Samedi 28 février 2026, la petite commune de Callac, dans les Côtes-d’Armor, a – du fait de la mobilisation quasi militante des principaux titres de presse locaux – de nouveau été placée sous tension à l’occasion d’une réunion publique organisée par le Rassemblement national sur le thème de l’agriculture. Le député européen Gilles Pennelle y est intervenu à partir de 14 heures à la salle des fêtes.
À l’extérieur, entre 150 et 200 manifestants selon les sources se sont rassemblés à proximité, à l’appel de collectifs antifascistes. Un dispositif important de gendarmerie a été déployé pour éviter tout affrontement. Les deux groupes ont été maintenus à distance, sans incident notable.
Jusque-là, rien que de très classique dans le paysage politique actuel. Ce qui interroge davantage, en revanche, c’est le traitement médiatique de l’événement.
Une couverture centrée presque exclusivement sur l’opposition
Dans la presse locale et régionale, l’essentiel des articles et reportages s’est concentré sur la mobilisation contre la venue du RN : slogans, danses devant les forces de l’ordre, témoignages de manifestants, rappels historiques et références à l’ancien projet Horizon abandonné en 2023.
En revanche, le contenu même de la réunion publique — organisée sur les enjeux agricoles en Bretagne — a été à peine évoqué. On apprend qu’une cinquantaine de personnes ont assisté aux échanges à l’intérieur de la salle. Mais sur le fond ? Les lecteurs n’en sauront absolument rien.
Quelles propositions ont été formulées concernant la crise agricole ? Quelles analyses ont été avancées sur la situation du monde rural breton ? Quels échanges ont eu lieu avec les participants ? Silence ou quasi-silence, ce qui constitue une désinformation réelle pour les habitants du canton.
Le contraste est frappant : abondance de détails sur la contre-manifestation, sobriété extrême — voire absence — sur le contenu politique présenté.

Un climat entretenu ?
Certains médias ont décrit Callac comme un « terrain de bataille », reprenant une rhétorique dramatique déjà employée lors des tensions autour du projet d’accueil de migrants il y a trois ans. Boutiques fermées, centre-bourg quadrillé, cordons de gendarmes : le décor a été largement mis en scène.
Mais la réalité factuelle est simple : une réunion publique autorisée, une manifestation déclarée, un encadrement policier et aucune confrontation.
La question se pose donc : la tension était-elle réellement structurelle, ou a-t-elle été amplifiée par un traitement médiatique focalisé sur l’opposition et la conflictualité ?
Un angle unique, un débat absent
Qu’on partage ou non les positions du RN, une réunion publique sur l’agriculture en Centre-Bretagne — territoire marqué par les difficultés du monde paysan — mérite, en théorie, un examen journalistique de fond.
Or, le lecteur reste avec l’impression d’avoir assisté à un reportage sur une mobilisation militante, plutôt qu’à un compte rendu équilibré d’un événement politique.
La presse locale, qui revendique souvent proximité et pluralisme, n’a pas jugé utile de détailler les arguments avancés par les intervenants. Elle a, en revanche, longuement relayé ceux de leurs opposants.
Étonnant choix éditorial.
Dans un contexte de défiance croissante envers les médias, ce type de déséquilibre ne peut qu’alimenter les interrogations sur l’impartialité du traitement de l’information politique, notamment lorsqu’il s’agit du Rassemblement national.
À Callac, samedi, il y avait une réunion. Il y avait une manifestation.vMais dans les colonnes de la presse locale, une seule des deux a réellement existé.
Armand LG
Crédit Photo : Karine Vayer, photographe (Reproduction interdite)
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