Peut-on rire de tout ? Relevant de l’opinion, cette vaste question métaphysique restera probablement irrésolue. Charlie Hebdo, « le journal satirique, laïque et joyeux » a tranché depuis longtemps : lui, il peut. Mais cet esprit, qui n’a parfois rien de satirique, a ses limites, quoi qu’en disent ses journalistes. Et face aux accusations d’hypocrisie, le journal s’est senti obligé d’obéir à ses détracteurs.
Friedrich Nietzsche écrivait : « Le mauvais goût a son droit autant que le bon goût. » Charlie Hebdo, en a fait une marque de fabrique, un choix éditorial… jusqu’à l’ignominie. Preuve en est la vignette de Salch publiée le 9 janvier dernier qui évoque le drame de Crans-Montana, dans lequel 40 jeunes gens ont péri dans les flammes et 116 autres ont été blessés. Des rescapés qui reporteront, pour un grand nombre d’entre eux, des brûlures à vie et devront faire face à un très long chemin de reconstruction. Les cendres de l’incendie fument encore que Charlie Hebdo nous offre son dessin du jour – «Les brûlés font du ski. La comédie de l’année » – mettant en scène deux skieurs brûlés descendant une piste.
Le dessin du jour, par #Salch pic.twitter.com/YbmVqpO3X2
— Charlie Hebdo (@Charlie_Hebdo_) January 9, 2026
Inutile de préciser que le torchon a tapé dans le mille : aujourd’hui, on parle d’eux. Leurs vignettes indécentes et cruelles, cela n’aura échappé à personne, visent à faire le buzz pour attirer l’attention et relancer des ventes en diminution constante à mesure que l’on s’éloigne de l’attentat qui a tué six de leurs confrères et qui étaient dérisoires avant le drame. Et à faire rire aussi, de cet humour débile qui n’amuse que les déficients mentaux. Mais « Le mauvais goût a son droit autant que le bon goût »…
Qu’on ne s’y méprenne, il ne s’agit pas de satire, puisque la satire dénonce toujours quelque chose. Or, là, aucun message pertinent ne saute aux yeux. Cette dernière prouesse est simplement du même ordre que celles où ils se moquaient des victimes du séisme d’Amatrice, de l’avalanche de Rigopiano en Italie, ou encore, du père du chanteur Stromae dépecé durant la guerre du Rwanda, etc. Des moqueries gratuites sans autre but que celui de choquer pour choquer.
Charlie Hebdo s’est fait une spécialité de désacraliser tout ce qui peut l’être, c’est même là sa marque de fabrique. Il était donc inévitable que le journal s’attache à cracher sur les morts, quels qu’ils soient, puisque les morts sont sacrés dans toutes les religions et que ces athées se sont juré de les attaquer indistinctement.
Ils se la jouent subversifs. Des vrais, qui osent rire de tout, même quand ça fait mal. Et si l’on peut aujourd’hui affirmer que ces provocateurs ont le courage d’aller jusqu’au bout de leur démarche “humoristique” puisqu’ils viennent enfin de publier une caricature de leurs confrères assassinés, notons qu’ils ont attendu dix ans pour s’exécuter. Ce qui est pour le moins étonnant étant donné que l’assassinat de leurs collègues concentre tous les ingrédients dont ils sont si friands : événement majeur, cadavres à désacraliser, contenu religieux… De là à affirmer qu’ils ont obéi à la pression médiatique, il n’y a qu’un pas.
Bref, grâce à cette tentative plus que tardive de se rattraper, Charlie Hebdo est enfin cohérent. Enfin, presque : car les meurtriers de Charb, Cabu, Honoré, Tignous, Wolinski, Maris, Cayat et Ourrad ne sont pas des arbalétriers suisses, mais de bons fils de l’immigration nord-africaine façonnés aux valeurs de la République.
Subversifs, oui, mais pas trop quand même.
Le dessin du jour, par #Salch pic.twitter.com/XUYSDKuluP
— Charlie Hebdo (@Charlie_Hebdo_) January 12, 2026
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : Capture X Charlie Hebdo
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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