Roms à Carquefou : neuf mois jugés très pénibles par les habitants

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12/03/2016 – 07h30 Carquefou (Breizh-info.com) – Il y a huit jours, le camp de Roms installé au Moulin Boisseau, entre Carquefou et l’A811, au nord-est de Nantes, était évacué. Enfin évacué, selon la population locale et la mairie de Carquefou, puisque les nomades s’étaient installés illégalement sur une friche logistique début juillet, après avoir été expulsés d’autres camps illégaux de l’agglomération, et la décision judiciaire autorisant leur expulsion avait été prise le 13 juillet.

Mais le manque de forces de l’ordre, puis leur mobilisation suite à l’état d’urgence, avaient empêché d’en mobiliser assez pour procéder à l’expulsion. C’est finalement une pétition publique, signée par plus de 900 habitants du quartier, qui a décidé la préfecture à réunir plus de 200 gendarmes mobiles et CRS pour expulser entre 200 et 300 Roms et leurs 70 caravanes. Comme les expulsions précédentes, elle ne règlera rien – les Roms se sont déjà réinstallés illégalement, en partie sur des terrains pollués de l’ex-usine Soferti à Indre, à l’ouest de l’agglomération, en partie un peu plus loin sur la commune de Carquefou, déjà soumise à une forte pression et à Sainte-Luce, à l’est de Nantes. Mais elle soulage la pression sur ce quartier résidentiel, entouré d’importants sites industriels et d’activités de loisir. Quartier dont nombre d’habitants ont trouvé très pénible la cohabitation forcée. Cela a même été pour eux un enfer quotidien qui est aussi celui de nombre d’autres quartiers riverains de camps de Roms dans l’agglomération de Nantes et ailleurs. Ou pour les entreprises de zones industrielles cernées et contraintes à composer avec les vols quotidiens.

Les Roms, Catherine s’en souvient très bien. Riveraine, elle se rappelle des « Roms au milieu de la route, qui discutent sans en avoir rien à faire des voitures qui passent, ou plutôt qui essaient de passer ». Les ordures aussi, « y avait une benne au niveau du campement, pleine d’ordures, et toute une décharge à côté car il y en a qui ne prenaient pas la peine de jeter leurs ordures dedans, mais le faisaient dans le même coin ». Les « incivilités courantes » aussi, par exemple « les poubelles qu’ils déversaient sur les trottoirs autour du Moulin Boisseau ». Plus embêtant, les vols : « nous on s’est fait voler trois vélos il y a un mois, des perceuses et de l’outillage pour motos ». Et ils ne sont pas les seuls : « l’un de nos voisins a eu des vols dans son hangar, l’autre a eu des vols aussi en journée et a posé une alarme ». Elle estime que «les Roms ne sont pas agressifs. Du moins je n’ai jamais été agressée par eux. En revanche quand tu les vois – des enfants parfois – tirer des vélos chargés de sacs pleins de matériels ou d’objets, tu te poses des questions ».

Au contraire, Janine n’a pas signé la pétition pour l’expulsion du camp de Roms, bien qu’elle habite sur l’une des rues les plus touchées par les vols multiples depuis l’installation des nomades. « On m’a piqué des trucs, mais ce sont des pauvres gens. Je ne veux pas les accuser de vols. Ils ont des conditions de vie très difficiles. A titre personnel, je ne me suis jamais faite insulter quand je passe devant leur camp ».

Jeanne (*) est « bien contente qu’ils s’en aillent, même s’ils sont encore trop près » puisqu’une partie s’est réinstallée quelques kilomètres plus loin. Bénévole dans une association humanitaire, elle s’est « montrée au début très correcte avec eux. Quand je passais devant leur campement, je leur donnais de l’argent, leurs enfants venaient à la maison prendre le café ». Mais sa gentillesse n’a pas été payée de retour : « je suis partie en vacances trois semaines, le surlendemain – c’est à dire le 10 janvier 2016 – j’ai été cambriolée. Les voleurs ont pris l’ordinateur, les bijoux, et surtout ils ont cassé toutes les fenêtres en bois, et tout ce qu’ils pouvaient dans la maison. On avait l’impression qu’ils se vengeaient pour ma gentillesse ». Bref, Jeanne est exaspérée, d’autant plus que le comportement des Roms sur la voie publique laisse aussi franchement à désirer : « combien j’en ai vu qui déféquaient sur la voie publique, ou qui pissaient dessus. Le trottoir le long de leur campement est tellement dégueulasse qu’il fallait passer en face ». Elle en a « ras-le-bol de ces gens qui se plaignent sans cesse, alors que bien des Français sont malheureux et on leur en donne moins, je suis bien placée pour le savoir ».

Annette (*) trouve aussi qu’on « ne peut pas accueillir tout le monde », mais qu’on ne peut pas non plus régler le problème des Roms de Nantes à coups d’expulsions : « à chaque fois, cela revient à déplacer le problème plus loin ». Elle-même a été cambriolée, « une fois en 2013 lorsqu’il y avait déjà un camp dans les alentours » et l’autre « en novembre, on s’est fait voler des tronçonneuses, des échelles, des rallonges, des vélos dans le hangar ». Elle est allée porter plainte avec son mari, et « les gendarmes nous ont répondu en substance que quand les Roms auront déménagé on retrouvera dans leur campement des tronçonneuses et des vélos ».

