L’Odyssée, Le héros de Berlin, The Last Viking, L’Aventure rêvée, Comète, Kayara Princesse inca : voici la sélection cinéma hebdomadaire.
Belle semaine pour les salles obscures : ce 15 juillet, six films aux ambitions très différentes arrivent à l’affiche, du blockbuster mondial le plus attendu de l’été à la comédie noire scandinave, en passant par le film d’animation familial et le drame d’auteur primé à Cannes. Tour d’horizon.
L’Odyssée : le monument d’Homère à l’épreuve du casting militant
C’est l’événement de l’été et la sortie la plus commentée. Christopher Nolan, auréolé du triomphe d’Oppenheimer, s’attaque au poème fondateur de la civilisation occidentale avec une adaptation tournée intégralement en IMAX 70 mm, à travers l’Italie, la Grèce, le Maroc, l’Islande et l’Écosse. Matt Damon y incarne Ulysse, entouré d’Anne Hathaway (Pénélope), Tom Holland (Télémaque), Zendaya (Athéna) et Charlize Theron (Calypso).
Sur le papier, de quoi séduire les amateurs d’épopée antique. Dans les faits, le film traîne depuis des mois une polémique tenace autour de ses choix de distribution. Nolan a confié le rôle d’Hélène de Troie — décrite par Homère comme la plus belle femme du monde, celle dont l’enlèvement déclenche la guerre de Troie — à l’actrice Lupita Nyong’o, née au Mexique de parents kényans, qui interprète également sa sœur Clytemnestre. Le réalisateur a par ailleurs distribué l’acteur transgenre Elliot Page dans le rôle de Sinon, un soldat grec, et le rappeur Travis Scott en aède, Nolan expliquant vouloir rapprocher le rap de la poésie orale antique.
Ces partis pris ont déclenché un tollé. La dernière bande-annonce a accumulé les réactions négatives, et des voix, d’Elon Musk à divers commentateurs, ont dénoncé un plaquage des standards idéologiques contemporains sur un récit vieux de près de trois mille ans. Le quotidien britannique The Guardian s’est lui-même interrogé sur une adaptation d’un mythe grec « entièrement dépourvue de Grecs ». Face aux critiques, Lupita Nyong’o a balayé la controverse, déclarant ne pas vouloir perdre son temps à se justifier, tandis que la presse gauchiste a requalifié les objections en simple « racisme ». Reste que, porté par la réputation technique de Nolan, le film est attendu comme un succès commercial. Les spectateurs trancheront sur pièces.
The Last Viking : Mads Mikkelsen persuadé d’être John Lennon
Changement complet de registre avec le retour du duo danois Anders Thomas Jensen et Mads Mikkelsen, réunis pour la sixième fois après le succès de Riders of Justice. Dans cette comédie noire, un braqueur tout juste sorti de quinze ans de prison cherche à récupérer son butin. Problème : le seul à en connaître la cachette est son frère aîné, joué par un Mikkelsen à contre-emploi, atteint d’un trouble dissociatif et convaincu d’être la réincarnation de John Lennon. Mêlant burlesque absurde et thriller poisseux, le film assume des écarts de ton radicaux, portés par une prestation habitée de l’acteur danois. Interdit aux moins de 12 ans.
Le Héros de Berlin : l’imposture au pays de la RDA
Autre pépite européenne, cette comédie dramatique allemande est le dernier film de Wolfgang Becker, réalisateur de Good Bye, Lenin!, disparu avant d’avoir pu l’achever. On y suit Micha Hartung, propriétaire d’un vidéoclub berlinois au bord de la faillite, soudain présenté par un journaliste, à l’occasion des trente ans de la chute du Mur, comme le cerveau d’une évasion massive de RDA — un exploit qu’il n’a jamais accompli. Happé par l’engrenage médiatique du mensonge, le héros malgré lui devient un phénomène national. Une fable maligne sur la fabrique des héros et la manipulation de la mémoire, adaptée du roman de Maxim Leo.
Comète : chronique parisienne sous le ciel étoilé
Côté français, Élie Wajeman signe avec Comète un film choral tourné avec très peu de moyens autour du nord-est parisien. Le temps du passage d’une comète au-dessus de la capitale, des destins se croisent : deux amis qui font le point sur leur vie, une jeune femme retrouvant un père disparu, une autre livrant de la drogue pour son frère, une troupe répétant Les Trois Sœurs de Tchekhov. Né d’un atelier réunissant dix-huit comédiens, porté par Vincent Macaigne, le film revendique une dimension collective et contemplative, à la frontière du documentaire et de la fiction.
L’Aventure rêvée : les Balkans en clair-obscur
Récompensée du Prix du jury au dernier Festival de Cannes, la réalisatrice allemande Valeska Grisebach fait son retour, près de dix ans après Western. À Svilengrad, petite ville de la frontière bulgare, aux confins d’une Europe délaissée, une archéologue nommée Veska renoue avec un ami d’enfance et se retrouve peu à peu happée par une société criminelle qui règne sur la région. Un drame âpre et dépouillé, à l’atmosphère quasi ethnographique, qui explore le patriarcat, les trafics et les rapports de force d’une Europe périphérique rarement filmée. Une œuvre exigeante de près de deux heures quarante, à réserver aux amateurs de cinéma d’auteur.
Kayara, princesse inca : l’aventure animée pour toute la famille
Pour les plus jeunes enfin, ce film d’animation péruvien signé Cesar Zelada, présenté comme le nouveau projet des créateurs d’Ainbo, princesse d’Amazonie, emmène les spectateurs au cœur de l’Empire inca. Kayara, une adolescente de seize ans, rêve de rejoindre les Chasquis, ces messagers d’élite parcourant le royaume — une fonction réservée aux hommes. Elle se déguise alors en garçon pour participer à la grande Course des Messagers. Récit initiatique classique dans la lignée de Mulan, le film met surtout en lumière une civilisation rarement portée à l’écran et valorise les paysages andins. Accessible dès 6 ans.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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