Sabri Essid devant la cour d’assises : la France juge enfin un djihadiste pour le génocide des Yézidis

Pour la première fois, la justice française se penche, sous la qualification de génocide, sur l’extermination méthodique menée par l’Etat islamique contre les Yézidis. Depuis le 16 mars, devant la cour d’assises de Paris, Sabri Essid, djihadiste toulousain présumé mort mais jugé par défaut, comparaît pour génocide et crimes contre l’humanité. Au-delà du seul parcours d’un terroriste français, c’est une part de la barbarie islamiste la plus nue qui remonte à la surface : enlèvements, marchés aux esclaves, viols répétés, enfants arrachés à leurs familles, femmes traitées comme un butin de guerre.

Un procès historique pour la justice française

Ce procès marque une rupture. Jusqu’ici, la France jugeait le plus souvent ses djihadistes de retour ou absents sous l’angle du terrorisme. Cette fois, la qualification est d’une tout autre portée : il s’agit de juger la participation d’un ressortissant français à une entreprise d’anéantissement visant une minorité religieuse précise, les Yézidis, persécutés à partir d’août 2014 dans la région du Sinjar, en Irak, puis dans les territoires syriens contrôlés par Daech.

Sabri Essid devient ainsi le premier Français jugé dans ce cadre pour les crimes commis contre cette communauté kurdophone non musulmane, frappée par une politique d’extermination et d’asservissement systématique. Le symbole est fort. Il dit aussi le retard français sur un dossier que d’autres pays européens, comme l’Allemagne, la Suède ou la Belgique, avaient déjà commencé à traiter sur le terrain du génocide.

Le parcours d’un fanatique venu de Toulouse

Le nom de Sabri Essid n’est pas inconnu. Né en 1984 à Toulouse, il est le demi-frère par alliance de Mohamed Merah, le terroriste des tueries de Toulouse et Montauban. Son nom apparaît depuis longtemps dans la sphère du djihadisme toulousain. Condamné en France en 2009 pour association de malfaiteurs terroriste, il rejoint malgré tout l’Etat islamique en 2014, emmenant avec lui sa famille.

Son visage avait déjà sidéré l’opinion lorsqu’il apparaissait en 2015 dans une vidéo de propagande de Daech, aux côtés d’un enfant contraint d’exécuter un prisonnier. Cette scène glaçante n’était pas un accident de parcours, mais l’expression d’une logique : celle d’un militant islamiste radical ancien, pleinement immergé dans l’univers mental et criminel du califat.

Aujourd’hui, l’accusation lui reproche bien davantage encore : s’être associé entièrement à la politique d’asservissement des Yézidis, et l’avoir lui-même appliquée.

Femmes vendues, violées, déplacées comme du bétail

Au cœur de ce procès, il y a les victimes. Des femmes yézidies, parties civiles, doivent raconter à la barre ce que fut leur enfermement dans l’univers concentrationnaire de Daech. Les juges reprochent à Sabri Essid d’avoir acheté plusieurs captives sur des marchés aux esclaves, de les avoir détenues, violées à répétition, affamées, privées d’eau, déplacées au gré des besoins du système djihadiste.

Le mot d’« esclavage sexuel » n’a rien d’exagéré ici. Il décrit une réalité documentée depuis des années : l’Etat islamique avait organisé une véritable administration de la traite humaine. Les femmes et les fillettes yézidies étaient recensées, photographiées, revendues, échangées, offertes. Dans certains réseaux infiltrés par des militants et des ONG, on retrouvait des annonces d’une crudité effroyable, où des enfants étaient proposés comme de simples marchandises.

C’est précisément ce travail de documentation, patient et risqué, qui a permis de remonter jusqu’à plusieurs victimes présumées de Sabri Essid. Derrière les qualifications juridiques, il y a donc une mécanique très concrète : celle d’une chasse à l’être humain justifiée par une idéologie islamiste totalitaire.

Le génocide des Yézidis, crime longtemps relégué au second plan

L’intérêt majeur de ce procès est aussi de forcer la justice et l’opinion à regarder en face ce que fut le sort réservé aux Yézidis. Pendant des années, ce drame a souvent été noyé dans une vision générale de la guerre contre Daech, comme si toutes les violences se valaient, comme s’il ne fallait pas nommer le projet spécifique poursuivi par l’organisation terroriste.

Or il ne s’agissait pas seulement de guerre, ni seulement de terrorisme. Il s’agissait d’une volonté de détruire un peuple en tant que peuple, de le briser dans sa continuité biologique, spirituelle et familiale. Les hommes étaient massacrés, les femmes transformées en esclaves, les enfants convertis de force et embrigadés. C’est cela que le mot génocide vient enfin dire en droit français.

Cette reconnaissance judiciaire compte pour les survivants, mais aussi pour la mémoire européenne. Car les djihadistes français partis en Syrie et en Irak n’ont pas seulement prêté main-forte à une organisation terroriste abstraite : certains ont participé à des crimes de masse d’une brutalité qui rappelle les heures les plus sombres du XXe siècle.

Une menace française (de papier) et islamiste

L’affaire Sabri Essid rappelle enfin une vérité trop souvent minimisée : la barbarie de Daech n’était pas seulement irakienne ou syrienne. Elle fut aussi, en partie, française (de papier). Des hommes nés, élevés ou passés par la France ont rejoint le califat, s’y sont fondus et ont pris part à ses crimes. Certains sont morts, d’autres se cachent, d’autres encore pourraient réapparaître.

Le fait qu’Essid soit jugé par défaut n’enlève rien à la nécessité du procès. Au contraire. L’expérience a montré que plusieurs djihadistes annoncés morts ont parfois refait surface. Et même en l’absence de l’accusé, la justice a le devoir de poser des faits, d’entendre les victimes, d’inscrire noir sur blanc ce qui s’est passé.

Il ne s’agit donc pas seulement de solder un dossier. Il s’agit de rappeler que l’islamisme armé n’a pas seulement frappé l’Occident par les attentats : il a aussi produit, dans les zones qu’il contrôlait, des systèmes d’esclavage, de viols et d’extermination assumée. Ceux qui y ont participé depuis la France doivent être nommés, jugés et, autant que possible, condamnés.

Ce procès ne réparera jamais l’irréparable. Il ne rendra ni les morts, ni l’enfance volée, ni la dignité piétinée des captives. Mais il permet au moins une chose essentielle : sortir le génocide yézidi du brouillard, l’arracher à l’oubli, et faire entrer dans le droit français cette réalité que tant de survivants portent depuis plus de dix ans.

Il était temps. Parce qu’un pays qui laisse sans nom les crimes de ses propres djihadistes renonce à regarder le réel. Parce qu’en matière de terrorisme islamiste, la faiblesse lexicale prépare souvent la faiblesse politique. Et parce qu’enfin, face à l’esclavage, au viol de masse et à l’extermination religieuse, il ne peut y avoir ni demi-mots, ni détour.

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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Une réponse à “Sabri Essid devant la cour d’assises : la France juge enfin un djihadiste pour le génocide des Yézidis”

  1. vert dit :

    Un binational franco magrebin.
    Dechéance de la nationalité française et explusion au bled

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