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01/03/2016 – 07h00 Nantes (Breizh-info.com) – Le 23 février à Nantes, trois écrivains et spécialistes de l’islam étaient invités à aborder cette question sans aucun tabou et à « mettre les pieds dans le plat ». C’est ce que l’un d’eux, Farid Abdelkrim qualifié d’« humoriste nantais » par la presse locale, appelle « faire société ». Comment faire société après le 13 novembre ? Quel avenir pour l’ islam en France ? Telles étaient les questions auxquelles devaient répondre les trois intervenants.

Le public d’environ 150 personnes était presqu’exclusivement européen et âgé, l’accueil était organisé par des jeunes proches de l’Association islamique de l’ouest de la France (AIOF).

Le premier des intervenants, Farid Abdelkrim, se présente comme « un ex délinquant et braqueur » qui a trouvé son chemin de Damas en se convertissant à l’Islam rigoriste des frères musulmans puis est devenu président des Jeunes musulmans de France. Mais il les plaquera plus tard et racontera son militantisme dans son livre Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste. Le personnage est souvent drôle avec une incroyable « tchatche » non dénuée de démagogie.

Le second, Pierre Conesa, est un ancien haut fonctionnaire de la Défense, enseignant à Sciences Po et à l’ENA, membre de Res publica, la fondation de Jean-Pierre Chevènement. Islamophile déclaré, il soutient la thèse que l’islam de France ne pose aucun problème à l’exception des salafistes. Il vient de publier un essai provocateur Guide du petit djihadiste.

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Le dernier, Tareq Obrou, « la nouvelle figure de l’islam de France : l’imam républicain » comme l’appelle Oumma, le plus important site musulman francophone. Le « grand imam de Bordeaux », promu chevalier de la Légion d’honneur par Manuel Valls et décoré par Alain Juppé, présentait aussi son dernier ouvrage Ce que vous ne savez pas sur l’islam, réponses aux préjugés.

Pour Pierre Conesa, la France doit donner plus de place à « une élite musulmane qui ne fait pas de bruit ». Il se prononce aussi pour la création d’un « Conseil français de théologie musulmane dans la République». Constatant que « les musulmans forment la population la plus importante de la communauté carcérale » (sic), il demande l’augmentation du nombre des aumôniers musulmans bien formés pour contrer la radicalisation des détenus. Il répète que « le terrorisme ne se combat pas par la guerre », ce qui lui avait valu d’être traité de « dhimmi » par Riposte laïque. Sa seule cible est l’Arabie saoudite salafiste et il ne semble pas connaitre l’idéologie des Frères musulmans.

Intervenant ensuite, Tareq Obrou va se lancer dans un discours assez confus, mêlant termes savants (essentialisme, existentialisme, herméneutique, darwinisme, anthropologisme, épistémologie, algorithmes intellectuels…) et citations de Carl Schmitt, Popper, aussi bien que de Marx ou Hegel. Qu’en retenir ? Que les musulmans « souffrent de préjugés remontant au Moyen Age », reconnaissant que « ces préjugés viennent parfois des musulmans eux-mêmes ». Quant aux musulmans radicalisés – il ne parlera jamais des terroristes – « ils manquent de culture », leur islam est « abstrait », ils souffrent de « frustations, de vulnérabilité identitaire ». Selon lui, il appartient aux théologiens de faire un « travail de refondation », de ne pas les exclure du monde en leur apportant des « produits spirituels ou éthiques de réconciliation ». Il regrette toutefois que « l’étude religieuse soit actuellement réservée à ceux qui ont des capacités intellectuelles peu poussées ». Et s’il condamne le salafisme, c’est pour affirmer que « celui-ci est universel et traverse toutes les cultures et les religions ».

Farid Abdelkrim

Très applaudi par l’assistance pour ses traits d’humour, Abdelkrim se présente comme un citoyen français qui s’assigne pour but de « mettre de l’ordre dans le désordre en séparant les ordres ». Il ne cache pas son hostilité envers le Conseil français du culte musulman (CFCM), car pour lui « la communauté musulmane n’existe pas ». Il reconnait que nombre d’imams sont « à côté de leurs babouches et de leur barbes ». Ni le philosophe Malek Chebel, « un intrus », ni Hacen Chagoulmi, l’imam de Drancy qui, pour la classe politique, est un modèle d’islam modéré et républicain, « il parle le français comme une vache espagnole ! », ne trouvent grâce à ses yeux. Son souhait : la création d’un consistoire islamique français sur le modèle israélite.

