué que cette décision tenait à ses publications critiques envers la « révolution ».
« Un détenu t’attend pour te poignarder »
L’accusation la plus grave concerne un agent de la Sécurité de l’État qui, avant son retour à Guanajay, lui aurait proposé la liberté en échange de sa collaboration comme informateur. Devant son refus, l’agent l’aurait menacé de mort, en assurant qu’un détenu l’attendait déjà en prison pour le poignarder sur son ordre, et lui aurait promis une violente correction s’il dénonçait publiquement ces faits.
Prisoners Defenders souligne que d’autres prisonniers politiques de Guanajay ont déjà dénoncé l’utilisation de détenus de droit commun pour agresser, y compris sexuellement, ceux qui refusaient de collaborer. L’ONG réclame sa libération immédiate et une enquête indépendante, et demande l’intervention des mécanismes de l’ONU contre la torture et la détention arbitraire.
1 351 prisonniers politiques à Cuba
Selon le dernier décompte de l’ONG, Cuba comptait en septembre 1 351 prisonniers politiques, un record, dont 152 femmes et 40 personnes mineures au moment de leur arrestation. Prisoners Defenders en a recensé 318 nouveaux entre octobre 2025 et septembre 2026.
Malgré les menaces, Denys Hernández Ramírez conclut sa lettre en affirmant qu’il restera « ferme dans ses convictions ».
Photo : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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