Dinan. Le riz a un bel avenir devant lui en Bretagne !

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12/04/2017 – 07H20 Dinan (Breizh-info.com) – Le 25 février dernier Alexandre Reis et Alexandre Laverty faisaient déguster leur première récolte de riz 100 % breton. Aujourd’hui, l’expérimentation se poursuit avec de belles perspectives de développement pour cette nouvelle agriculture en Bretagne.

Les perspectives d’avenir

Les résultats de cette première phase expérimentale s’avèrent à la fois positifs et instructifs. C’est une semence italienne qui s’est finalement le mieux acclimatée en Bretagne.

Pour mémoire, sept variétés avaient été plantées, seulement trois ont été récoltées et désormais il n’en reste qu’une. Fait étonnant cette variété qui est blanche partout, est devenue ici vert émeraude. Est-ce lié au climat, à la terre de faluns dans laquelle elle est plantée, à la proximité de la côte d’Émeraude et donc l’iode ? Pour l’instant le mystère reste entier, en tout cas elle affiche déjà clairement son territoire et aussi sa singularité gustative.

Ce riz complet offre des saveurs de cacahuète, de vanille, et une texture proche du quinoa, avec un cœur moelleux, tout en restant ferme à l’extérieur. Bref un vrai Breton

Cette toute nouvelle semence née en Bretagne va désormais être plantée sur 500 m², afin de poursuivre l’expérimentation. Des tests avec d’autres semences vont se poursuivre en parallèle. L’objectif à terme est de déposer un label et obtenir une AOP pour ce riz breton. Un riz complet, protégé qui pousse donc en terre de falun au cœur de la vallée de la Rance et en culture biologique.

Côté rendement

Il faut aujourd’hui 4 kg de semence de ce riz breton pour 1 hectare planté, le rendement est de 1,3 tonnes. Dans les autres régions de production, en zones immergées, aujourd’hui il faut entre 70 et 80 kg de semence/hectares pour 2 à 5 tonnes de rendement, en culture bio comme c’est le cas sur le riz breton.

Le rendement en Bretagne est donc proportionnellement de 7 à 11 fois supérieur, sur la même variété. Les perspectives de développement sont réelles, pour proposer un riz d’exception, loin des modèles industriels. Un riz responsable cultivé en zone humide, qui préserve au passage son écosystème. Cette expérimentation réussie ouvre donc la voie à une nouvelle agriculture, de nouvelles ressources économiques et donc de l’emploi.

Alexandre Reis espère dès cette année améliorer ses quotas, riche d’une bonne expérience sur ces terres déjà cultivées.

Développer un riz breton, l’incroyable défi

Alexandre Reis est un exemple de reconversion et de passion. Cet homme, habité par les valeurs de la terre, a commencé des cultures expérimentales dans le but de développer une semence de riz qui puisse être cultivée en Bretagne. Grâce à des paysans ingénieurs agronomes italiens et asiatiques qui lui ont confié plusieurs variétés de semences, et aussi par le biais du CFR (centre français du riz) il souhaite expérimenter, acclimater et faire labelliser une semence de riz spécifiquement adaptée aux spécificités bretonnes.

L’expérimentation est prévue sur trois ans. À terme, Alexandre Reis et son associé Alexandre Laverty ont pour objectif d’obtenir une semence de riz assez résistante et de la faire labelliser.

Alexandre Reis est né au Portugal. Il a fait sa carrière au gré de voyages tant en France qu’à l’étranger comme free-lance pour la haute couture. Une activité à mille lieues de sa vie actuelle. En 2010, tombé amoureux de la région pendant des vacances, il n’en est jamais reparti. A Evran, il fait l’acquisition d’une demeure du 18ème siècle entourée de 5 hectares de terres. Un site exceptionnel qui fait naitre en lui un nouveau projet. Il se lance dans l’agriculture et cultive du safran avant de se lancer dans la production du premier riz breton.

Appuyé par le label « made in Dinan » – dont il est ambassadeur, il peut ainsi mener à bien son expérimentation tout en assurant la promotion du patrimoine local.

Crédit photo : DR
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