Colombie : avec l’élection d’Abelardo de la Espriella, l’Amérique latine confirme son grand basculement à droite

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L’avocat et homme d’affaires Abelardo de la Espriella, soutenu par Donald Trump, a remporté dimanche la présidentielle colombienne. Avec ce novice en politique aux promesses musclées contre le narcotrafic et la gauche, la Colombie rejoint la vague conservatrice qui submerge le sous-continent. Un raz-de-marée que la presse mainstream préfère présenter comme une dérive plutôt que comme le rejet d’un cycle gauchiste à bout de souffle.

Une victoire à l’arraché, un symbole considérable

Selon les résultats préliminaires officiels, Abelardo de la Espriella l’emporte avec 49,70 % des voix face au candidat de gauche Ivan Cepeda (48,70 %), allié du président sortant Gustavo Petro. L’écart est mince, mais le symbole est immense. Ce millionnaire de 47 ans, surnommé « le Tigre », n’avait jamais exercé la moindre fonction publique. En quelques mois, porté par un discours frontal contre les guérillas, le narcotrafic et le gouvernement de gauche, il a conquis la magistrature suprême. Il prendra ses fonctions le 7 août pour un mandat de quatre ans.

« Cette nuit marque le début d’une nouvelle histoire pour la nation », a-t-il lancé devant des milliers de partisans à Barranquilla, beaucoup vêtus du maillot jaune de la sélection nationale qu’il avait adopté comme étendard de campagne. Donald Trump a aussitôt salué le résultat sur son réseau Truth Social — « Il a gagné, et largement ! » — tandis que le secrétaire d’État américain Marco Rubio vantait une future coopération en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine.

Le dernier domino d’un basculement continental

C’est là que le récit médiatique dominant atteint ses limites. En présentant cette victoire comme une simple poussée d’« ultradroite » menaçante, la presse progressiste passe sous silence l’évidence : la Colombie n’est que le dernier domino à tomber. Après l’Argentine de Javier Milei, le Chili, l’Équateur, c’est tout un sous-continent qui, scrutin après scrutin, tourne le dos à la gauche. Le phénomène est trop massif et trop répété pour relever de l’accident ou de la manipulation.

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Ce que ces résultats traduisent, c’est l’exaspération de peuples confrontés au bilan concret des gouvernements gauchistes : insécurité galopante, emprise du narcotrafic, économies à la peine, promesses non tenues. En Colombie, premier producteur mondial de cocaïne, la violence connaît une flambée inédite depuis l’accord de paix de 2016 avec les FARC : leaders communautaires menacés ou assassinés, attentats à la bombe contre des civils, et même un prétendant à la présidence tué pendant la campagne. Face à cela, la politique de « paix totale » et de négociation avec les groupes armés menée par Gustavo Petro a été perçue par une large part de l’électorat comme un aveu de faiblesse.

Un programme à rebours de l’idéologie de gauche

Le programme de De la Espriella assume une rupture nette. Admirateur revendiqué de Nayib Bukele, de Javier Milei et de Donald Trump, il promet la fin des négociations avec les groupes armés, la reconquête du contrôle territorial, la construction de méga-prisons de haute sécurité sur le modèle salvadorien, et une lutte sans merci contre le narcotrafic, au besoin avec l’appui des États-Unis et d’Israël. Sur le plan économique, il vise une croissance de 7 % par an, une réduction drastique de l’État, des baisses d’impôts pour les entreprises et la défense de la propriété privée. S’y ajoutent un fonds idéologique conservateur assumé : défense de la famille traditionnelle, de la liberté religieuse, opposition à l’avortement et au « wokisme » sous toutes ses formes.

Sur la scène internationale, il entend resserrer les liens entre Bogota et Washington, renouer avec Israël — relations rompues sous Petro — et réintégrer la Colombie dans une logique d’alliance occidentale ferme. Une orientation qui tranche radicalement avec la diplomatie tiers-mondiste du président sortant.

Comme il fallait s’y attendre, l’annonce des résultats a provoqué des heurts. À Cali et à Bogota, des manifestants ont brûlé des drapeaux américains et affronté les forces antiémeutes. Ivan Cepeda, de son côté, a annoncé qu’il contesterait les résultats de plusieurs dizaines de milliers de bureaux de vote avant de reconnaître l’issue officielle. Une posture qui, venant du camp progressiste habituellement prompt à dénoncer le « refus du verdict des urnes » chez ses adversaires, ne manque pas de sel.

Reste que le personnage de De la Espriella n’est pas exempt de zones d’ombre — il a défendu par le passé des clients controversés et fait l’objet de critiques sur son rapport à la presse — éléments que ses adversaires ne manqueront pas d’exploiter. Mais sur le fond, l’essentiel est ailleurs. Une majorité de Colombiens a choisi, comme avant eux les Argentins ou les Équatoriens, de sanctionner une gauche jugée impuissante face au chaos. L’Amérique latine, hier laboratoire du socialisme du XXIe siècle, devient le théâtre de son rejet. Un basculement de fond que les commentateurs européens auraient tort de réduire à une lubie populiste passagère.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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