Éolien offshore en Bretagne Sud : des associations interpellent les candidats aux municipales et réclament un moratoire

Plusieurs associations environnementales et patrimoniales viennent d’adresser une lettre ouverte aux candidats aux élections municipales des communes concernées par le projet de parcs éoliens offshore en Bretagne Sud. Parmi les signataires figurent notamment les Gardiens du Large, la Fédération de protection de la baie de QuiberonSites & Monuments, l’Union belliloise et l’Union française des pêcheurs artisans

Dans ce courrier, daté du 13 janvier 2026, les associations estiment que le projet éolien Bretagne Sud est devenu un enjeu majeur régional, tant pour ses conséquences locales que pour ses implications nationales en matière de politique énergétique. Elles demandent aux candidats de clarifier publiquement leurs positions dans le cadre de la campagne municipale

Un projet contesté depuis l’origine

Les associations rappellent que lors du débat public organisé en 2020 par la Commission nationale du débat public, la question même de l’opportunité d’installer des éoliennes flottantes n’aurait pas été réellement discutée. Selon elles, une zone prédéterminée aurait été imposée d’emblée pour deux parcs industriels, baptisés AO5 et AO9, représentant respectivement 250 MW et 500 MW de puissance

Ces installations seraient situées à 19 km de Belle-Île, 29 km de Groix et 30 km de la presqu’île de Quiberon et couvriraient jusqu’à 130 km² de surface maritime. Les éoliennes, dont la taille n’a cessé d’augmenter au fil des années, pourraient atteindre jusqu’à 380 mètres de hauteur en bout de pale, selon les derniers documents transmis par la préfecture du Morbihan

Pour les associations, cette évolution rend obsolète le débat public initial, organisé sur des bases techniques désormais dépassées.

Le raccordement électrique au cœur des inquiétudes

Autre point majeur de crispation : le raccordement des éoliennes au réseau terrestre. Ce volet n’avait pas été soumis au débat public initial, alors qu’il implique l’enfouissement de câbles à très haute tension dans la commune d’Erdeven.

Les associations dénoncent un projet traversant une zone classée au patrimoine mondial de l’Unesco, connue pour ses alignements de menhirs et ses étangs, sources de plusieurs cours d’eau locaux. Elles estiment que cette atteinte au sol et au patrimoine est inacceptable

 

Une mobilisation croissante de la population

Selon les signataires, la prise de conscience des impacts potentiels du projet s’est fortement accrue ces derniers mois : atteinte aux paysages, dégradation des fonds marins, menaces sur la biodiversité et conséquences pour le climat.

Les pêcheurs artisans seraient particulièrement affectés. La technologie flottante imposerait de larges zones interdites à la pêche, en plus des dégâts causés aux fonds marins, décrits comme très sensibles dans la zone concernée

Les doutes sur la pertinence économique et énergétique

Les associations s’appuient également sur de récentes estimations de RTE (Réseau de transport d’électricité) évoquant :

  • une révision à la baisse de la consommation électrique future
  • une surcapacité structurelle de production décarbonée en France
  • des doutes sur la pertinence de l’éolien flottant

Ces éléments les conduisent à réclamer, aux côtés de plusieurs élus locaux, un moratoire sur le projet Bretagne Sud, jugé expérimental, coûteux et dépendant de garanties publiques importantes

Une pression politique assumée

Les associations annoncent vouloir poursuivre leur mobilisation par tous les moyens légaux : recours juridiques, publications techniques, actions citoyennes et lobbying auprès des assemblées élues.

Elles appellent désormais les candidats aux municipales à afficher clairement leur position sur le projet, afin que le débat soit porté sur la place publique durant la campagne électorale

 

Un enjeu électoral local

Pour les signataires, l’éolien offshore ne peut plus être traité comme un simple dossier technique. Il engage l’avenir du littoral breton, du patrimoine historique, de la pêche artisanale et de l’équilibre écologique régional.

La bataille autour du projet Bretagne Sud s’invite ainsi pleinement dans le débat démocratique local, à l’approche des élections municipales.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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3 réponses à “Éolien offshore en Bretagne Sud : des associations interpellent les candidats aux municipales et réclament un moratoire”

  1. AD dit :

    Merci les écolos ! Les soi-disant défenseurs de la nature, voire de la planète, viennent détruire et défigurer un magnifique paysage marin avec des tonnes de bêton dans la mer pour quelques kilowatts ridicules alors qu’on a fermé sous leur pression électoralistes des réacteurs cent mille fois plus puissants pour répondre à la demande…chers amis bretons pensez y lors des prochaines élections…..

  2. Poulbot dit :

    Il faut arrêter définitivement la construction des éoliennes qui sont une monumentale pollution visuel pour un rendement énergétique faible puisque dépendant des conditions climatique ; en parallèle il faut relancer la construction de centrale nucléaire nouvelle génération en attendant la finalisation de la technologie ITER et sa disponibilité a la production qui nous donnera une énergie a faible cout et durable.

  3. Rouchette dit :

    La plus grosse arnaque écologique et énergétique du siècle.
    Sans charbon et sans gaz en arrière plan dans des proportions équivalentes (1 MW éolien pour 1 MW thermique) l’éolien n’est pas viable. C’est un infirme qui ne peut vivre qu’en milieu hospitalier, dépendant des énergies fossiles. Les écolos nous disent que c’est pour « sauver la planète » du méchant CO2. Ils nous prennent vraiment pour des Cons.

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