US Saint-Malo. Pierre-Yves David : « un nouveau grand moment de l’histoire du club » [interview]

A LA UNE

14/01/2016 – 08h30 Saint-Malo (Breizh-info.com) – Samedi prochain, à 19h, le Stade de Marville sera en ébullition. L’US Saint-Malo reçoit en effet Mont-de-Marsan pour le compte des 16 ème de finale de la Coupe de France de football. Une qualification historique des malouins pour les 16ème qui n’était pas arrivé depuis 1961. Avec à la clé, pour le troisième de CFA (Championnat de France Amateur) la possibilité, en cas de qualification face à un adversaire du même niveau, de disputer un 8ème de finale collector pour un club qui pourrait bien, dans les prochaines années, faire son entrée en National et devenir un nouveau cador du football breton.

Les deux clubs s’étaient affrontés, l’an passé, en championnat (victoire 1-0 de l’USSM et match nul 2-2) . Il s’agira donc de « retrouvailles » en quelque sorte, entre les malouins, 3ème de la poule D de CFA, et Mont-de-Marsan, 9ème de la poule C.

Pour faire le point sur ce match à venir, nous avons interrogé l’entraîneur de l’USSM, Pierre-Yves David. Le briochin, qui fût aussi un football professionnel fidèle aux clubs bretons (St-Brieuc, Rennes,  Brest, avant de partir vers Sedan et Nancy notamment) a également été sélectionneur de l’équipe de Bretagne, en 2010 (matchs contre le Togo et la Corse). Une sélection pour laquelle il avait joué, en 1998, lors d’une rencontre historique face au Cameroun en préparation de la Coupe du Monde (1-1).

Breizh-info.com : quelles sont vos impressions après la qualification pour les 16ème ? Et sur votre prochain adversaire ?

Pierre-Yves David : Depuis 1961, nous n’avions pas joué de 1§ème de finale de la Coupe de France. C’est donc historique pour ce club, fondé en 1902. Nous ajouterons une ligne supplémentaire dans son histoire, car ça faisait désordre depuis tout ce temps. Cette qualification récompense l’ensemble du club, les joueurs, les dirigeants, les supporteurs. Pour les jeunes, dont c’était pour certains la première expérience en Coupe de France, c’est une belle aventure qui s’écrit, et qui enrichira la suite de leur carrière professionnelle.

Par rapport à notre prochain adversaire, nous avions deux options : l’espoir d’une grosse formation de D1 avec un match de gala à jouer, ou bien avoir un tirage où nous avions une chance de nous qualifier. C’est la seconde option qui est tombée. Nous avons battu Mont-de-Marsan l’an passé qui jouait à l’époque dans notre poule de CFA. Nos avons clairement la possibilité (mais eux aussi) de passer au tour suivant. Nous aurons l’avantage d’être encouragé par un public qui va se déplacer en nombre.

Breizh-info.com : Comment réussissez vous à concilier le championnat et la Coupe de France , vous qui êtes à la tête d’une équipe amateur ?

Pierre-Yves David :  Le 32ème de finale (contre Avranches) avait eu un impact sur la trève hivernale, raccourcie de facto. Mais là, nous avons pu nous mettre d’accord avec Mont-de-Marsan pour jouer samedi prochain, 16 janvier, ce qui permet au final de ne pas surcharger notre calendrier ni notre préparation habituelle.  Pour préparer ce match, le rythme sera normal ; il faut avoir de la constance en championnat et savoir se sublimer sur les matchs de Coupe, opérer un « switch » mental.

Breizh-info.com : Quel est le programme d’entrainement d’un club de CFA ? Ce programme change-t-il à l’approche de grands évènements comme celui-ci ?

Pierre-Yves David :  Tous nos joueurs travaillent à côté dans la semaine, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas dans certains gros clubs amateurs ( comme les Herbiers en Vendée par exemple) où les joueurs peuvent se concentrer pleinement sur le football. Nous en sommes à notre 137ème entraînement depuis le début de la saison. Ils se déroulent le lundi soir, le mardi midi et le mardi soir, le mercredi soir, le vendredi soir. Le jeudi est consacré au repos et le week-end aux matchs. Nous avons conscience d’en demander beaucoup à nos joueurs et le mardi soir après deux entraînements (et le travail pour certains) dans la journée, ils sont usés.

Concernant le contenu de l’entraînement, ils sont ciblés sur la récupération et la préparation physique en début de semaine, puis, petit à petit, on se met dans le rythme du match qui se profile à l’horizon.

Breizh-info.com : On a bien cru il y a quelques années à l’accession de st malo pour le national. Objectif pro pour dans quelques années ? Vos joueurs touchent-ils des indemnités ?

Pierre-Yves David :  Pour cette année, l’accession en National parait compliquée. Nous avons pratiquement 13 points de retard sur le leader, Concarneau (nous payons notre mauvais début de saison) malgré notre bonne troisième place.

