La question de la gestation pour autrui (GPA) continue de susciter de vifs débats en Europe. Le Groupe d’experts de Casablanca pour l’abolition universelle de la GPA a dénoncé, début mars à Berlin, la promotion commerciale de cette pratique dans un pays où elle demeure pourtant interdite par la loi.
Le 6 mars 2026, ce collectif international a participé à une conférence organisée par l’association allemande ALfA, consacrée aux enjeux éthiques et juridiques liés à la GPA. Plusieurs intervenants ont alerté sur l’essor mondial de ce marché et sur les contradictions juridiques qui entourent aujourd’hui cette pratique dans plusieurs pays européens.
Un témoignage personnel contre la GPA
Lors de cette rencontre, Olivia Maurel, porte-parole du Groupe de Casablanca, a pris la parole pour évoquer les conséquences humaines de la gestation pour autrui.
Née elle-même par GPA, elle intervient régulièrement dans les débats publics pour dénoncer ce système qu’elle juge contraire aux droits des femmes et des enfants. Son ouvrage Où es-tu, maman ?, dans lequel elle raconte son histoire personnelle et son engagement contre cette pratique, vient d’être publié en allemand.
Devant les participants de la conférence berlinoise, elle a rappelé sa position sur le principe même de la gestation pour autrui. Selon elle, ce système repose sur la séparation programmée d’un enfant et de la femme qui l’a porté, dès le moment de la naissance.
La déclaration de Casablanca
Le Groupe d’experts de Casablanca s’appuie notamment sur la Déclaration de Casablanca, un texte signé par plus de 150 experts internationaux issus du monde juridique, universitaire ou médical.
Ce document appelle les États à mettre en place une convention internationale visant à abolir la gestation pour autrui, en considérant que cette pratique ouvre la voie à un marché mondial de la reproduction.
Les signataires estiment que le développement de programmes internationaux de GPA favorise l’émergence d’une industrie transnationale qui contourne les interdictions nationales en organisant les procédures dans des pays où la législation est plus permissive.
Une manifestation contre un salon consacré à la GPA
Deux jours après la conférence, le 8 mars 2026, plusieurs militantes féministes ont manifesté à Berlin contre le salon “Wish for a Baby”, un événement où des agences internationales présentent des programmes de GPA proposés à l’étranger.
Pour les membres du Groupe de Casablanca, cette situation met en évidence une contradiction : la gestation pour autrui est interdite en Allemagne, mais des salons commerciaux peuvent néanmoins y promouvoir des solutions permettant d’y recourir dans d’autres pays.
Olivia Maurel, présente lors de cette mobilisation, a dénoncé ce qu’elle considère comme une incohérence juridique. Selon elle, interdire officiellement la GPA tout en laissant se développer des événements commerciaux qui expliquent comment contourner cette interdiction pose un problème de cohérence des politiques publiques.
Un appel à une régulation internationale
Face à cette situation, les experts du Groupe de Casablanca appellent les autorités européennes et internationales à renforcer leur action.
Ils demandent notamment que les États s’appuient sur le rapport publié le 14 juillet 2025 par la rapporteuse spéciale des Nations unies Reem Alsalem, qui appelle à une réflexion globale sur la régulation de la gestation pour autrui.
Selon les signataires de la déclaration, la multiplication des programmes transnationaux de GPA soulève des questions éthiques, juridiques et sociales qui dépassent désormais le cadre des législations nationales.
Le débat sur la gestation pour autrui, déjà très sensible en Europe, pourrait ainsi continuer de s’intensifier dans les années à venir, à mesure que se développe ce marché international de la reproduction.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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