Refus de service, expulsions, polémiques : quand les débats sur le sexe biologique s’invitent dans les pubs britanniques

Plusieurs incidents récents survenus dans des pubs britanniques relancent le débat sur la liberté d’expression, l’application du droit et les conséquences concrètes des controverses liées à l’idéologie de genre dans l’espace public. À Édimbourg comme à Brighton, des groupes qualifiés de « gender critical » ont affirmé avoir été empêchés de se réunir ou de consommer normalement, malgré le caractère légal de leurs positions.

Des militantes refusées dans un pub après une décision de la Cour suprême

À Édimbourg, les cofondatrices de l’organisation For Women Scotland, Susan Smith et Marion Calder, ont expliqué avoir été refusées par le personnel d’un pub de la chaîne JD Wetherspoon alors qu’elles célébraient une décision majeure rendue par la Supreme Court en avril dernier. Cette décision a confirmé que la notion de « sexe » dans la loi britannique sur l’égalité renvoie au sexe biologique, et non à l’identité de genre.

Selon leur témoignage, la situation n’a été débloquée qu’après l’intervention d’un journaliste local, qui a alerté la direction nationale de l’enseigne. Le personnel concerné aurait alors quitté les lieux, permettant aux militantes de rester. Le fondateur et président de JD Wetherspoon, Tim Martin, a ensuite reconnu publiquement que ses employés avaient eu tort de refuser le service, estimant qu’il était normal de pouvoir célébrer une victoire judiciaire, y compris dans un pub.

Une décision juridique encore mal appliquée

La décision de la Cour suprême impose notamment aux entreprises et aux institutions publiques de protéger les espaces non mixtes fondés sur le sexe biologique. Toutefois, ces obligations restent floues dans la pratique, en l’absence de directives officielles définitives de la Equality and Human Rights Commission.

Ces lignes directrices, pourtant prêtes depuis plusieurs mois, n’ont toujours pas été validées par la ministre britannique en charge de l’Égalité, Bridget Phillipson. Cette dernière a exprimé publiquement ses réserves, estimant que certaines recommandations seraient « trans-exclusives ». Une position critiquée par For Women Scotland, qui accuse le gouvernement de retarder volontairement l’application concrète d’un arrêt pourtant clair sur le plan juridique.

Un précédent à Brighton : une réunion évacuée

En 2024, à Brighton, une cinquantaine de membres du groupe Free Speech Brighton, affilié à la Free Speech Union, ont affirmé avoir été expulsés d’un pub où ils avaient réservé une salle pour une réunion. L’événement comprenait notamment une intervention d’une ancienne enseignante critiquant l’enseignement de l’idéologie de genre à l’école primaire.

Selon les organisateurs, le propriétaire des lieux aurait désapprouvé le contenu d’un discours et demandé à une société de sécurité d’évacuer l’ensemble du groupe, sans incident préalable. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des agents tentant de retirer le matériel sonore, tandis que les participants protestent.

Le pub concerné n’a pas souhaité commenter l’affaire. De son côté, la Free Speech Union estime que l’expulsion était juridiquement infondée. Son directeur, Toby Young, a rappelé que des opinions légales et protégées par la loi sur l’égalité ne peuvent justifier une éviction arbitraire de clients, évoquant un risque de discrimination.

Ces affaires s’inscrivent dans un climat plus large de tensions au Royaume-Uni autour des questions de sexe, de genre et de liberté d’expression. Plusieurs figures publiques ayant défendu la primauté du sexe biologique ont déjà fait face à des controverses professionnelles ou judiciaires, parfois suivies de décisions de justice en leur faveur.

En toile de fond, l’absence de clarification gouvernementale sur l’application concrète de la décision de la Cour suprême alimente l’insécurité juridique, tant pour les établissements recevant du public que pour les citoyens. En attendant une position officielle stabilisée, les débats continuent de se déplacer du terrain politique vers celui du quotidien, jusque dans les pubs, symboles traditionnels de la vie sociale britannique.

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