Quelle conclusion tirer de cette soirée sur l’Islam ? Les orateurs devaient mettre les pieds dans le plat, il n’en fut rien. Si on a répété que l’islam est une religion « de paix d’amour et de tolérance », on a consenti à reconnaitre des « risques de dérive ». Les discours se voulaient rassurants et fidèles au « pacte républicain ». Ainsi, il n’a pas été question d’appliquer la charia dont Tareq Obrou a seulement dit « qu’elle n’est pas la reproduction à la lettre de ce qui est dans le Coran ».

On laissera le mot de la fin à un spectateur : « les musulmans sont bien compliqués dans leur rapport à la religion ».

Crédit photos : DR
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14 Commentaires

      • Non merci, moi ça va :)))

        Intéressez vous donc à ce que sont obligés de suivre les Musulmans ! Ainsi vous aiderez ceux qui ont modernisé leur Islam mais ne peuvent pas le dire et qui ne peuvent pas non plus compter sur des gens comme vous qui soutiennent les intégristes ! Ils ne le sont pas tous et voudraient bien vivre leur Islam à l’Occidentale !
        Mais des gens qui pensent soutenir les Musulmans, les enfoncent encore plus et nous avec !

  1. Cher Tareq, personnellement, je ne suis pas acheteur de votre salade.

    Je vous suggère la lecture de ces lignes extraites du livre « Le Chaos syrien, printemps arabes et minorités face à l’islamisme » par Randa Kassis, Alexandre Del Valle

    « A l’évidence, l’islamisme jihadiste n’a pas surgi de nulle part. Il ne vient ni du bouddhisme, ni du judaïsme, ni de l’hindouisme, ni du christianisme. Il vient de l’islam sunnite et plus précisément d’un courant qui est hélas dominant et officiel dans les pays sunnites du Golfe. Il n’a jamais été dénoncé dans ses fondements théologiques et sources canoniques par ceux qui contrôlent les lieux saints (haramaïn) de l’islam, à commencer par cet étrange pays producteur de fanatisme qu’est l’Arabie saoudite. Il est par conséquent non pas une simple « réaction » à l’injustice des « satans » Israël ou Etats-Unis, mais une « maladie qui gangrène le corps même de l’islam » (Soheib Bencheikh) depuis des siècles déjà, bien avant la création même des Etats-Unis et d’Israël, et avant la colonisation. Il ne vient donc pas « de l’extérieur », mais de l’intérieur de la Oumma, hélas peu habituée à se remettre en question et trop souvent prompte à « jeter le bébé du progressisme avec le bain de l’anticolonialisme revanchard ». »

  2. Ben, voyons. Voyez vous ça des les musulmans victimes de vilains préjugés, l’histoire de l’islam est un fleuve de sang, même les musulmans le disent. Le Coran est un livre de haine, cette fausse religion promet à ses sectateurs un paradis de luxure et volupté charnelles. Quel musulman sera capable de satisfaire 72 houris, ce n’est pas le paradis, c’est les travaux forcés, c’est totalement absurde.
    Ce qui se passe actuellement n’a rien à voir avec les préjugé, c’est comme l’antisémitisme, c’est une arme idéologique contre ceux qui cherchent à se défendre.

      • Si je trouve la haine dans l’Ancien Testament et dans le coran d’où il est copié, rien de semblable dans les Evangiles qui est la base du christianisme.

        Faut-il rappeler que Jésus est venu réformer la religion juive déjà pervertie. Mahomet recevra le Coran à Jérusalem, juifs et musulmans à l’époque formaient le même peuple des sédentaires et des nomades. Jésus est venu pour les deux.

        Ou le lilvre ou l’Amour. Il faut choiosir. G.

  3. Il serait peut-être temps que cette religion moyenâgeuse aboutisse au vingtième siècle et commence à prendre conscience de l’archaïsme de son dogme . Je ne parle pas de la sauvagerie de ses membres envers ceux qui ne vivent et ne pensent pas comme eux .alors Tarek si ta vie sur notre sol national ne te convient pas ,tu as la liberté de retourner vivre dans ton pays d’origine ,mais là , je crois que ta vie ne sera certainement pas aussi belle et bonne que chez nous. En attendant garde tes salades pour ton peuple de simples d’esprit et fous nous la paix .

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