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En Loire-Atlantique, 62 % des habitants se disent favorables au rattachement de leur département à la région Bretagne. À l’échelle des 5 départements de la Bretagne historique, la proportion atteint 56 %, contre 44 % en 2012. Ces chiffres sont tirés d’un sondage Ifop commandé par Régions et peuples solidaires (R&PS), la fédération des partis régionalistes et autonomistes à laquelle appartient l’Union démocratique bretonne (UDB), et présenté ce jeudi en ouverture de son université d’automne, à Colmar, jusqu’au 25 octobre.
La réunification majoritaire partout
Le soutien à la réunification est le plus fort dans le département directement concerné. Il atteint 52 % dans la Bretagne administrative, à 4 départements, et 55 % dans l’ensemble de la France. Le sujet est pourtant resté discret dans l’agenda politique de ces derniers mois, malgré une manifestation organisée à Nantes le 26 septembre.
L’attachement régional reste fort en Bretagne : 36 % des Bretons se disent plus attachés à leur région qu’à la France, contre 25 % en moyenne nationale. La proportion est nettement plus faible en Loire-Atlantique, à 19 %.
Les régions, échelon d’avenir
Le sondage révèle une forte demande de décentralisation. 74 % des Français souhaitent que davantage de décisions soient prises dans les régions, contre 46 % en 2002. En Bretagne historique, la proportion monte à 78 %. 79 % des personnes interrogées estiment que Paris et l’Île-de-France profitent du centralisme au détriment des régions.
L’idée fédérale progresse aussi : 58 % des Français souhaitent que le système politique évolue vers un fédéralisme où chaque région pourrait adopter ses propres lois dans certains domaines, contre 36 % il y a 20 ans. En Bretagne, ils sont 64 %. Et 66 % des Bretons, contre 58 % des Français, souhaitent que d’autres régions que la Corse obtiennent un statut renforçant leur spécificité.
La langue bretonne plébiscitée
70 % des Bretons se disent favorables à une scolarité en langue régionale, contre 64 % des Français. 60 % estiment qu’une politique en faveur des langues régionales serait une chance pour la diversité de la France. Au niveau national, 79 % des sondés pensent que les collectivités locales devraient être libres de financer le développement des langues régionales, 65 % soutiennent la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, et 86 % l’enseignement de l’histoire régionale à l’école.
Solidarité avec la Corse
Le sondage tombe alors que le Sénat examine, depuis le mercredi 21 octobre, le projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse, adopté par l’Assemblée nationale le 23 juin. 62 % des Bretons souhaitent que les sénateurs l’approuvent. Au niveau national, 57 % des Français sont favorables à une autonomie de plein droit de la Corse, 5 points de plus qu’en 2025. Pour l’Ifop, « l’autonomie de la Corse n’est plus une affaire insulaire ».
Le RN et LFI, électorats les plus régionalistes
L’enseignement le plus inattendu concerne les électorats. Selon l’Ifop, les électeurs du Rassemblement national et de La France insoumise sont les plus régionalistes, le bloc central étant le plus attaché à l’unité de l’État. 82 % des électeurs de Marine Le Pen souhaitent davantage de décisions prises dans les régions, et 67 % sont favorables au fédéralisme, le score le plus élevé de tous les électorats. Ceux de Jean-Luc Mélenchon sont les plus favorables à l’autonomie régionale. Un paradoxe pour le RN, dont certains élus, comme le député Jean-Philippe Tanguy, envisagent de supprimer les régions pour réaliser 6 milliards d’euros d’économies.
Pour l’UDB, « les chiffres sont sans ambiguïté ». Sa porte-parole, Tiphaine Siret, y voit la preuve que la question bretonne ne se limite pas à une revendication de quelques responsables politiques, et réclame une nouvelle étape de la décentralisation, avec des compétences clarifiées et les moyens financiers correspondants.
L’enquête a été réalisée en ligne du 25 au 30 septembre 2026 auprès de 9 689 personnes, complétée par une enquête téléphonique auprès de 516 habitants de Corse.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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