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Le 27 octobre 1967, l’Abortion Act recevait la sanction royale au Royaume-Uni. 59 ans plus tard, l’organisation pro-vie Right To Life UK a marqué cet anniversaire en publiant un décompte : selon ses projections, 11 256 470 enfants à naître ont été avortés dans le pays depuis l’entrée en vigueur de la loi. Cela représente, selon elle, un avortement toutes les 2 minutes, soit 34 par heure.
Un record en 2023
Le dernier bilan officiel complet pour l’Angleterre et le pays de Galles, publié par le ministère britannique de la Santé, porte sur l’année 2023. Il fait état de 278 740 avortements, soit 26 618 de plus qu’en 2022, une hausse de 10,56 %. C’est le chiffre annuel le plus élevé jamais enregistré dans ces 2 nations.
Right To Life UK relève que cette progression coïncide avec la 3e année complète de fonctionnement des services d’avortement à domicile, qui permettent depuis la pandémie de Covid de se procurer par correspondance les pilules abortives, après une simple consultation à distance.
Le décompte global de l’organisation repose sur des projections. Faute de statistiques plus récentes, elle considère que le nombre quotidien d’avortements est resté identique depuis 2023 en Angleterre et au pays de Galles, et depuis 2025 en Écosse, et que les chiffres de l’Irlande du Nord antérieurs à 2007 ne sont pas disponibles.
La dépénalisation adoptée
Le 59e anniversaire de la loi intervient quelques mois après une réforme majeure. Portée par la députée travailliste Tonia Antoniazzi, une modification du Crime and Policing Bill, un vaste projet de loi pénal, a été adoptée par les Communes à une large majorité. La Chambre des lords l’a ensuite approuvée le 18 mars 2026, par 185 voix contre 148.
Le texte modifie une loi de 1861 qui faisait de l’avortement un délit. Il retire entièrement les femmes du champ pénal : elles ne peuvent plus faire l’objet d’une enquête ou de poursuites pour avoir provoqué elles-mêmes la fin de leur grossesse. La loi continue en revanche de sanctionner quiconque aide une femme, y compris un professionnel de santé, à avorter en dehors du cadre légal, qui fixe la limite à 24 semaines de grossesse, sauf exceptions médicales.
Right To Life UK qualifie cette réforme d’« avortement jusqu’à la naissance ». Pour l’organisation, une femme peut désormais mettre fin à sa grossesse à n’importe quel stade et pour n’importe quel motif, y compris le sexe de l’enfant, sans risque pénal. Elle redoute une multiplication des avortements tardifs pratiqués à domicile, dangereux pour la santé des femmes, et la mort d’enfants viables bien au-delà de la limite légale. Elle dénonce aussi la méthode : l’amendement a été adopté aux Communes après seulement 46 minutes de débat, sans consultation publique, sans examen en commission et sans auditions d’experts. Selon l’organisation, Tonia Antoniazzi a déclaré dans un entretien qu’elle acceptait qu’une femme puisse avorter d’un enfant viable à 37 semaines.
La réforme a suscité de vives réactions. Plus de 1 000 professionnels de santé avaient appelé le Parlement à la rejeter, et des commentateurs des 2 camps, pro-vie comme favorables à l’avortement, l’ont critiquée. Lors d’un sondage en ligne organisé par le Daily Telegraph, 91 % des quelque 28 000 participants se sont dits opposés au texte.
« Qui seraient-ils aujourd’hui ? »
En 2022, au moment où le cap des 10 millions était franchi selon ses calculs, Right To Life UK avait diffusé une vidéo, The Ten Million, imaginant ce que seraient devenus ces enfants. Environ 500 000 auraient aujourd’hui la cinquantaine, près de 2 millions auraient entre 20 et 49 ans dans chaque décennie, 1,5 million seraient adolescents, et la moitié seraient des femmes. L’organisation estimait qu’ils auraient donné lieu à 2,9 millions de mariages supplémentaires.
Lord Alton et le droit à la vie
L’organisation rappelle aussi le discours prononcé en 2017, pour les 50 ans de la loi, par Lord Alton, figure catholique de la Chambre des lords. Il y soulignait que la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, signée par le Royaume-Uni, garantit le droit à la vie, sans lequel tous les autres droits perdent leur sens. Il dénonçait également le financement, par l’aide publique britannique, de programmes d’avortement dans les pays en développement, perçu par certains militants locaux comme une forme de néocolonialisme. Il annonçait déjà la campagne de dépénalisation, qu’il présentait comme une voie vers l’avortement sans limite jusqu’à la naissance.
Ce que disent les sondages
Right To Life UK s’appuie enfin sur un sondage de l’institut ComRes. Seul 1 % des Britanniques y soutiennent l’avortement jusqu’à la naissance, et les personnes interrogées placent cette réforme au dernier rang de 20 priorités possibles pour le Parlement. 89 % de la population et 91 % des femmes souhaitent une interdiction explicite des avortements sélectifs selon le sexe. 60 % de la population et 70 % des femmes veulent abaisser la limite actuelle de 24 semaines. 93 % des femmes estiment qu’une femme envisageant d’avorter devrait avoir droit à un accompagnement indépendant, par une structure sans intérêt financier dans sa décision. Enfin, 65 % de la population s’opposent au financement public d’avortements à l’étranger.
Pour Catherine Robinson, porte-parole de l’organisation, « nos lois sur l’avortement continuent d’échouer, envers les femmes comme envers les bébés à naître ». Elle appelle les Britanniques à interpeller députés et lords pour obtenir de nouvelles protections pour l’enfant à naître, et à s’engager bénévolement auprès des centres d’accompagnement des femmes enceintes.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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