Immigration : le MCC plaide pour une reprise en main nationale face à l’échec du système européen

Alors que l’ordre international hérité de l’après-guerre montre des signes de désagrégation accélérée, la question migratoire s’impose de nouveau comme l’un des points de rupture majeurs pour les sociétés européennes. Longtemps présentée comme un défi administratif ou un horizon moral indépassable, l’immigration illégale et de masse apparaît désormais, pour un nombre croissant de juristes et de responsables politiques, comme le produit d’un système juridique profondément déséquilibré. C’est ce constat que dresse une étude récente présentée à Budapest par le Mathias Corvinus Collegium, l’un des principaux centres de réflexion d’Europe centrale.

Intitulé Taking Back Control From Brussels: The Renationalization of EU Migration and Asylum Policies, le rapport propose une analyse rétrospective de trente années de politiques migratoires européennes. Son diagnostic est sévère : loin d’avoir permis une maîtrise des flux, l’architecture juridique et politique mise en place par l’Union européenne a, au contraire, créé un puissant effet d’appel, tout en privant les États de leurs leviers d’action.

Un système jugé structurellement défaillant

Lors de la présentation du rapport, les intervenants ont insisté sur un point central : l’échec de la politique migratoire européenne n’est plus une hypothèse débattue, mais un fait documenté. Malgré la fin officielle du discours de la « Willkommenskultur » depuis la crise de 2015, aucune réforme de fond n’a été engagée au niveau communautaire. La migration continue d’être traitée soit comme une opportunité abstraite, soit comme un simple problème de gestion, sans jamais être abordée comme une question de souveraineté et de sécurité.

À l’inverse, certains États membres ont démontré qu’une autre voie était possible. L’exemple de la Hongrie est régulièrement cité dans le rapport : contrôle physique des frontières, refus de la répartition automatique des migrants, politique de tolérance zéro vis-à-vis de l’immigration illégale. Des choix qui valent aujourd’hui à Budapest de lourdes sanctions financières, mais que ses dirigeants assument comme un coût acceptable au regard de la sécurité nationale.

Le droit d’asile comme facteur d’attraction

Au cœur de l’analyse figure une remise en cause du cadre juridique international de l’asile, tel qu’il est appliqué aujourd’hui en Europe. Conçu dans un contexte historique radicalement différent, ce cadre serait devenu, selon les auteurs, inadapté aux réalités contemporaines. En pratique, la possibilité de déposer une demande d’asile uniquement une fois entré sur le territoire européen transforme l’illégalité initiale en stratégie rationnelle.

Les chiffres évoqués lors des débats sont sans équivoque : une fois arrivés en Europe, les demandeurs d’asile disposent d’une probabilité très élevée de s’y maintenir durablement, indépendamment du bien-fondé juridique de leur dossier. Ce mécanisme alimente les filières de passeurs et favorise une immigration de sélection économique, puisque seuls ceux disposant de moyens suffisants peuvent entreprendre le voyage.

ONG, juges et paralysie politique

L’étude met également en lumière le rôle déterminant joué par certains acteurs non étatiques dans la définition concrète des politiques migratoires. Sous l’étiquette générique d’ONG, des organisations militantes exercent une influence juridique et médiatique considérable, souvent en opposition frontale avec les États cherchant à renforcer le contrôle de leurs frontières.

Cette dynamique s’appuie sur une judiciarisation croissante, notamment via la Cour européenne des droits de l’homme, régulièrement accusée de privilégier systématiquement les droits individuels des migrants au détriment de l’autorité des États. Pour les auteurs du rapport, cette évolution contribue à vider de sa substance le principe même de souveraineté, en transformant toute tentative de contrôle en faute morale ou juridique.

Au-delà des mécanismes techniques, le rapport assume un constat plus large : dans plusieurs pays d’Europe occidentale, les transformations démographiques et culturelles liées à l’immigration de masse pourraient devenir irréversibles. Le terme d’« effacement civilisationnel », souvent dénoncé comme excessif, est ici employé comme une hypothèse analytique, fondée sur l’observation de dynamiques déjà à l’œuvre.

Les auteurs estiment que la migration ne peut plus être pensée uniquement en termes humanitaires ou économiques. Elle constitue un enjeu de long terme pour la cohésion des sociétés européennes, leur continuité culturelle et leur capacité politique à décider pour elles-mêmes.

Reprendre le contrôle : une feuille de route juridique

Le rapport ne se limite pas à un constat critique. Il avance une série de mesures concrètes visant à permettre aux États membres de reprendre la main sur leur politique migratoire. Parmi les pistes évoquées figurent la renationalisation de certaines compétences, l’utilisation des mécanismes de dérogation prévus par les traités, et, plus largement, une réforme du droit international de l’asile.

Cette approche repose sur une idée simple : l’Union européenne ne peut intervenir que lorsqu’elle est plus efficace que les États. Or, sur la migration, le principe de subsidiarité apparaît largement violé. Sans rééquilibrage en faveur des souverainetés nationales, préviennent les auteurs, l’Europe restera enfermée dans un système qu’elle ne contrôle plus.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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2 réponses à “Immigration : le MCC plaide pour une reprise en main nationale face à l’échec du système européen”

  1. vert dit :

    La seule immigration qui marche est celle des pays du golfe et asiatique. Une immigration temporaire de travail.
    Visa lié au contrat de travail et pas de droit d’asile.
    Plus de boulot retour au pays au frais de l’employeur

  2. Lucien dit :

    Rien ne bougera jusqu’à ce qu’une radicalité excessive ne vienne s’imposer

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