Le Centre-Bretagne est confronté, depuis plusieurs années, à certains faits criminels d’une extrême gravité, sur fond de trafic de stupéfiants. Le braquage d’une famille à La Motte, dans les Côtes-d’Armor, en mars 2023, s’inscrit dans cette spirale de violences qui culminera, quelques mois plus tard, avec la disparition puis la mort présumée de François Ferreira, un quadragénaire loudéacien dont le corps n’a jamais été retrouvé.
Un braquage ciblé, préparé et d’une violence extrême
Le 13 mars 2023, à l’aube, une maison familiale située à La Motte, près de Loudéac, est attaquée par un commando de trois individus, dont un mineur. Les auteurs savent précisément ce qu’ils viennent chercher. Renseignés en amont, ils sont convaincus que le fils de la famille détient de l’argent liquide et de la cocaïne issus d’un trafic de stupéfiants.
Profitant de l’absence momentanée de la mère, les agresseurs pénètrent dans le domicile, cagoulés et armés. Les enfants sont réveillés brutalement, gazés, menacés avec une arme, ligotés à l’aide de colliers de serrage. Une jeune femme est traînée hors de son lit, partiellement dénudée, un pistolet sur la tempe. Les assaillants cherchent de l’argent et de la drogue. Sous la menace de mort, le fils remet ce qu’il possède : argent liquide, cartouches de cigarettes de contrebande, consoles. Aucune drogue n’est retrouvée.
L’intervention rapide des gendarmes, alertés par l’une des victimes parvenue à s’échapper, provoque la fuite précipitée des braqueurs. La famille restera durablement traumatisée, au point d’envisager un départ de la région.
Des auteurs déjà ancrés dans la criminalité
Les principaux auteurs de ce braquage, Alwin Neysius et William Talko, sont loin d’être inconnus de la justice. Multirécidivistes, ils évoluent dans le même milieu que leur informateur, Cédric Conord, jugé pour complicité pour les avoir « rencardés ». Tous gravitent dans un univers mêlant trafic de drogue, armes et règlements de comptes.
Le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc les condamnera à des peines de prison ferme allant jusqu’à six ans. Mais ce dossier n’est qu’un volet d’une affaire criminelle bien plus vaste.
Le meurtre présumé de François Ferreira, point de bascule
Quelques semaines avant le braquage de La Motte, François Ferreira, 44 ans, disparaît mystérieusement. Ancien détenu, toxicomane et intermédiaire dans le trafic de drogue, il aurait participé en juillet 2022 au vol d’une quantité considérable d’héroïne, d’armes et d’argent au préjudice d’un autre trafiquant du secteur, Mehdi Barbançon, alias « Mermer ».
À partir de là, une mécanique implacable s’enclenche : séquestrations, passages à tabac, surveillance rapprochée. Cédric Conord s’introduit dans la vie de la victime, gagne sa confiance, avant que François Ferreira ne disparaisse définitivement en février 2023.
Les enquêteurs retracent ses derniers déplacements, découvrent un incendie suspect dans un ancien garage à La Trinité-Porhoët, des traces de sang, des ADN concordants, des témoignages accablants. Selon l’accusation, François Ferreira aurait été séquestré, étouffé ou égorgé, puis son corps partiellement brûlé avant dispersion des restes. Aucun corps n’a jamais été retrouvé.
Cinq hommes comparaissent à partir du 27 janvier 2026 devant la cour d’assises des Côtes-d’Armor. Les chefs d’accusation sont lourds : enlèvement, séquestration suivie de mort, meurtre en bande organisée, recel de cadavre, infractions liées aux stupéfiants et aux armes.
Tous contestent leur implication directe. L’absence de corps constitue l’un des enjeux centraux de la défense. Mais les éléments matériels, les témoignages, les incohérences et les confidences rapportées par plusieurs témoins dessinent un tableau particulièrement sombre.
Au-delà des individus, cette affaire révèle une réalité plus large : celle d’un trafic de stupéfiants désormais bien implanté dans des territoires longtemps perçus comme préservés. Règlements de comptes, violences extrêmes, banalisation de la criminalité organisée : le Centre-Bretagne n’échappe plus à ces logiques.
Le procès à venir devra établir les responsabilités, mais il pose aussi une question plus large : comment une telle spirale de violence a-t-elle pu s’installer durablement au cœur de communes rurales, au point de frapper des familles entières, jusque dans leur sommeil ?
Photos : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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