La défiance des Français à l’égard des médias demeure à un niveau élevé. Selon la 39ᵉ édition du baromètre La Croix – Verian – La Poste, publiée le 15 janvier, 61 % des Français considèrent qu’il faut « se méfier de ce que disent les médias sur les grands sujets d’actualité ». Un résultat « quasiment stable » par rapport à 2024, avec un point de moins, qui confirme l’installation durable d’une défiance majoritaire vis-à-vis des médias pris globalement.
Cette méfiance varie sensiblement selon les sensibilités politiques. Elle atteint 66 % chez les sympathisants du Rassemblement national, contre 46 % parmi les proches de Renaissance. Les sympathisants de La France insoumise et du Parti socialiste sont 58 % à partager cette défiance, 51 % chez les écologistes et 47 % chez Les Républicains. Les Français sans préférence partisane se situent également à un niveau élevé, avec 65 % estimant qu’il faut se méfier des médias sur les grands sujets d’actualité.
Intérêt en recul et fatigue informationnelle persistante
Le baromètre met en évidence un recul de l’intérêt pour l’actualité. 71 % des Français déclarent encore la suivre avec intérêt, soit cinq points de moins qu’en 2024. Plus marquant encore, la part de ceux qui s’y intéressent « avec un très grand intérêt » tombe à 24 %, en baisse de neuf points en un an, une évolution particulièrement nette chez les moins de 35 ans.
Cette lassitude se traduit par une fatigue informationnelle durable. 47 % des Français disent ressentir souvent de la « lassitude » ou du « rejet » face à l’actualité, un chiffre en baisse de quatre points. Parmi les causes évoquées, Franceinfo relève l’impression que « on parle toujours des mêmes sujets » (44 %). Verian souligne également un malaise plus profond : 68 % des Français estiment que les médias privilégient la confrontation d’opinions au détriment de l’explication, 60 % se sentent confrontés à trop d’informations et 49 % déclarent avoir du mal à hiérarchiser l’essentiel.
Le paradoxe de la confiance et le rôle des médias de proximité
Si la défiance vise les médias « en général », la confiance demeure lorsqu’on interroge les Français sur des supports identifiés. 65 % font confiance aux journaux télévisés pour s’informer, 63 % à la presse quotidienne régionale et 58 % à la presse nationale. Les médias de proximité apparaissent comme des repères : 73 % des sondés estiment que la presse régionale met en avant les points essentiels de l’actualité, et 57 % qu’elle parle de personnes et d’événements proches de leur quotidien.
Parallèlement, de nouveaux usages progressent. 42 % des Français s’appuient désormais sur les influenceurs et créateurs de contenus pour suivre l’actualité, et 41 % utilisent des services d’intelligence artificielle pour s’informer, dont 13 % quotidiennement. Un paradoxe, alors même que 72 % disent ne pas faire confiance aux influenceurs et 60 % aux services d’IA comme sources d’information.
Malgré cette défiance majoritaire envers « les médias » comme institution, 65 % des Français continuent de les considérer comme « un contre-pouvoir essentiel ». Le baromètre met surtout en lumière des attentes claires : priorité aux faits plutôt qu’aux opinions, garanties d’indépendance et davantage de proximité avec les réalités vécues. Des leviers identifiés par Verian dans un contexte marqué par plusieurs décalages entre les usages déclarés et le niveau de confiance accordé aux différentes sources d’information.
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