Narcotrafic : le Conseil constitutionnel désarme encore le législateur

Publicité

Le Conseil constitutionnel a prononcé, le 13 mars 2026, une non-conformité totale concernant la peine complémentaire obligatoire de confiscation de certains biens en matière de trafic de stupéfiants. Saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité après un renvoi de la chambre criminelle de la Cour de cassation du 17 décembre 2025, il examinait l’article 222-49 du code pénal dans sa version issue de la loi du 27 mars 2012.

Cette disposition imposait la confiscation de tout bien ayant servi à la commission de l’infraction ou qui en était le produit, y compris lorsqu’il pouvait s’agir d’un immeuble constituant le domicile familial du condamné. L’affaire concernait un homme condamné par la cour d’appel de Bordeaux, le 16 octobre 2024, à sept ans d’emprisonnement et à une confiscation pour des infractions à la législation sur les stupéfiants en récidive.

Une arme judiciaire pensée pour frapper au portefeuille

La logique du texte censuré était claire : porter atteinte à la rentabilité du narcotrafic. Comme le rappelle l’Observatoire des Décisions de justice, « le narcotrafic fonctionne sur la rentabilité. Toucher le patrimoine du trafiquant est donc l’un des rares leviers réellement dissuasifs ». Le législateur avait donc choisi de rendre la confiscation obligatoire pour éviter qu’elle ne dépende d’une appréciation variable d’un dossier à l’autre.

Le Conseil constitutionnel a toutefois considéré que cette automaticité allait trop loin, au regard du principe d’individualisation des peines. Selon l’Observatoire, qui cite le considérant 7 de la décision, le Conseil a relevé que le juge ne pouvait ni moduler la confiscation ni en dispenser le condamné pour tenir compte des circonstances propres à chaque espèce.

Une nouvelle limitation de la politique pénale voulue par le Parlement

Cette décision intervient alors même que plusieurs textes récents avaient renforcé les outils de saisie et de confiscation des avoirs criminels, notamment la loi du 24 juin 2024 et celle du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic. La censure ne supprime pas toute possibilité de confiscation, puisque d’autres dispositions du code pénal permettent encore aux juridictions de la prononcer.

Mais le changement reste majeur : ce qui était auparavant obligatoire devient facultatif. Autrement dit, une mesure pensée pour frapper systématiquement les profits du trafic dépendra désormais de l’appréciation du juge. Pour les critiques du Conseil constitutionnel, cette décision illustre une nouvelle fois l’écart grandissant entre la volonté du législateur et le contrôle exercé par une institution capable d’affaiblir, au nom de principes constitutionnels, des dispositifs répressifs voulus pour répondre à l’extension du narcotrafic.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

3 réponses à “Narcotrafic : le Conseil constitutionnel désarme encore le législateur”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    Ces Institutions jadis au service de la France deviennent des organismes au service de l’ennemi donc à détruire et leurs membres surpayés à exterminer pour Haute Trahison. Il en ira de même avec les magistrats de base, s’ils ne remplissent pas leur office…justice seigneuriale, simple, peu coûteuse, rapide, efficace, pas de récidive ni d’OQTF.

  2. Gérard COURTOIS dit :

    Une fois encore certains se soucient plus du confort des délinquants que de la réparation aux victimes.

  3. Jotglars 66 dit :

    Les narcos savent que la France est un Eldorado pour eux…avocats, droit français, juges complaisants et le locataire de l’ Elysée, tel Tom Cruise avec ses lunettes aviator, déclare la guerre aux puissants narcos en augmentant les amendes des consommateurs……les trafiquants sont morts de peur !

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Justice, Sociétal

Narcotrafic : l’argent de la drogue infiltre commerces et sociétés

Découvrir l'article

Ensauvagement, Justice, NANTES, RENNES

Drogue en Bretagne : armes, argent liquide et réseaux criminels structurés

Découvrir l'article

BREST, Ensauvagement, International, Justice, RENNES, Sociétal

Finistère. Cocaïne, armes et argent liquide : un réseau criminel albanais démantelé

Découvrir l'article

Ensauvagement, Justice

Des « go-fast » aux « go-slow » : le narcotrafic mise sur la discrétion

Découvrir l'article

ST-BRIEUC

Saint-Brieuc : le gérant de l’épicerie afghane fermée pour narcotrafic condamné à 18 mois avec sursis et cinq ans d’interdiction de territoire

Découvrir l'article

BREST, Ensauvagement, RENNES, Sociétal

Brest, Rennes : armes, argent liquide et 185 kg de cannabis saisis

Découvrir l'article

A La Une, International

Remigration Summit de Porto, JUGEXIT, démographie : Jean-Yves Le Gallou répond sans détours

Découvrir l'article

A La Une, Santé, Sociétal

Jeunes Bretons : l’alcoolisation excessive au-dessus de la moyenne nationale

Découvrir l'article

A La Une, Sociétal

« Identitaires de tout pays, unissez-vous ! » : Jean-Yves Le Gallou défend la remigration pour l’Europe de nos enfants [Interview]

Découvrir l'article

Santé, Social, Sociétal

Arrêts maladie : l’État serre la vis sur les symptômes, et ignore soigneusement la maladie

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.