En 200ç, nous sommes remontés en CFA 2, puis en CFA en 2012, et en 2013-2014, nous avions toute les cartes en main pour monter en National, mais nous avons échoué (l’USSM était devant Avranches une bonne partie de la saison). Nous l’avons payé l’année d’après, avec une équipe peut-être en fin de cycle, mais avons su rebondir cette saison, malgré un début de saison raté.
Les joueurs développent une belle qualité de jeu. Nous ne nous fixons pas d’échéance sur la montée en National, mais il est clair que c’est d’actualité pour les prochaines années.

Pour répondre à votre question sur les indemnités, nos joueurs touchent 700 € par mois en moyenne. Si on fait le calcul avec le nombre d’entrainements par semaine, les sacrifices familiaux et professionnels consentis toutes les semaines, c’est vraiment peu payé. Mais nous n’avons pas le même budget que d’autres clubs, là encore. (1,4 million d’euros par année, dont 900 000 provenant de financements privés, et le reste des collectivités, une exception en CFA, où pour de nombreux clubs, les collectivités aident nettement plus et encouragent le sport amateur et le développement de ces derniers).

Breizh-info.com : Parlez-nous de votre club, de votre vision du football en Bretagne et sur le Pays Malouin . Privilégiez vous l’identité bretonne? (Qui semble de plus en plus oubliée à Rennes notamment) La jeunesse des campagnes n’est-elle pas oubliée au profit de celle des villes et des banlieues françaises dans les grands clubs ?

Pierre-Yves David :  Financièrement parlant, comme je vous le disais, nous ne sommes pas beaucoup aidés par les collectivités. La mairie de Saint-Malo s’investit, mais elle ne peut pas tout. Dans d’autres régions (la Vendée par exemple), les aides apportées par le Département et la Région sont nettement plus importantes qu’ici. Nous ne comprenons pas pourquoi. L’USSM a pourtant vocation à être un club social, un club ouvert sur sa ville et sur ses habitants ainsi que ceux de la Région.
Pour la détection des jeunes talents, pour leur formation, nous travaillons d’ailleurs à des partenariats (pas encore assez élevés) avec les sections-sport de lycées malouins, avec des collèges ; nous sommes ouverts sur notre territoire

Par rapport à l’identité bretonne , j’avais formulé le souhait que l’US Saint-Malo devienne à terme la dernière pierre d’un axe de l’Est Breton nous reliant à Nantes, en passant par Rennes. C’est clairement un objectif qui ferait la richesse du football breton.  Par rapport aux recrutements, cela dépend aussi des bassins : prenez le bassin de Saint-brieuc, à mon avis, il est largement supérieur au niveau de la qualité à celui de Saint-Malo chez les plus jeunes, où il y a un déficit de qualité mais pas de quantité.

Je pense enfin que sur l’ensemble de la région Bretagne, les clubs professionnels devraient plus s’intéresser à leurs campagnes, en effet.

Breizh-info.com : Y’a t »il une rivalité, ou plutôt une coopération avec les autres clubs du Pays Malouin et de la Cote d’Emeraude ? On se souvient de certaines rivalités avec Dinard ?

Pierre-Yves David :  Nous sommes bien évidemment favorable à la coopération avec tous les clubs de notre secteur. Saint-Malo en possède d’ailleurs 6, sans compter tous ceux de la Côte d’Emeraude par exemple. Mais quand le club « élite » veut coopérer, on le taxe d’ingérence, et quand il ne le fait pas, on dit « qu’il se fou de tout le monde ». Ca rend parfois les choses compliquées. Nous ne tournons toutefois le dos à personne. Avec Dinard, ça pourrait se passer beaucoup mieux, tout est une question de volonté.

Dinan-Léhon , dans les Côtes d’Armor, qui est un club voisin, est l’exemple même d’une coopération réussie. Les deux clubs ont fusionné pour solidifier leur projet. Ils se débrouillent particulièrement bien aujourd’hui avec leurs jeunes d’ailleurs.

Au final, il faudrait que nous bossions tous ensemble pour tirer tout le monde vers le haut dans le secteur et pour donner une vraie dimension sociale au projet.

Propos recueillis par Yann Vallerie

US Saint-Malo – Mont de Marsan. Samedi 16 janvier à 19h. Billetterie ouverte sur Internet (entre 4 et 15 €);

.
- Je soutiens BREIZH-INFO - spot_img

Un collectif mobilisé pour la réhabilitation d’une ancienne voie ferrée dans le pays de Retz

Entre Paimboeuf et Saint Hilaire de Chaléons, 28 kilomètres de voie désaffectées depuis 1998. Des riverains et d'anciens cheminots...

Ospital Dinan : 6 goprad digarget dre ziouer a bas yec’hed

D'al lun 20 a viz gwengolo e ospital Dinan e voe galvet 11 goprad (war 1446) rak n'o doa...

1 COMMENTAIRE

  1. Belle équipe latino-africaine par contre, sur un fond d ‘image surprenante, le Surcouf normand franc-maçon et négrier.

Il n'est plus possible de commenter cet article.

Articles liés