Sortie d’un atlas sonore des langues régionales en France

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21/06/2017 – 06h50 Rennes (Breizh-Info.com) –  Trois chercheurs du laboratoire UPR3251 du CNRS  viennent de publier un atlas de France des langues régionales.  Il s’agit d’un Atlas sonore des langues régionales  et des dialectes parlés dans l’hexagone, au total 124. Philippe Boula de Mareuil, qui travaille aussi sur les accents du français, met ainsi à la disposition de tous de précieux matériaux pour découvrir ces langues, d’un clic…

Pour bien sensibiliser l’auditeur à la richesse linguistique de l’hexagone, les chercheurs du CNRS ont demandé à des locaux de lire « la bise et le soleil », tirée de la fable d’Esope « Borée et le soleil » .

Basque, breton, catalan, alsacien, picard, corse : au lecteur de découvrir chaque version. Pour la langue bretonne, 4 versions différentes (Lannion, Lesneven, Quimper et Auray). Pour le gallo, on retrouve Pacé, Serent ou encore l’Epine.

Il s’agit d’une carte colorée, cliquable, et à chaque version, vous pourrez lire le texte dans la langue ou le parlé de votre choix.

Voici le texte initial :

La bise et le soleil se disputaient, chacun assurant qu’il était le plus fort, quand ils ont vu un voyageur qui s’avançait, enveloppé dans son manteau. Ils sont tombés d’accord que celui qui arriverait le premier à faire ôter son manteau au voyageur serait regardé comme le plus fort. Alors, la bise s’est mise à souffler de toute sa force mais plus elle soufflait, plus le voyageur serrait son manteau autour de lui et à la fin, la bise a renoncé à le lui faire ôter.

Alors le soleil a commencé à briller et au bout d’un moment, le voyageur, réchauffé a ôté son manteau. Ainsi, la bise a du reconnaître que le soleil était le plus fort des deux.

Consulter l’Atlas ici

Crédit photo : DR
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  • Gwendal Pennanech

    « langues régionales » est une expression à la fois impropre- puisque ces langues ne recouvrent pas les « régions », insultante puisqu’elle valorise implicitement « la langue de la République » à leurs dépends , et enfin soiree de confusion puisqu’on met sur le même plan des dialectes de la langue d’Oil, d’autres langues romanes et des langues appartenant à d’autres groupes linguistiques comme le breton. On aurait plus vite fait de parler de « langues autochtones parlées dans l’hexagone »

    • carausios

      Me a zo a du ganeoc’h Gwendal. Ouzhpenn-se ar yezh komzet e Flandrez-C’hall eo an Izelvroeg. Ar « Flamand de l’Ouest a zo ar rannyezh lec’hel du-se eus an Izelvroeg.

  • Erwan du Radôme

    Riche idée ! Avec le fait que les langues régionales sont considérées constitutionnellement comme appartenant au patrimoine de la France, avec l’ouverture d’une agrégation pour le breton, le corse et l’occitan et de plus en plus de mesures pour valoriser et préserver ces langues, on voit que la situation s’améliore petit à petit. Il était plus que temps, me direz-vous, car la plupart de ces langues et dialectes sont moribonds, voire presque éteints.

    Ceci m’amène à penser que la défense de la variété des régions françaises sort du milieu restreint du régionalisme, de l’autonomisme…et touche de plus en plus de monde. Le régionalisme — comme défense et illustration de ce qui fait la variété régionale des citoyens français par la promotion du principe de subsidiarité, notamment culturelle —, comme l’écologie, devrait être l’affaire de tous et non attaché à un parti et devrait s’imposer dans tous les partis. C’est ce qu’on a vu avec l’écologie, ces quinze dernières années; gageons qu’il en ira de même avec le régionalisme (d’ailleurs, quelques élus régionalistes bretons siègent avec La République en Marche au parlement : Paul Molac, Yannick Kerlogot).

  • Alain

    Idem, l’utilisation du terme langue régionale pose un problème.
    Son utilisation est uniquement politique pour établir une hiérarchie avec la langue coloniale imposée.

    En Bretagne, la langue bretonne est nationale car liée à l’histoire d’une nation (les livres d’histoire sont disponibles en librairie pour ceux qui ne comprennent pas).

    D’ailleurs, la ligne coupant la Bretagne en deux n’a aucun sens historique (ou du moins pas celui qu’on aime à lui donner: Voir L.Fleuriot), et son dessin actuel ne représente que la dernière limite avant l’extinction programmée et appliquée par la République.

    La langue Bretonne était parlée partout en Bretagne mais aussi dans le Cotentin, en Picardie et le long de la Loire. Un fait qui est rarement évoqué, on se doute du pourquoi…

    Bien entendu, dans les territoires extérieures à la Bretagne cette langue n’a pas survécu au delà du 9ème siècle. Dans les territoires de l’est breton la langue a lentement perdue du terrain à partir du 10ème siècle, aujourd’hui elle a quasiment disparue de toute la Bretagne suite à une politique colonialiste active.

    Il est intéressant de voir que certaines personnes affirment que la langue n’a jamais été parlé dans des régions de Bretagne ou les villes, les champs, les lieux dits portent des noms issus du breton… (ce qui est pratiquent le cas partout) On n’est plus à une absurdité prêt… Comme d’ailleurs le fait que Guérande est indiqué comme non brittophone alors que les habitants parlaient encore breton au début du 20ème siècle.

    Aujourd’hui, la langue renait progressivement un peu partout en Bretagne… Certes, il existe une majorité dans l’ouest, mais l’est est également demandeur. Ce qui rend cette ligne de séparation là aussi sans réalité.

    Je n’évoque pas le Gallo qui n’est pas une langue nationale car n’étant pas lié historiquement à l’ensemble de la nation bretonne. Néanmoins son apparition dans l’est breton est une richesse supplémentaire (sans jugement de valeurs) pour les habitants ces territoires (là aussi, voir L.Fleuriot pour en savoir plus).

    Pour ceux qui voudraient débattre au sujet de la langue coloniale, cette carte à au moins le mérite de la repositionner sur son territoire réel (le territoire référencé : CEN)

    • Anta

      Votre commentaire est intéressant. La partie où vous parlez du recul du Breton m’a fait penser que l’Occitan remontait historiquement bien plus au nord, par exemple en Saintonge, dans le Poitou également. Mais les cartes habituelles, telle que celle utilisée ici, sont du 19ème siècle et le recul dans ces territoires s’est fait bien plus tôt (guerre de cent ans pour la Saintonge par exemple). De là à penser que nos deux langues furent un temps voisines ou presque…