Consommation de cannabis : un risque accru d’infarctus et d’insuffisance cardiaque

Alors que la consommation de cannabis se banalise dans plusieurs pays occidentaux, notamment avec sa légalisation progressive dans certains pays, une nouvelle étude remet en question l’innocuité de cette substance sur le plan cardiovasculaire.

Selon une analyse publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC) et relayée le 17 mars par l’American College of Cardiology, les consommateurs réguliers de cannabis sont nettement plus exposés aux risques d’infarctus du myocarde et d’insuffisance cardiaque que les non-consommateurs.

L’étude, qui repose à la fois sur une recherche rétrospective et une méta-analyse de 12 études précédentes, révèle que les utilisateurs de cannabis de moins de 50 ans ont six fois plus de chances de subir une crise cardiaque que les non-consommateurs. De plus, la méta-analyse, portant sur plus de 93 000 consommateurs de cannabis et 4,5 millions de non-utilisateurs, montre un risque accru de 50 % de développer une insuffisance cardiaque chez les consommateurs.

Le cannabis, aussi nocif que le tabac ?

Face à ces résultats, le chercheur Ibrahim Kamel de l’Université de Boston, co-auteur de l’étude, estime que la consommation de cannabis devrait être prise en compte dans l’évaluation des risques cardiovasculaires des patients, au même titre que le tabagisme. « Interroger les patients sur leur usage du cannabis devrait faire partie du diagnostic clinique, comme on le fait déjà avec la cigarette », souligne-t-il.

Il appelle également à une meilleure information du public, estimant que beaucoup de consommateurs ne sont pas conscients des dangers cardiovasculaires liés à cette substance.

Pour réaliser cette recherche, les scientifiques ont exploité les données de la base de santé mondiale TriNetX, analysant des participants de moins de 50 ans sans antécédents cardiovasculaires : Pas d’hypertension,Pas d’antécédents de maladie coronarienne, Aucun usage de tabac, Cholestérol normal.

Les résultats obtenus ont ensuite été croisés avec 12 autres études internationales menées aux États-Unis, au Canada et en Inde, rassemblant plus de 4,5 millions de personnes, dont 93 000 consommateurs de cannabis.

Après regroupement des données, il apparaît que les consommateurs actifs de cannabis ont un risque 1,5 fois plus élevé de subir un infarctus par rapport aux non-utilisateurs.

Un effet sous-estimé, aggravé par la combustion

Bien que les auteurs de l’étude reconnaissent que d’autres facteurs de consommation, comme l’usage concomitant de substances illicites (cocaïne, drogues de synthèse), puissent influencer ces résultats, les preuves d’un impact direct du cannabis sur la santé cardiaque s’accumulent.

Une autre étude, publiée en 2024 dans le Journal of the American Heart Associationavait déjà mis en évidence un lien entre l’usage de marijuana et les maladies cardiovasculaires, notamment une augmentation du risque de coronaropathie, un risque accru d’accident vasculaire cérébral (AVC), et une prévalence plus élevée d’infarctus du myocarde.

Les chercheurs ont souligné que la combustion du cannabis, méthode de consommation la plus répandue, expose les fumeurs aux mêmes risques que le tabac, notamment à cause des particules inhalées. « L’usage fréquent du cannabis est associé à des complications cardiovasculaires, et plus la consommation est importante, plus ces risques augmentent », ont conclu les auteurs.

Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) rappelle que le cannabis augmente immédiatement la fréquence cardiaque et la pression artérielle, ce qui pourrait expliquer les effets néfastes observés.

Cependant, les experts soulignent qu’il est encore nécessaire de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les mécanismes précis par lesquels le cannabis affecte le système cardiovasculaire.

Une perception erronée du cannabis « inoffensif »

Cette étude vient bousculer un discours largement répandu selon lequel le cannabis serait moins nocif que le tabac et sans danger pour la santé.

Avec la montée en puissance des législations favorables à la dépénalisation et la promotion d’un usage récréatif « responsable », de nombreux consommateurs ignorent ou sous-estiment les risques réels associés à cette drogue.

Or, les faits sont clairs : fumer du cannabis, loin d’être anodin, peut avoir des répercussions sérieuses sur le cœur et les vaisseaux sanguins.

Alors que certains pays européens continuent d’assouplir leur législation sur cette substance, ces résultats devraient encourager une meilleure information et un suivi médical plus strict des usagers réguliers.

