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Au lendemain des émeutes du 17 octobre 2026, qui ont, comme à chaque événement public, dégénéré en pillages et incendies dans plusieurs villes, le président salvadorien Nayib Bukele a publié dimanche 18 octobre un message en français sur X, vu plus de 6 millions de fois. Pourquoi son message a-t-il eu un tel succès : parce que l’autodéfini « dictateur le plus cool du monde » peut se permettre de donner des leçons de morale sécuritaire au monde entier (ce qu’il ne se prive pas de faire), et peut être aussi parce que son message et un message d’espoir.
Les médias subventionnés ne semblent pas avoir apprécié ce nouveau regard du dictateur qui, sur X est revenu pour parler de la France :
« J’ai entendu dire que la France était finie, qu’il était trop tard pour la sauver. Mais la France est toujours aussi belle, enviable même. Sa grandeur n’a pas disparu, elle ne demande qu’à renaître.
Nous avons surmonté en un an un problème cent fois plus grave, sans avoir les moyens dont dispose la France. La France pourrait y arriver en une semaine. »
Il faut dire que la méthode Bukele a tout pour leur déplaire. Chef de cet État d’Amérique centrale depuis 2019, ce dernier a mené un virage ultra-sécuritaire contre les gangs, salué pour ses incroyables résultats mais vivement critiqué par les organisations de défense des droits de l’homme pour des arrestations et détentions retenues arbitraires. Dans son message, il suggère à la France d’adopter ce même modèle : « Fermez vos frontières et reprenez le contrôle, avant qu’il ne soit trop tard ! »
Le Président salvadorien peut-il se permettre ses leçons sécuritaires ?
Pour en juger, il faut mesurer ce que représente réellement la politique qu’il a mise en oeuvre depuis mars 2022 :
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Un état d’exception permanent : instauré depuis plus de quatre ans, il permet des arrestations sans mandat judiciaire.
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Le CECOT : une méga-prison ouverte en février 2023, pouvant accueillir jusqu’à 40 000 détenus, construite pour confiner les membres présumés des maras, ces fameux gangs d’un violence qu’on peine à concevoir.
- 93 000 détenus : en 2025, près de 90 % des détenus liés à la lutte contre les gangs n’ont pas encore été jugés. Le système judiciaire salvadorien étant incapable de traiter de manière individualisée un afflux équivalent à plus de 1 % de la population totale du pays.
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Des conditions carcérales extrêmes : rations réduites à deux repas par jour, isolement, pas de Playstation ni de possibilité d’organiser ses « affaires » derrière les barreaux.
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Un système judiciaire court-circuité : Bukele a renvoyé les juges qui l’empêchaient de se représenter, les a remplacés, et a obtenu l’autorisation de briguer un second mandat malgré une interdiction constitutionnelle. La volonté populaire a ainsi pris le dessus sur le froid mécanisme bureaucratique de la caste des magistrats : Nayib Bukele a été reconduit avec un record historique mondial de plus de 84% de voix.
Les résultats de ce virage hyper-répressif sont cependant incontestables : le taux d’homicides au Salvador est passé de l’un des plus élevés du monde à l’un des plus bas de l’hémisphère occidental. Le coût en termes d’État de droit est considérable, comme le documentent Amnistie internationale et Human Rights Watch. Mais face à une ultra-violence systémique, la protection des procédures juridiques doit-elle passer avant la sécurité des honnêtes gens ?
Pendant que ces organismes et autres associations s’émeuvent du sort de criminels sanguinaires – dont les tatouages rituels d’appartenance au gang limitent drastiquement le risque d’erreur judiciaire – la rue salvadorienne parle : les habitants, libérés du spectre permanent de la mort et de la torture, ont réappris à sortir, les commerçants ne sont plus soumis au racket de la « renta », et les enfants découvrent les parcs. Non des moindres, la jeunesse a enfin un horizon d’espoir : se construire et bâtir un avenir hors de la soumission aux gangs.
Que le « dictateur le plus cool du monde » soit ou non légitime pour dispenser ses leçons de sécurité, le lecteur en jugera. Mais une France qui a glissé à la 99e place des pays les plus sûrs de la planète – entre la Tanzanie et le Gabon (1) – devrait plutôt tendre l’oreille, et son président cesser de s’offusquer quand d’autres dirigeants plus efficaces que lui donnent leur avis sur le spectacle qu’il offre au monde.
J’ai entendu dire que la France était finie, qu’il était trop tard pour la sauver.
Mais la France est toujours aussi belle, enviable même. Sa grandeur n’a pas disparu, elle ne demande qu’à renaître.
Nous avons surmonté en un an un problème cent fois plus grave, sans avoir les moyens dont dispose la France.
La France pourrait y arriver en une semaine.
— Nayib Bukele (@nayibbukele) October 18, 2026
(1) malgré les tentatives des médias du système pour « débunker » la statistique, l’Indice mondial de la paix (Global Peace Index 2026) mesure aussi la stabilité interne d’un pays, et c’est justement là que la France fait défaut.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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