Jean-Pierre Auffret (LNPLV) : « bien s’informer sur les vaccins pour choisir et défendre ses positions »

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23/11/2015 – 06H30 Rennes (Breizh-info.com) – A Tours, un pédiatre vient d’être suspendu sur décision de l’ARS (Agence Régionale de Santé) pour avoir fait une fausse déclaration de vaccination . Il s’agit d’un des derniers volets d’une bataille acharnée que se livrent partisans de la vaccination obligatoire pour tous, et vaccino-sceptiques, ou anti-vaccins pour d’autres. La ministre de la Santé (et amie des laboratoires pharmaceutiques) , Marisol Touraine, envisage enfin d’ouvrir le débat, prochainement, afin d’engager ou bien une remise à plat de l’obligation vaccinale en France, ou bien une réintroduction de certains vaccins anciens, aujourd’hui retirés de la vente.

Aujourd’hui, la règlementation est très floue : i l y a bien trois vaccins obligatoires dans le code de la santé, mais il y en a six recommandés par le Haut comité de santé publique. Le professeur Daniel Floret, président du Comité Technique de la Vaccination, reconnaît lui-même que c’est incompréhensible. « Je pense que l’obligation vaccinale telle qu’elle est, n’est pas tenable. Les gens pensent que les vaccins non obligatoires sont moins importants que les vaccins obligatoires, ce qui, quand on regarde l’épidémiologie, n’est pas du tout vrai. Les gens n’y comprennent rien et c’est normal,  ils ne peuvent pas comprendre. »

Depuis plusieurs décennies, la Ligue Nationale pour la Liberté des Vaccinations se bat pour informer le grand public sur ses droits, ses devoirs vis à vis de la vaccination. C’est un « lanceur d’alerte » qui aide les familles, dirigé par l’infatigable Jean-Pierre Auffret, que nous avons interrogé, à propos des combats menés par la ligue, à propos de l’actualité également.

Breizh-Info : Pouvez-vous présenter votre association et ses missions principales ?

LNPLV : La Ligue Nationale Pour la Liberté des Vaccinations a été créée en 1954, suite à l’obligation du BCG et en raison des nombreux accidents liés aux vaccinations, particulièrement contre la variole.

Depuis l’origine la Ligue réclame la levée des obligations, et se préoccupe de défendre les victimes de vaccination, de faire connaître et respecter la loi, de rassembler, organiser et diffuser une documentation critique sur les vaccinations, indépendamment de toute orientation thérapeutique, religieuse, commerciale…

Lors du vote de l’obligation de l’anti-poliomyélite en 1964, nous avons obtenu la reconnaissance de la responsabilité de l’État en cas de dommages consécutifs à une vaccination obligatoire.

Notre devise initiale « Nous ne sommes pas systématiquement contre les vaccinations, mais contre les vaccinations systématiques » a été remplacée récemment par « Pas de vaccinations sans réflexion ! »

La vaccination antivariolique a été abandonnée près d’un quart de siècle après le dernier cas en France. Le BCG est désormais d’un usage restreint. Mais les vaccinations se sont multipliées à l’envi.

À l’heure actuelle ne sont obligatoires en France en population générale que les vaccinations contre la Diphtérie, le Tétanos, la Polio, ainsi que, pour la Guyane, contre la fièvre jaune.

Breizh-Info : Le tribunal de Strasbourg vient de relaxer un couple qui avait refusé de faire vacciner son enfant. Est-ce une victoire ? Pouvez-vous revenir sur cette affaire ?

LNPLV : En multipliant les vaccinations malencontreuses (antigrippe, anti-hépatite B, anti-papillomavirus…) et les incidents, les autorités, pas toujours indépendantes des producteurs, augmentent la pression vis-à-vis des familles sceptiques, en arguant du refus des vaccinations obligatoires, voire de mauvais traitements compromettant la santé. Avec l’affaire Larère, le Conseil constitutionnel a déclaré que ces obligations ne sont pas incompatibles avec la Constitution dans la mesure où les contre-indications sont reconnues.

L’affaire Lecomte est un peu plus complexe puisqu’elle implique aussi une question de vaccin contre la fièvre jaune : dans leur empressement, les autorités ont actionné la justice alors même que les délais légaux n’étaient pas atteints. Les poursuites étant sans fondement, la relaxe s’imposait et c’est à tort qu’on a tracassé la famille. Un nouvel excès de zèle qui dessert les promoteurs de l’obligation.

