L’ADN des Britanniques est moins saxon, moins viking et moins celte qu’on ne croit

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04/05/2015 – 07H00 Édimbourg (Breizh-info.com) ‑ La prestigieuse revue Nature a publié récemment une étude passionnante sur les origines génétiques de la population britannique, The fine-scale genetic structure of the British population. Œuvre d’une solide équipe de chercheurs(1) de l’University of Oxford, de l’University College London et du Murdoch Childrens Research Institute (Australie) emmenée par le statisticien Stephen Leslie, elle repose sur une analyse détaillée de l’ADN de 2 039 britanniques « de souche ». Des comparaisons avec des prélèvements provenant de 6 209 personnes de dix pays voisins ont permis de mettre en évidence leurs liens avec d’autres populations européennes.

L’étude a montré une relative homogénéité de la population du sud et du centre de l’Angleterre. Cependant, les Saxons représentent moins de la moitié de l’ascendance de cette population – plus probablement entre 10 et 40 %, soit moins qu’on ne le pensait jusque-là compte tenu des bouleversement apportés dans la langue, les noms de lieux et l’agriculture par les invasions saxonnes. Malgré leur longue présence attestée, les Vikings auraient laissé très peu de traces génétiques, sauf dans les Orcades, qui ont fait partie de la Norvège de 875 à 1472 ; et même là, leur place dans le « profil ancestral » des habitants actuels ne dépasse pas 25 %.

En revanche, trois groupes de populations européennes ont apporté une contribution spécialement importante au peuplement actuel ; ils se situent en Allemagne de l’ouest, en Flandres et dans le nord-ouest de la France. Ce dernier groupe est spécialement apparenté aux populations du Pays de Galles, d’Irlande du Nord et d’Écosse de l’ouest.

Faut-il y voir la trace d’un unique peuplement celtique des deux côtés de la Manche ? Sur ce point, les auteurs de l’étude sont clairs : « nous n’avons constaté aucune évidence d’une population ‘celtique’ générale dans les parties non saxonnes du Royaume-Uni ». De nombreux groupes génétiques distincts voisinent en Irlande du Nord, en Écosse et au Pays de Galles. Les populations galloises apparaissent comme les plus proches des premiers occupants de la Grande-Bretagne installés au Royaume-Uni après la dernière ère glaciaire. Le profil ancestral de la Cornouaille est très différent de ceux du Pays de Galles mais proche de celui du Devon.

On espère qu’une étude du même genre viendra éclairer la génétique de la population bretonne avant que les migrations et l’immigration contemporaines ne l’aient rendue illisible.

_____________

(1) Stephen Leslie, Bruce Winney, Garrett Hellenthal, Dan Davison, Abdelhamid Boumertit, Tammy Day, Katarzyna Hutnik, Ellen C. Royrvik, Barry Cunliffe, Wellcome Trust Case Control Consortium, International Multiple Sclerosis Genetics Consortium, Daniel J. Lawson, Daniel Falush, Colin Freeman, Matti Pirinen, Simon Myers, Mark Robinson, Peter Donnelly, Walter Bodmer

Illustration : extrait partiel d’une figure de l’étude Fortune
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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2 réponses à “L’ADN des Britanniques est moins saxon, moins viking et moins celte qu’on ne croit”

  1. jeans dit :

    Fine-scale human genetic structure in Western France
    http://t.co/K1CTx6VomA

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