Miramas : 124 ans d’histoire balayés par les normes européennes, une boulangerie contrainte de fermer

À Miramas, dans les Bouches-du-Rhône, une page d’histoire locale va se tourner à la fin du mois de mars. Après 124 ans d’existence, une boulangerie artisanale fondée en 1902 va définitivement fermer ses portes. Non pas faute de clients – la boutique ne désemplit pas – mais à la suite d’un contrôle sanitaire imposant, 22 ans après l’adoption du règlement européen, une mise en conformité jugée financièrement insurmontable par son gérant.

Jean-Pierre Halard, 61 ans, travaille dans cette boulangerie depuis l’âge de 15 ans. En 1997, il en a repris la gérance. Toute sa vie professionnelle s’est déroulée entre ces murs. Pourtant, il a décidé de cesser son activité après un contrôle réalisé il y a quelques semaines par un organisme mandaté pour vérifier la conformité aux normes en vigueur.

Le boulanger explique avoir reçu un délai de six semaines pour engager d’importants travaux. À défaut, il s’exposait à des amendes pour chaque non-conformité constatée, à un éventuel passage devant le tribunal, voire à une fermeture administrative. Face à cette perspective, il a préféré arrêter lui-même son activité.

Il faut néanmoins souligner que cette norme européenne a été instaurée…en 2004, il y a 22 ans et qu’elle n’était donc pas respectée depuis.

Des exigences jugées incompatibles avec l’artisanat traditionnel

Parmi les points soulevés lors du contrôle figure l’utilisation d’équipements traditionnels en bois : chariots, planches, toiles de travail. Ces éléments, caractéristiques du travail artisanal, seraient désormais considérés comme non conformes aux normes sanitaires actuelles. Leur remplacement aurait impliqué un renouvellement quasi complet du matériel.

Pour Jean-Pierre Halard, l’investissement nécessaire était hors de portée. Il rappelle avoir déjà engagé des dépenses pour son atelier ces dernières années. Cette nouvelle mise aux normes aurait fragilisé définitivement l’équilibre financier de son commerce.

Devant les caméras, l’émotion est palpable. Il confie son attachement à son métier et à sa clientèle, soulignant avoir passé toute sa vie dans cette boulangerie. Malgré la douleur, il affirme que sa décision est irrévocable.

Une onde de choc locale et nationale

La fermeture annoncée a suscité de nombreuses réactions à Miramas et au-delà. Dans cette commune, l’établissement faisait partie du paysage depuis plus d’un siècle. L’annonce a provoqué incompréhension et colère chez certains habitants.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs responsables politiques ont dénoncé les conséquences des normes européennes sur l’artisanat. Florian Philippot, président des Patriotes, a vivement critiqué ce qu’il considère comme un acharnement réglementaire contre les indépendants, évoquant également le poids du coût de l’énergie sur les petites entreprises.

Au-delà du débat politique, la situation sociale du boulanger interroge. Une fois la fermeture effective, Jean-Pierre Halard devrait se retrouver au RSA dans l’attente de son départ à la retraite. Sa fille, employée à la caisse, devra s’inscrire au chômage.

L’artisanat face à l’empilement réglementaire

Ce cas relance la question plus large de l’adaptation des normes sanitaires européennes aux réalités des commerces de proximité. Si la sécurité alimentaire demeure un impératif, certains artisans dénoncent un cadre administratif qu’ils jugent inadapté à leurs pratiques traditionnelles.

À Miramas, ce sont 124 années d’histoire familiale et artisanale qui s’achèvent. Une boulangerie qui affichait complet chaque jour va baisser le rideau, non par manque de clientèle, mais sous le poids d’exigences réglementaires jugées incompatibles avec sa survie économique.

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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2 réponses à “Miramas : 124 ans d’histoire balayés par les normes européennes, une boulangerie contrainte de fermer”

  1. Hadrien Lemur dit :

    Ces inspecteurs ne manquent pas de zèle quand il s’agit d’emmerder les petits commerçants traditionnels. Sont-ils aussi pointilleux avec les kébabs ?

  2. Marche à terre dit :

    Il n’y a malheureusement pas que l’artisanat qui est concerné par ces excès de normes imbéciles et ces contrôles intempestifs. C’est aussi le cas pour tous les commerces, la restauration etc…

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