Pire le vaccin correspondant à la seule obligation n’est pas disponible sur le marché. Même le Professeur Floret, président du Comité technique des Vaccinations, admet que l’obligation est intenable.

Cette relaxe est un succès judiciaire, pas encore une victoire en matière de liberté puisque le but du Pr Floret reste de généraliser un maximum de vaccinations.

Breizh-Info : Est-on en route vers la fin de l’obligation vaccinale en France ? Qui bloque encore ? Pour quelles raisons ?

LNPLV : Surtout avec une situation « intenable », la fin de l’obligation déterminée par la loi est probable. Néanmoins l’objectif avoué du Programme National d’Amélioration de la Politique vaccinale (et non de la Santé) est de faciliter la multiplication des vaccinations et de les exiger en de nombreuses circonstances (scolarisation notamment) par voie simplement réglementaire alors qu’il y a une atteinte à la liberté.

Les blocages viennent autant de la tradition de la vaccination obligatoire (selon un récent communiqué de l’Académie de Médecine), de la facilité politique (la couverture vaccinale se mesure facilement, contrairement à la santé), de l’intérêt des producteurs (13 % du CA de Sanofi, première capitalisation boursière) que de celui des médecins (13 % du CA des généralistes, 33 % de celui des pédiatres, sans parler des primes ROSP concernant l’antigrippe). L’intérêt général ou la solidarité sanitaire sont de simples prétextes.

Le tant attendu rapport Hurel devrait bientôt engager au moins un débat général et certainement le recul de l’obligation.

Breizh-Info : Pourquoi l’obligation n’existe-t-elle pas chez nos voisins ? N’y a-t-il pas un risque de retour de certaines maladies ?

LNPLV : L’autorité de l’État est très forte en France contrairement à des pays comme le Royaume-Uni, la Suisse ou les Pays-Bas : l’individu y est davantage respecté. Les attitudes sont variées au sein de l’Union européenne comme aux États-Unis où la question de l’obligation s’invite jusque dans la campagne présidentielle. En Europe, selon les États, des vaccinations sont exigées par exemple pour les crèches publiques de sorte que les couvertures vaccinales sont parfois aussi élevées qu’en France, mais, malgré des couvertures bien moindres, aucun État n’a à déplorer une situation sanitaire dramatique au titre des maladies concernées.

Exempte de diphtérie et de polio depuis plus de 20 ans et alors que le tétanos n’est ni contagieux ni immunisant, la France n’a pas à redouter lors de l’abandon des obligations actuelles, un retour, a fortiori inquiétant, des maladies concernées. Et les risques des vaccinations correspondantes si minimes soient-il, sont chez nous désormais supérieurs à celui de ces maladies.

Quelques cas de polio dus au virus dérivé du vaccin, ou de rougeole ne sauraient suffire à étayer un renforcement de la pratique vaccinale en France.

Breizh-Info : L’immigration actuelle ne risque-t-elle pas d’entraîner la diffusion de nouveaux virus ? Comment y parer ?

LNPLV : L’immigration actuelle est préoccupante à bien d’autres titres qu’un risque sanitaire et il serait abusif de prétendre que la vaccination pourrait y parer. Les malheureux immigrants qui ont surmonté de nombreuses épreuves sont rarement porteurs de maladies infectieuses et leur nombre quoique important ou leurs conditions de séjour ne présentent qu’un risque limité : la détection et l’isolement des quelques cas éventuels suffira à protéger le pays d’accueil.

Breizh-Info : Aujourd’hui, que peuvent faire des parents qui ne souhaitent pas vacciner leurs enfants et qui ont peur des foudres de la justice ?

LNPLV :  Les parents responsables et soucieux d’éviter à leurs enfants des risques inutiles ou excessifs doivent d’abord bien s’informer pour choisir et défendre leur position. La pénurie de vaccin conforme à l’exigence légale est d’ores et déjà un cas de force majeure pour refuser. La bonne santé est elle-même un cas de contre-indication à la vaccination. Un refus bien argumenté suffit en général face à une administration dans une situation « intenable ». Nous déconseillons vivement l’hypocrisie des certificats de complaisance (de contre-indication ou de vaccination).

Photo : DR
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