Crédit photo :  DR
[cc] Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

4 réponses à “Consommation de cannabis : un risque accru d’infarctus et d’insuffisance cardiaque”

  1. Vert dit :

    Cette drogue réduit le champs visuel et dégrade les réflexes.
    Augmentation des risques d’accidents de voiture ou moto

  2. Pschitt dit :

    Pas moins de vingt-quatre Etats américains ont autorisé la consommation de cannabis « récréative ». Les premières légalisations datent de 2012. Ce qui a eu un intérêt collatéral : les connaissances scientifiques sur les effets du cannabis ont énormément progressé. Elles étaient autrefois fondées sur un petit nombre d’études, dont quelques-unes clairement militantes — et comme par hasard systématiquement invoquées par les partisans de la libéralisation. Les articles sur le sujet se comptent aujourd’hui par centaines de milliers. Une recherche sur « effects of cannabis » retourne ainsi 650 réponses sur Google Scholar pour la seule année 2025. Et le tableau est assez consternant : insuffisances cardiaques (soulignées une fois de plus par l’article que vous signalez), AVC, troubles cognitifs, altération de la mémoire, symptômes psychotiques, maladies respiratoires… Le cannabis a tout pour plaire !

  3. Bernard Plouvier dit :

    Les dérivés fumés du cannabis sont très riches en goudrons cancérigènes
    d’où, en plus d’une bronchite chronique comme pour le tabac, un risque de cancer – calculé dans les années 1990 au Maghreb et aux USA – 8 fois supérieur à celui du seul tabac (cancer de la cavité buccale, cancers pharyngo-laryngés et bronchiques)
    Nul médecin sensé n’a jamais prétendu que le cannabis était sans danger grave pour la santé
    (dans un registre voisin, mais différent, seul le fou furieux Sigismond-Shlomo Freud – dit « Sigmund »- a prétendu que la cocaïne était dépourvue d’accoutumance… alors que le « craving » est énorme – soit le désir irrépressible d’en reprendre)
    En matière d’addictions, les fous sont souvent au pouvoir (politique ou médiatique)

  4. Neptunus dit :

    @ Vert > Comme l’alcool, malheureusement.

    Selon la Sécurité Routière, conduire avec une alcoolémie positive multiplie par 8,5 le risque d’être responsable d’un accident mortel.

    Près de 30% des accidents mortels en France sont attribués à une conduite sous l’emprise de l’alcool.

    La même source indique que la conduite sous l’influence du cannabis multiplie par 1,65 le risque d’accident mortel. C’est déjà trop d’autant plus que la combinaison des deux substances augmente considérablement le danger, multipliant par 29 le risque d’accident mortel.

LES DERNIERS ARTICLES

Crypto, Economie

Comment les Bretons protègent leur épargne face à l’inflation ?

Economie

Le chantier fondateur du Titanic, Harland & Wolff, exclu des chantiers autorisés par l’UE : une décision administrative aux conséquences limitées

Economie

Nantes. La Fonderie Atlantique Industrie ferme ses portes : un siècle de savoir-faire naval parti en fumée

Immigration, International

Angleterre. Une femme violée en réunion sur une plage de Brighton par trois migrants arrivés en canot pneumatique

Suisse

Economie, International

Cash garanti par la Constitution : la Suisse fait le choix clair de la liberté

A La Une, NANTES, Politique

Municipales. De Nantes à Brest, la gauche prête à toutes les compromissions avec LFI pour se maintenir au pouvoir

Politique

LR et RN : une porosité croissante à droite, mais deux électorats encore séparés par leur rapport au monde

Insolite, Local, RENNES

Insolite : A Rennes, des ateliers gauchistes pour apprendre à draguer

Plan de sortie de flotte

Penmarc'h, Sociétal

Le Guilvinec (29). Haliotika dévoile sa nouvelle exposition sur la filière pêche

International

Un cardinal allemand alerte sur l’immigration de masse et défend le droit des nations à préserver leur identité

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

International, Sociétal

Nitazènes : la drogue invisible qui infiltre l’Irlande du Nord et pourrait faire bien plus de morts qu’annoncé

Découvrir l'article

Ensauvagement, Justice

Narcotrafic : le Conseil constitutionnel désarme encore le législateur

Découvrir l'article

Dinan, Ensauvagement, Justice, Sociétal

Dinan. Trois ans ferme pour le chef d’un trafic de stupéfiants à la Bretonnière

Découvrir l'article

Santé

Cannabis et THC : pourquoi il s’accumule dans le corps et ce que cela change pour l’inflammation et l’immunité

Découvrir l'article

Ensauvagement, Justice, Sociétal, VANNES

Vannes : un nouveau trafic de stupéfiants démantelé à Ménimur

Découvrir l'article

Santé

Le syndrome des vomissements liés au cannabis explose chez les jeunes adultes

Découvrir l'article

International, Santé

Drogues en Europe : des millions d’usagers, des milliers de morts chaque année

Découvrir l'article

PLOËRMEL

Morbihan. Un réseau de trafic de stupéfiants démantelé à Ploërmel : six interpellations, trois incarcérations

Découvrir l'article

Sociétal

Cocaïne : la France bascule dans l’ère du « tsunami blanc »

Découvrir l'article

A La Une, Economie, Santé, Sociétal

« Narcotrafic, le poison de l’Europe » : plongée dans la matrice criminelle qui a précédé le chaos français

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.