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14/12/2015 – 08H00 France (Breizh-info.com) – Les multinationales américaines partent en guerre contre le piratage informatique en France. Après la loi Hadopi contre le piratage informatique ( de la musique et du cinéma essentiellement) adoptée il y a plusieurs années par le gouvernement, c’est la société américaine BSA qui mène campagne notamment via les réseaux sociaux pour appeler à la dénonciation (avec une rémunération à la clé) de ceux qui possèdent des logiciels pirates.
BSA – The Software Alliance est une association regroupant les plus riches fabricants de logiciels propriétaires (Adobe, Microsoft …) et dont la raison d’être principale est la lutte contre le piratage des logiciels électroniques.
Dans la version française de son appel à la dénonciation (BSA a traduit sa campagne pour plusieurs pays, dans de nombreuses langues), BSA indique : « SIGNALEZ UN CAS DE PIRATAGE ! VOTRE RAPPORT EST CONFIDENTIEL ». Ambiance. Explications : « Les données personnelles que vous fournissez dans ce rapport sont traitées par BSA Europe pour engager des actions de sensibilisation voire des actions judiciaires à l’encontre des entreprises qui portent atteinte aux droits d’auteur sur les logiciels appartenant aux éditeurs membres de BSA.».
Mais la campagne d’incitation à la délation ne s’arrête pas là : une rémunération de « la balance » est également proposée , uniquement si il s’agit de dénonciation d’entreprises : « La BSA est disposée à vous verser une récompense qui s’élèverait à 10 % de l’indemnité qu’elle percevrait en vertu du règlement financier ou de la décision judiciaire obtenue suite à votre signalement, avec un montant maximum de 10 000 €. ». Pour les éventuels nigauds qui s’attendraient à pouvoir se faire de l’argent de poche en dénonçant telle ou telle entreprise, sachez toutefois que la procédure est particulièrement longue pour se faire rémunérer, et que « la récompense pourra seulement être accordée si, suite à l’enquête qu’elle aura menée et en conséquence directe de l’information que vous lui aurez préalablement communiquée, la BSA reçoit un règlement financier de l’entreprise ayant fait l’objet du signalement.».
Voilà en tout cas qui devrait favoriser l’essor (déjà important) du logiciel libre, des produits développés par des guérilléros de l’informatique face aux multinationales.
En France, les appels à la dénonciation de son voisin se multiplient. Outre les « signalements » d’une potentielle radicalisation ( « Un adolescent qui refuse du jambon et qui se laisse pousser la barbe pourra être signalé par sa grand mère » nous confie un policier du renseignement), les grandes entreprises s’y mettent aussi (comme avec le cas de BSA), sans compter l’Etat : le député PS Yann Galut a déposé une proposition de loi à l’Assemblée nationale (à laquelle le ministre de l’Economie semble adhérer) permettant au fisc de rémunérer les délateurs afin de multiplier les redressements fiscaux. Pour protéger les lanceurs d’alerte au sein de leur entreprise et les rémunérer au regard du« dommage moral et financier » que subiraient ceux qu’ils glorifient comme des « héros citoyen… esseulés, sans moyens, sans protecteurs, sans accompagnement ».
La délation a manifestement de longues années devant elle en France …
Photo : DR
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2 réponses à “BSA, the Software alliance finance la délation des pirates informatiques”
Le piratage de logiciel est un vol. L’objectif des pirates est de s’approprier le travail réalisé par quelqu’un d’autre. BSA ne fait pas autre chose qu’une association de commerçants qui se cotiseraient pour installer des vigiles dans une galerie commerciale. Contrer ceux qui en veulent à votre argent en payant ceux qui vous aident à les en empêcher me paraît entièrement normal.
Dans un monde idéal, BSA ne devrait pas exister parce que l’Etat ferait son travail en arrêtant les délinquants. Mais les vigiles, les caméras de télésurveillance et les assurances-vol ne devraient pas exister non plus. Ce qui est alarmant chez BSA n’est pas que cette association fasse appel à la délation, c’est qu’elle ait besoin de le faire !
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