Usagère régulière du bus n°85, Céline (*) est « très contente » que les Roms soient partis. «Y en a marre de cet enfer !  Dans le bus, c’était la zone de non-droit. Ils ne payaient rien, se refilaient une carte, fichaient le bazar… quand ils n’essayaient pas de me tripoter les fesses ou celles de mes copines ! Bon débarras ! ».

Mère de famille, Anne-Marie (*) se souvient aussi que « les enfants, qui prennent le bus tous les jours, me disaient aussi que les Roms montent tout le temps sans payer ». Elle se rappelle de « problèmes au niveau des stades. Par exemple les vestiaires avaient été visités et des objets volés pendant que les enfants des collèges s’entraînaient ». Aussi, elle avait vu une fois « un Rom pousser un caddie plein de matériel », une autre fois « un enfant Rom avec plein de portables ». Elle en a « assez de toutes les invicivilités. Des Roms, y en a plein la commune, ça fait des années que ça dure, ils arrivent sur des terrains qui ne leur appartiennent pas, se branchent sur l’eau et l’électricité, et tout le monde paie leur consommation sauvage. Puis ils multiplient les rapines. Ici, il y a eu des tas de vols, tant dans les maisons que les cabanons de jardins ». Sa colère se dirige aussi contre les pouvoirs publics : « on demande toujours de l’argent aux gens, on aimerait bien savoir où tout ça ça va. Et quand leur portable est volé deux fois en six mois, ils en ont marre. »

Jacques (*) ne s’est rien fait voler et « à titre personnel je n’ai rien à reprocher aux Roms. En revanche au niveau du sport j’ai des choses à dire, car je suis usager régulier des installations du Moulin Boisseau. » Par exemple, « dimanche 28 février, il y en avait encore 50 qui jouaient au foot, pile sur le terrain d’honneur évidemment, pile quand on en avait besoin, et qui évidemment refusaient de partir. Les gendarmes les ont virés ». Et puis « il y a de nombreux vols, ils cassent du matériels, et avec leurs crampons neufs ils vont sur la pelouse synthétique toute neuve qu’ils abîment ». Le pire, c’est encore le week-end : « ils reçoivent d’autres Roms, ça boit sur la voie publique, et après ça, bourrés, ils s’introduisent dans les vestiaires et mettent le bazar ».

Annick (*) a aussi des reproches envers les Roms à titre sportif. « Je marche beaucoup, depuis quelques mois ce n’est pas un plaisir. Y a des déchets partout, des excréments, de la saleté ». Par ailleurs, « mes deux garages ont été visités, ainsi qu’un chez un voisin, du matériel a été volé ». Elle se sent « énervée » par cette cohabitation forcée. « On travaille pour se payer des choses, quand ça disparaît, c’est énervant ». Son principal reproche, c’est « la saleté. Il y a des crottes partout autour de leur campement. Qu’ils vivent dans la précarité, c’est bien malheureux, mais ça n’empêche pas la propreté. Eux ils s’en foutent ». Pour trouver une solution au problème Rom dans l’agglomération de Nantes, elle a une solution : « ce sont des européens, il n’y a pas la guerre chez eux. Qu’ils travaillent dans leur pays plutôt que de venir chez nous, ça suffit quoi ».

Les enfants du campement avaient été dispersés dans les écoles publiques de Carquefou. Ce qui ne s’est pas passé sans heurts, affirme Mélissa (*), dont les enfants sont à la communale. « Un enfant de 8-9 ans avait été repris par une enseignante après avoir fait une bêtise – tout à fait de son âge. Quand l’adulte s’est retournée, il a fait le geste de l’égorger en passant son doigt sur son cou puis l’a copieusement insultée, en français ». Dans une autre classe, il n’y avait qu’un seul enfant du campement, « il pleurait toute la journée, ne connaissait personne et ne s’intégrait pas, hurlait le matin. Il était complètement perdu ». Dans plusieurs classes, « ces enfants restent entre eux, il y a un monde qui les sépare des autres enfants ». Mélissa pense que « la mixité imposée est clairement un échec pour tout le monde ».

Cela fait des années que sa commune – et plusieurs autres de l’agglomération nantaise – connaissent des problèmes de cohabitation forcée avec les Roms. « On a des maires, des préfets, un président, des députés, bref un tas de gens qui font de l’argent sur le dos des citoyens. Ils doivent prendre leurs responsabilités et trouver une solution. Si on veut accueillir tout le monde, faisons-le avec intelligence, prenons ceux plutôt qui apportent quelque chose à la France. Sinon ce sont toujours ceux qui bossent qui paient pour ceux qui ne bossent pas ». Et accueillir des Roms ? «Ils apportent quoi à la France ? A part vivre dans leurs caravanes en attendant les aides sociales ? ».

(*) prénom changé

Crédit photo : DR
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